le 21 mai 2013

Les masques tombent. Certains élus de droite ne respectent la loi que quand elle leur plaît. L’appel surréaliste de Christine Boutin à la « résistance », les sorties irresponsables de certains maires UMP comme celui de Vienne (Isère), Jacques Remiller, qui invoque sa « liberté de conscience », ajoutent l’inconscience et l’illégalité aux débordements de haine de ces dernières semaines.
Le Maire est un officier d’état civil : peu importe ses convictions ou sa « liberté de conscience », il a la responsabilité de faire appliquer la loi. Une partie de la droite française, hors-la-loi, remet en cause le pacte républicain, et déshonore ses mandats. Ces élus-là s’en prennent à des familles, ils ne respectent ni le peuple, ni le vote de ses représentants.
Le PCF sera particulièrement attentif à l’application de cette loi, à l’égalité de toutes les familles et de tous les couples devant elle. Nous participerons ce soir, mardi, au Concert Pour Tous Place de la Bastille afin de célébrer de cette belle victoire sur le Mariage Pour Tous et poursuivre le combat en faveur de l’égalité des droits.
le 20 mai 2013

La procédure parlementaire aurait pu être engagée pour que les résidents étrangers non européens votent aux prochaines élections municipales conformément à la promesse du candidat Hollande. Mais le président Hollande a capitulé sous la pression de sa droite renonçant à mener le combat pour l’égalité des droits civiques portée par toute la gauche.
Un signe fort aurait pu être envoyé à tous ces hommes et ces femmes qui contribuent aux richesses de la France et qui avaient tant espérer voter aux élections municipales de 2014. Cette promesse non tenue depuis plus de 32 ans est une fois de plus renvoyée à plus tard. Comment penser que le renoncement d’aujourd’hui se transformera en volonté politique l’an prochain ?
Le PCF appelle à participer massivement jeudi 23 mai à Paris au Concert en faveur du droit de vote des étrangers en 2014 organisé par l’UNEF et le Collectif Droit de Vote 2014 et à poursuivre la mobilisation pour que le report annoncé ne soit pas fuite en avant.
le 17 mai 2013

Le Conseil Constitutionnel a rendu aujourd’hui une décision favorable, concernant le projet de loi ouvrant le mariage et l’adoption aux couples de personnes de même sexe.
Cette décision est une victoire pour tous les couples, pour les défenseurs des droits, pour de nombreuses familles et de nombreux enfants. Dans un avenir très proche, c’est la fin dans les faits d’une inégalité douloureuse.
Nous n’oublions pas le déchaînement de haine, d’amalgames et de pressions de tous ordres qui a entaché l’adoption du texte de la loi.
Le combat contre l’homophobie continue. D'autres droits restent à conquérir : l'accès à la PMA pour les couples lesbiens, les droits des trans sont autant de batailles que les communistes continueront de mener avec énergie.
le 13 mai 2013

La violence continue de gagner du terrain à Marseille. Et quand la violence progresse, c'est toujours le signe d'une société malade, d'une société où la vie perd chaque jour de sa valeur.
Marseille est de plus en plus dévastée par la crise, et marquée par les inégalités. Le développement du trafic en tous genres en est l'un des symptômes. Nous sommes révoltés par ces drames et la terreur qu'entendent faire régner quelques individus.
Les communistes sont partisans d'une lutte déterminée contre le trafic de drogue et contre le crime qui l'accompagne. Cela demande des moyens, notamment des moyens policiers, et particulièrement d'investigation, qui ne peuvent se compter en effets d'annonces. Cela demande un suivi qui ne peut se conjuguer avec la politique du chiffre.
Au-delà, il faut s'en prendre aux causes profondes de ce phénomène très préoccupant, qui n'est pas un phénomène génétique et se déploie partout dans la société. Il faut en finir avec l'austérité qui alimente la crise, développer les services publics au lieu de les mettre en pièces, mettre le paquet sur l'école, mettre fin à la casse industrielle organisée par la finance, agir avec la dernière énergie contre la pauvreté...
Nous refusons qu'on installe un climat de peur sur la ville, que ce soient les trafiquants, que ce soient les autoritaires et sécuritaires de tous crins, qui ne manqueront pas de donner de la voix. Il faut redonner espoir en l'avenir, et la jeunesse de Marseille en manque cruellement. C'est avec elle qu'il faut construire une culture de paix et une société solidaire. Nous appelons à une réaction populaire. Ce n'est pas contre Marseille mais avec Marseille qu'on règlera les problèmes. C'est pourquoi il est essentiel, dans ces conditions plus que jamais, que la vie démocratique s'exprime à plein pour faire reculer l'impuissance.
Par Fabienne HALOUI, le 18 avril 2013

Chaque année, la LDH édite l'état des droits de l’homme en France. L’an dernier, sa publication s’intitulait « Un autre avenir ? ». Publiée en pleine campagne présidentielle, elle se voulait porteuse d’une espérance de changement, d’un nouveau contrat social garantissant des droits et tournant le dos aux logiques de discrimination, de racisme et de xénophobie qui avaient marqué le quinquennat de Nicolas Sarkozy. La LDH n’avait certainement pas envisagé qu’elle titrerait son édition 2013, rendue publique ce 18 avril, « La République en souffrance ».
Si les renoncements économiques et sociaux du Président Hollande sont la marque d’une divergence avec le PCF et ses partenaires du Front de gauche, les questions sociétales et les droits de l’homme auraient dû rassembler toute la gauche comme cela vient d’être la cas pour le mariage pour tous. Les annonces contre le tout carcéral, contre le démantèlement des camps de Roms sans relogement, ou contre les familles dans les camps de rétention sont pourtant restées au stade des effets d’annonces.
Le gouvernement manque décidément de courage politique puisqu’il renonce aussi à mettre en œuvre les mesures qui ne coûtent pas financièrement comme le droit de vote des résidents étrangers ou la lutte contre le contrôle au faciès. La recherche d’un consensus avec la droite ne conduit qu’à mettre en œuvre des politiques droitières. La seule façon de réconcilier le peuple de gauche c’est de mettre en œuvre une politique du bien vivre ensemble, solidaire, laïque, fondée sur l’égalité des droits pour tous, le refus des discriminations, la citoyenneté de résidence.
Fabienne HALOUI, Responsable du réseau droits et libertés du PCF
le 21 mars 2013

Le Comité Interministériel de Lutte contre le racisme et les discriminations a conclu que l’année 2012 avait été marquée par un développement des actes et des propos racistes, xénophobes, antimusulmans et antisémites, banalisés car colportés par certains discours publics.
Cette conclusion est le résultat de la politique de Nicolas Sarkozy qui a fait le choix de labourer les terres d’extrême droite, exploitant les peurs, déplaçant la question sociale sur le terrain identitaire, alimentant un racisme « culturel », véritable arme de division massive.
Problème. En s'attaquant une fois de plus aux Roms, Manuel Valls "fait du Sarkozy" et légitime le rejet de l’autre, la xénophobie contre des populations vulnérables et démunies.
Cette politique du bouc émissaire décrédibilise l’annonce du Comité interministériel de renforcer la lutte contre les préjugés et contre le racisme. De plus, le Gouvernement recule sur 2 propositions du candidat Hollande dans la lutte contre les discriminations : le droit de vote des résidents étrangers aux élections locales et la lutte contre le contrôle au faciès.
Le gouvernement va-t-il laisser la droite faire sa loi sous l’argument que la gauche ne disposerait pas de la majorité des 3/5 au Parlement ? Seuls les combats qui ne sont pas menés sont perdus d’avance. Il est encore temps d’engager la procédure parlementaire pour que les résidents étrangers votent aux élections municipales de 2014.
Quant à la lutte contre le contrôle au faciès abandonnée par Manuel Valls, Marie-George Buffet a déposé une proposition de loi. La majorité pour l’adopter existe.
le 18 février 2013

Le gouvernement entrainé dans une spirale de toujours plus d'austérité, fait pression sur le Haut conseil à la famille avec comme objectif l'équilibre des comptes de la branche Famille. Nous apprenons avec consternation que les pistes de réflexion retenues pourraient être les suivantes : soit rendre imposables les prestations familiales, soit les rendre accessibles sous conditions de ressources. Le caractère universel, fondement même de la politique familiale, serait donc ainsi remis en cause.
L'avenir de la branche Famille est de fait menacé car le MEDEF, en embuscade, réclame depuis des années que son financement ne soit plus opéré par les cotisations sociales. Il est strictement impossible de prévoir un retour à l'équilibre des comptes de la branche Famille, tout en prévoyant d'accroître encore les exonérations patronales de cotisations, comme prévu dans l'Accord national interprofessionnel minoritaire du 11 janvier 2013. La politique familiale n'est pas une variable d'ajustement.
Le vrai courage politique n'est pas d'alourdir la fiscalité des foyers fiscaux via la politique familiale mais d'aller jusqu'au bout d'une justice sociale, en taxant les revenus financiers et en instituant la tranche à 75%
le 04 février 2013

Le projet de loi gouvernemental sur le mariage pour tous et l’adoption qui est en discussion à l’assemblée nationale, déchaîne les passions. Il est bien difficile de prendre part au débat dans cette ambiance passionnelle qui nous impose de choisir son camp et nous fait des procès en homophobie ou en conservatisme religieux, à la moindre hésitation. Honte à la droite qui instrumentalise cette question de société à des fins politiciennes.
Il est nécessaire de dépasser l’idéologie compassionnelle qui instrumentalise l’opinion publique par médias interposés, convoquant l’émotion et les passions en lieu et place du raisonnement et de l’esprit critique.
Le sujet est trop délicat, trop complexe pour le traiter de façon binaire et moralisante. Il touche au plus profond de nous-mêmes, de nos représentations symboliques de nos constructions humaines, de nos mythes fondateurs.
Il ne faut pas se tromper de chemin : allons-nous vers plus d’humanité ou vers de nouvelles aliénations, voire de nouvelles barbaries? La question mérite de prendre le temps d’en délibérer collectivement pour dire dans quelle société nous voulons vivre.
L’état de l’opinion change, évolue au fil de la campagne orchestrée par les médias. Les différents sondages organisés au sujet du mariage pour tous, de l’adoption et de la procréation médicalement assistée (PMA) montrent un décalage entre l’approbation à 60% du mariage pour tous et le rejet de l’adoption (54%) et celui de la PMA (53%). Depuis août 2012, il y a en effet, un retournement de l’opinion des français, majoritairement inquiets au sujet des liens de filiation. Au demeurant, les questions du mariage homosexuel et de l’homoparentalité sont jugées secondaires par les français qui attendent le gouvernement sur les problèmes économiques et sociaux. Au moment où le mariage décline, où les enfants nés hors mariage sont les plus nombreux, que signifie la demande de mariage homosexuel ?
En décidant de dissocier la question du mariage pour tous et de l’adoption de celle de la procréation médicalement assistée (PMA) pour les couples homosexuels, le gouvernement marque une distanciation entre ces deux revendications que les associations militantes ont voulu étroitement lier pour des raisons stratégiques.
Actuellement, la procréation médicalement assistée est doublement encadrée. Elle n’a rien à voir avec le code civil car elle est sous la loi du code de santé publique et ne concerne que les couples hétérosexuels pour des raisons essentiellement médicales : stérilité médicalement diagnostiquée, fécondation in vitro ou recueil de gamètes préventivement à tout traitement (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie…) susceptible d’entraîner une stérilité secondaire, nécessité d’éviter la transmission d’une maladie grave (sida, maladies génétiques…) à l’enfant ou au conjoint…Les différentes lois de bioéthiques font donc la distinction entre les demandes de convenance et les demandes thérapeutiques.
Si la loi accorde l’accès à la procréation artificielle pour tous sans plus aucune raison médicale, au nom du désir d’enfant, alors s’ouvre pour la médecine procréative un champ d’activité d’une toute autre dimension éthique, sociale, sociétale, économique, anthropologique…
Une telle réforme de la loi autoriserait le droit à l’enfant et bouleverserait nos principes éthiques fondamentaux. Le droit à l’enfant légalisé entrerait en contradiction avec le droit de l’enfant.
Notre société devra s’interroger sur les risques et les conséquences de cette possible nouvelle industrie que serait un grand système de production d’enfants avec des matériaux humains, tels que les dérives eugénistes, les trafics lucratifs, le droit à l’enfant à n’importe quel prix, la fabrication d’enfants sans père ou sans mère, le secret d’une partie des origines de l’enfant… et y apporter des réponses humanistes en opposition totale aux lois du marché capitaliste. Dans notre société où le modèle ultra-libéral anglo-saxon tend à s’imposer à la philosophie des lumières, il y a de quoi être terriblement inquiet !
Les déclarations provocatrices et indignes de Pierre Bergé – homme d’affaires et président du Sidaction- concernant la location du ventre des femmes en faveur d’une gestation pour autrui, à l’instar des prolétaires qui vendent leur force de travail devraient nous inciter à la prudence et à la plus grande vigilance.
L’argument sans cesse utilisé de l’égalité des droits rencontre bien des contradictions et des invraisemblances. De quels droits s’agit-il ? Du droit au mariage et à l’adoption ou du droit à l’enfant ? Le droit au mariage homosexuel et à l’adoption tout à fait légitime, ne me semble pas poser problème car il existe une majorité parlementaire pour voter la loi.
La question du mariage et de l’adoption est-elle instrumentalisée et vise-t-elle un autre objectif qui serait le droit à l’enfant ?
Quid d’un droit à la procréation médicalement assistée pour les couples de lesbiennes et son impossibilité pour les couples gays ? Quid de l’inégalité économique d’accès à la PMA qui n’ouvrirait aucun droit à remboursement pour les cas non médicaux ? Serait-il légitime que la PMA soit prise en charge par la sécurité sociale hors raisons médicales ?
Les psychanalystes, les pédopsychiatres, les philosophes ont-ils quelque chose à nous dire ?
Jean-Pierre Winter-psychanalyste-dans une tribune du 25 mai 2012 au journal L’Humanité, disait que « comme psychanalystes, nous ne sommes que trop avertis des conséquences anxiogènes à long terme des bricolages généalogiques commis au nom de la protection d’intérêts narcissiques, religieux, économiques ou autres. Jusqu’à présent, ces manipulations souvent secrètes pouvaient être entendues comme des accidents historiques, des conséquences de troubles psychologiques, des effets d’aliénation. Mais voilà que « l’accident » devrait devenir la loi. Voilà que François Hollande veut organiser légalement les arrangements qui priveraient a priori certains enfants de leur père ou de leur mère. Il nous faudrait croire parce qu’on nous l’affirme, que cela serait sans effets préjudiciables alors que nous pouvons constater jour après jour, la souffrance et l’angoisse de ceux que la vie s’est chargée de confronter à de tels manques. Certains, à droite comme à gauche, semblent convaincus qu’un enfant se portera bien du moment qu’il est aimé. Le grand mot Amour est lâché ! Cet argument est dangereux ! Il est culpabilisant pour les parents qui ont chéri leur enfant et qui néanmoins l’ont vu dériver et s’acharner contre eux dans la colère et dans la haine. Au reste, qui peut dire avec certitude la différence entre amour et allégation d’amour ?(…) Pour ma part, je ne vois pas de véritables objections à ce que des enfants soient adoptés par des couples quels qu’ils soient, à condition qu’ils se sachent issus d’un homme et d’une femme, même abandonniques. J’ai les plus grands doutes sur les effets des procréations faisant appel à des tiers voués à disparaître de l’histoire d’un sujet d’emblée dépossédé d’une moitié de sa filiation avec le consentement de la loi. »
Pour la philosophe – Sylviane Agacinski – « lorsque l’on veut créer, grâce à la procréation médicalement assistée, une parenté homosexuelle, on décide d’avoir des enfants qui n’auront pas de père ou de mère et qu’à la place, ils seront adoptés par des personnes du même sexe : c’est un choix extrêmement violent ».
Elle met en cause le système industriel de production biotechnologique aux U.S.A. qui rapporte beaucoup d’argent mais qui aboutit à fabriquer des enfants et à considérer les personnes comme des matériaux biologiques.
La différence des sexes est inhérente à la conception à moins que demain le clonage ne vienne annuler cette différence si essentielle à la diversité et à la richesse du vivant ?
Le droit pourrait-il contredire le réel et la différence des sexes en inscrivant l’enfant comme né de deux parents du même sexe ou comme en Espagne occulter le père et la mère par un parent A et un parent B ? Où nous conduirait la destruction de nos symboles fondateurs d’humanité ?
Depuis les années 1970, 50 000 enfants sont nés d’un don anonyme de gamète. Certains de ces enfants aujourd’hui adultes réclament le droit de connaître la totalité de leurs origines biologiques.
Arthur Kermalvezen, conçu par insémination artificielle avec donneur anonyme et auteur d’un livre intitulé « né d’un spermatozoïde inconnu »évoque l’histoire douloureuse de ses parents et la sienne. Privé de la moitié de ses origines, il raconte comment il est constamment renvoyé « à cette étrangeté de soi-même » malgré l’amour de sa famille. Il est devant une porte fermée dont il cherche la clef. Il voudrait bien sortir le donneur de sa vie car il occupe une place trop importante. En définitive, il lui faut retrouver son géniteur pour l’oublier.
Les techniques de la PMA ouvrent un champ nouveau à l’homoparentalité en rendant techniquement possible le droit à l’enfant mais aussi à une nouvelle aliénation potentielle de la femme réduite à l’état de couveuse et à la marchandisation de l’enfant, objet de transactions commerciales.
La gestation pour autrui représente une nouvelle barbarie par l’instrumentalisation du corps d’autrui à des fins personnelles, un nouvel esclavage spécifique. La femme serait ramenée à des fonctions essentielles : sa capacité procréatrice, gestatrice, cela donnerait des arguments pour légaliser la prostitution sexuelle puisque la location du corps féminin pour autrui serait devenue le droit.
La fondation Terra Nova (la boite à idées du PS) a produit un rapport justifiant le recours à la gestation pour autrui et de nombreuses personnalités socialistes militent pour sa légalisation au prétexte que c’est autorisé ailleurs ou que le désir d’enfant n’a pas de solution……Il est chimérique de considérer qu’en l’encadrant la GPA pourrait être politiquement correcte, acceptable par la société. C’est ignorer la réalité la plus sordide de cette pratique à l’échelle mondiale et les conséquences délétères sur l’enfant et la mère porteuse.
Pour Catherine Dolto « ce qui est en cause c’est le statut de l’enfant comme sujet. En le traitant comme un objet convoité auquel chacun a droit s’il peut payer, c’est l’humanité même de l’enfant que l’on met en péril ! Ce qui constitue une rupture éthique dont nous devons mesurer la gravité, c’est le nouage au même instant d’une procréation manipulée par la technique médicale et d’un abandon programmé. C’est dans l’intention que se joue l’essentiel. Que signifie pour une femme, le fait « d’offrir »son corps pour une transaction économique dont un enfant est l’enjeu ? Comment croire que celles qui le feront contre un simple dédommagement, le feront par altruisme, dans la limpidité du don de soi et de l’enfant qu’elles auront porté , dans un acte exempt de complexités névrotiques potentiellement pathogènes pour elles, pour leurs autres enfants et pour celui qu’elles auront abandonnés. (…) C’est nier les avancées qui ont été faites dans la connaissance de la petite enfance durant ces trente dernières années ! Vers 1975, le nouveau-né était encore considéré comme un tube digestif vaguement sophistiqué, sans émotions ni sentiments ! Chercheurs et cliniciens ont démontré combien cette vision était pathogène ! »
Pour la pédopsychiatre Myriam Szejer, l’environnement modifie le génome humain. Tout ce qu’un enfant vit dans le ventre de sa mère fait qu’il ne sera pas le même que s’il était passé par un autre ventre ! La sensorialité de l’enfant est en plein développement dans l’utérus. Il mémorise les sons, la voix de sa mère, les battements de son cœur, son odeur. C’est ce qui lui permet d’aller bien à la sortie en retrouvant ce qu’il a mémorisé dans le ventre de sa mère. Ces repères identitaires lui permettent de se rassurer. S’il est abandonné, cela crée une blessure : la blessure primordiale qui ne cicatrisera jamais et se rouvrira à chaque séparation.
Nicole Borvo-Cohen-Seat – ancienne sénatrice et dirigeante communiste –déclarait lors d’une audition parlementaire que « le désir d’enfant, absolument douloureux et légitime quand il ne peut pas être satisfait, ne saurait se confondre avec un droit absolu à l’enfant…(…) L’enfant, pas plus que la gestatrice, n’est une marchandise en l’occurrence un objet que l’on peut obtenir à tout prix. Un enfant né de l’accouchement d’une autre femme se posera exactement les mêmes questions qu’un enfant adopté à un moment de sa vie et toute sa vie…(…) ce questionnement est douloureux, difficile; lié à l’abandon qui est un moment indélébile dans l’histoire de l’individu. Or, dans le cas de l’adoption, l’enfant a été abandonné et la société lui donne la possibilité d’avoir des parents. Dans le cas de la GPA, la société organise l’abandon de l’enfant par la femme qui l’a porté, après avoir organisé un rapport marchand entre celle-ci et les futurs parents … »
Pour Françoise Dolto « l’enfant est une personne. L’enfant n’est pas la propriété des parents. Tout est langage. Chez l’être humain tout « veut dire », les gestes les plus absurdes ont un sens, font partie d’un langage symbolique à-travers lequel se tisse « la fraternité d’espèces ». Le parler vrai, encore faut-il parler avec l’enfant pas seulement à l’enfant ; surtout lui parler vrai. On ne peut mentir à l’inconscient, il connaît toujours la vérité. Dès les premières heures, un enfant décèle l’accent de vérité (la coïncidence entre ce que l’on dit et ce que l’on éprouve) et il en a besoin pour ce qui concerne ses origines (l’histoire familiale) afin que vitalité biologique et vitalité sociale concordent(…) L’enfant a toujours l’intuition de son histoire. Si la vérité lui est dite, cette vérité le construit. »
Les progrès scientifiques ouvrent un espace infini de connaissances et de possibles mais imposent des responsabilités et des choix humains toujours plus complexes. Ils nécessitent une délibération citoyenne de haut niveau éthique, politique, humaniste.
L’ordre capitaliste, au moyen des biotechnologies, offre une réponse marchande inédite aux passions, aux pulsions et aux fantasmes humains, pour de nouveaux profits. Il montre ses limites historiques, ses impasses anthropologiques, ses perversions deshumanisantes et l’urgence d’en sortir.
Sous couvert des progrès de la science, tout est-il possible et souhaitable ? Prenons le temps et ayons les moyens d’en décider collectivement. Une autre démocratie est à inventer en lien avec la démocratie représentative et délégataire. Pourquoi pas des Etats généraux de la bioéthique à l’échelle intercommunale, départementale, régionale et nationale ce qui exclut un projet de loi dans trois mois voté dans la précipitation au nom du politiquement correct.
L’avenir de notre civilisation au cœur de la révolution informationnelle et technologique met la question du dépassement du capitalisme à l’ordre du jour !
Simone Fayaud
Secrétaire départementale de Charente du PCF
Membre de la direction nationale et de la commission santé
Par Marie George Buffet, le 04 février 2013
Intervention de Marie-George Buffet à l'Assemblée nationale le 24 janvier 2013 lors du débat sur le mariage pour tous.
L'amendement défendu : http://www.assemblee-nationale.fr/14/amendements/0628/1610.asp
le 23 janvier 2013

Les forces réactionnaires se mobilisent contre le droit au mariage pour tous. L'UMP, le Front national et les intégristes religieux vont ensemble fouler le pavé aux sons de slogans homophobes, lesbophobes, trans et biphobe, rétrogrades, et humiliants.
Face à cela, François Hollande est allé jusqu'à plaider pour « une clause de conscience » en faveur des maires qui refuseraient de célébrer des mariages de couples de même sexe... avant de faire marche arrière une fois de plus. Et les députés socialistes viennent de retirer l'amendement pour la procréation médicale assistée pour les couples de femmes.
C'est tout simplement désolant et indigne ! Le projet de loi institue le mariage pour tou-te-s, mais il n'en demeure pas moins discriminant.
►POUR la procréation médicalement assistée (PMA) pour toutes les femmes ayant un projet parental.
►POUR l'adoption conjointe hors mariage
►POUR la signature en mairie de tous les contrats de couples : PACS comme mariage
►POUR les mêmes droits pour tous les enfants à la filiation avec l'ensemble de leurs « parents sociaux »
►POUR la facilitation du parcours et le changement d'état civil libre et gratuit pour les personnes transgenres