La revue du projet

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Le parti et les quartiers populaires - Jack Annoot - 80

le 01 février 2016

Le parti et les quartiers populaires - Jack Annoot - 80

Contribution brève et rapide:

Depuis des années reviens constamment la question de comment s'adresser aux quartiers populaires, etc., etc...En apparence aucune solution n'a été trouvée puisque l'on continue de se la poser, et puis ça se serait vu !

Comment cette question peut-elle continuer de se poser dans le parti, sans que soit remis en priorité la question de notre organisation ? Certes ces deux questions sont soulevées épisodiquement mais rarement ensembles.

Etre soulevées ensemble et pas seulement dans les paroles, mais concrètement dans les mesures prioritaires que prendra, en 1er lieu, notre direction nationale, pour que l'organisation redevienne ce qu'elle était par le passé! Non pas que je crois que ce soit LA solution miracle, mais recommençons par-là! Les discussions, forums, et conférences, débats, etc... sont importants mais secondaires.

Pense-t-on que le parti puisse être de nouveau efficace dans les quartiers  en ayant de moins en moins d’habitants-tes des quartiers populaires dans ses rangs, que ceux qui y sont, soient abandonnés, plus collectés, plus invités aux réunions locales (quand il y en a)?

C’était parce que notre parti était avant tout riche de communistes des quartiers populaires qu'il était avant tout efficace dans ces quartiers ; pas seulement mais d'abord ! Ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui, et encore je n’évoquerai même pas les répercussions sur toutes nos instances de décisions, les mandats d’élus…C’est moins de lien qu’il s’agit d’avoir, c’est d’être dedans !

Quoi d'autres de plus efficace (pour répéter volontairement encore le même mot) qu'un ou une communiste d'un immeuble, vivant la même vie que ses voisins, et qui au quotidien, en parle avec eux, parle de l'actualité, des gosses, de l’école, de ce qui s'est passé en bas de l'immeuble, etc...

Pour cela il faut aussi les choyer ces communistes-là, les rencontrer, les aider à participer aux réunions, à les armer comme nous tous, en discutant politique, en les aidant à lire, à se former. Mais pour cela il faut une organisation avec des moyens (donc priorité car on ne peut pas tout, surtout aujourd'hui) et bénéficiant de considération, de respect et de lien! Il ne faut pas qu'elle ait, en bas, l'impression qu'elle ne redevienne importante que lorsqu'il n'y a plus d'élections par exemple, et que pendant celles-ci, elle ne représente plus que les bras et les jambes, voir même parfois même pas consultée, avant, pendant et après les échéances...

Toute notre histoire le démontre, avec "les masses populaires", ça fonctionnait quand notre parti en était partie intégrante! Pas à côté ou en haut, à se demander comment il peut faire pour qu'elles le comprennent! La question ne se posait pas parce que nous étions dedans!

Alors je sais, on me répondra que depuis cette époque beaucoup de choses ont changé, que ce n'est pas aussi simple que ça, etc., etc...Là encore en disant cela, c'est prendre les militants de haut et faire la démonstration que l’on n’est pas "dedans". Nous savons bien que tout ou presque a changé! On ne va pas ici commencer à faire la liste, c'est trop long et on ne la connaît que trop et on en parle depuis déjà assez de congrès! Mais en rester là, c'est continuer au mieux de disserter sur le comment faire et ça continuera de partir en déliquescence, et au pire de se dire, comme de toute façon, se réorganiser comme avant ce n’est pas possible, on jette l'éponge. Dans ce cas, cessons de faire semblant en continuant de s’interroger.

Ou alors, on reprend par un bout, mais sans que ça ne reste que dans le discours, que ça se vérifie réellement dans les faits, que l'on reconsidère hautement que l'organisation du parti redevienne LA question majeure! Avec toutes les implications que j'ai essayé en partie ici d'effleurer. Et on verra ensuite, j'en suis persuadé, les choses commencer à aller mieux avec les quartiers populaires.

Encore une fois, cela ne suffira pas mais je suis persuadé qu'il faut recommencer par-là, ce n'est pas avec une serpette si belle et affûtée qu'elle soit que l'on va labourer un champ aussi lourd (et même si c’est une faucille). Et quand je dis tout cela ce n’est pas pour rejoindre les "qui passent leur temps à critiquer l'outil sur les réseaux sociaux" ; ceux-là et celles-là, régulièrement, je les affronte et je regrette qu'il n'y en ait pas davantage qui le fassent car je considère que cela fait aussi partie du travail de base du militant communiste, même quand il est "en haut", celui de contrer les arguments d'autres quand ils ne lui paraissent pas justes ; comment aller au débat avec les "masses populaires" quand déjà, on ne va pas à celui avec les propres membres du parti; déjà sur les réseaux sociaux, il y a plein de communistes des quartiers populaires !

Réseau social : un outil utile à maîtriser - Wilfried Gay - 58

le 01 février 2016

Réseau social : un outil utile à maîtriser - Wilfried Gay - 58

L'extrême droite est à la pointe en matière de manipulation des masses sur les réseaux sociaux depuis un moment : elle a bien compris que l'outil du réseau social pouvait être un outil de propagande : manipulation d'images, fausses informations,...L'extrême droite travaille sa propagande en s'inspirant de la théorie : "Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit …"

Heureusement , des sites comme Hoaxbuster, Debunkers de Hoax ou de simple utilisateurs conscients de la manipulation arrivent à démonter parfois leur propagande mais une fois le mensonge partagé par dizaine de milliers, il est difficile de rétablir la vérité.
Aussi beaucoup de média d'information dit "alternatif" sur le net, qui à première vue peuvent paraître fiables, sont en vérité conçus avec des sources de l'extrême droite , des conspirationniste, etc...
Sur les réseaux sociaux comme Facebook, le constat peut se faire que beaucoup de camarades partagent sur leur mur ou dans des groupes de discussion , des supports médias sans forcément se rendre compte que les sources viennent de l'extrême droite et par conséquent , nous devenons pas crédible aux yeux des contacts lambda que chacun peut avoir en disant combattre l'extrême droite tout en utilisant leur support médias sur internet.

Un autre constat peut se faire : c'est qu'avec la force militante et de sympathisants que nous avons, l'utilisation des réseaux sociaux pourrait être un vecteur de diffusion plus importants de nos idées, seulement il y a quelques règles d'utilisation à connaître pour une utilisation optimale des réseaux sociaux comment Facebook qui ne sont pas forcément connues de tous.

Au niveau du Parti , nous devrions éditer une brochure d'utilisation des réseaux sociaux et faire des ateliers pour les camarades expliquant les choses : pour dire par exemple

• de bien regarder les sources des publications avant de partager
• de regarder ce que publie en général un site dit d'information
• de regarder ce que diffuse généralement comme vidéo un utilisateur de YOUTUBE dont nous partageons la vidéo
• l'importance sur Facebook du « j'aime » et du « partager »
• de publier ou créer des vidéos de 3 minutes maximum pour un impact plus important ( plus c'est long, moins cela sera regarder et partager )
• ne pas hésiter à faire des commentaires sur les pages des médias locaux ( journal local , magazine  d'informations local, …)
• repérer les Troll : personne sur un fil de commentaires ou de discussion qui ne cessera jamais de répondre à ce qui sera écrit pour avoir le dernier mot, noyant ainsi le contenu de départ et désintéressant les autres utilisateurs
• repérer les faux comptes : par exemple une personne qui se ferait passé pour un camarade ou proche de nous et qui de temps en temps tente de publier du contenu

Les Quartiers Populaires - Raphaël Debû - 69

le 29 janvier 2016

Les Quartiers Populaires - Raphaël Debû - 69

Les Quartiers Populaires

Historiquement implanté dans les villes populaires, le PCF conserve un lien important et indispensable avec les quartiers populaires. Dans le Rhône, les deux villes à direction communiste –Vénissieux et Givors- sont, sans grande surprise, des villes de banlieue.

Toutefois, force est de reconnaître une érosion à la fois de notre implantation dans les quartiers populaires, et, de notre capacité à nous adresser à l’ensemble de la population de ses quartiers.

Le vocable-valise « quartiers populaires » nous sert pudiquement à désigner les quartiers pauvres, les quartiers dit « politique de la ville », « ZUS », « REP », bref un ensemble à la fois très varié, mais qui partage des traits communs. La pauvreté, la précarité, le chômage, la misère sociale, les trafics, le repli –voire la relégation- y côtoient la solidarité, l’entraide, l’innovation sociale, une farouche volonté de s’en sortir, une immense diversité en termes de cultures et de langues. Assimilé bien souvent aux grandes cités de banlieues, ces quartiers existent aussi dans les centres villes, y compris en zones rurales. Ils sont souvent de petites dimensions, mais porteur des même problématiques.

En terme politique, la césure est nette : entre ceux qui n’ont pas le droit de voter, ceux qui ne votent pas, ceux qui ne votent plus, on atteint des taux d’abstention records, y compris lors des scrutins municipaux. Nos formes « traditionnelles » de militantisme –présence sur les marchés, les portes à portes, les débats publics- ne rencontrent bien souvent d’un écho faible, tant les habitants se sentent –et sont- exclus de la gestion de la chose publique.

Notre recul dans les associations, qu’elles soient sportives, culturelles, de solidarité, nous handicape encore d’avantage dans notre capacité à écouter et comprendre les besoins, à discuter et construire ensemble des projets concrets.

Conscient de nos faiblesses, les communistes du Rhône font précisément le choix de réimplanter le Parti dans ces quartiers.

Pour cela 3 axes de travail sont privilégiés :

  • Les actions de solidarités concrètes. Non seulement par ce que cela répond à un besoin prégnant, mais également parce que c’est une forme de « communisme en action », bien plus efficace que de longs discours ;

  • Un renforcement du Parti en terme militant, et leur organisation au plus près du terrain, notamment par le développement des cellules de quartiers ;

  • Des campagnes politiques plus en lien avec les difficultés rencontrées dans les quartiers populaires, notamment autour des questions d’emploi, de logement, de transport, et de laïcité.

Ce travail demande de la régularité, de la ténacité et de la sincérité dans l’engagement et ne portera ses fruits que d’ici quelques années. Mais il est indispensable que le PCF « redevienne » le Parti des classes populaires, que celles-ci puissent s’identifier au PCF, se sentir entendues, considérées et défendues par les communistes.

Ce n’est qu’au prix d’une puissante réimplantation dans les quartiers populaires que le Parti pourra construire le rapport de force favorable au camp des travailleurs.

 

Regagner le cœur des classes populaires - Thibaut Bize - 25

le 29 janvier 2016

Regagner le cœur des classes populaires - Thibaut Bize - 25

Les mutations de la société ainsi que celles du monde du travail ont modifié en profondeur les classes et les quartiers populaires. Le lien PCF / classes populaires a perdu de son évidence.

La question est donc aujourd'hui de travailler à recréer ce lien. C’est une question essentielle à l’aboutissement de notre projet politique puisqu’ un combat pour une société de partage des richesses sans les classes populaires n’aurait pas de sens.

Le premier constat est que nous ne sommes pas identifiés à de grandes idées (comme le FN est facilement identifié au combat contre l’immigration). Nous devons travailler notre projet pour que nous soyons identifiés à des perspectives d’une vie meilleure pour les classes populaires. L’espoir d’un monde meilleur est pourtant le moteur de la mobilisation des classes populaires.

Le deuxième constat est que les classes populaires ont des difficultés à s’identifier au PCF. La sociologie de notre parti, et encore plus des cadres, correspond de moins en moins à celle des classes populaires. C’est pourquoi nous devons avoir une politique de promotion des cadres qui ne soit pas uniquement basée sur des critères d'âge, de parité, de géographie; il faut également considérer l'origine sociale.

Le troisième constat est que, dans une grande partie des classes populaires, le « discours » politique n’est plus écouté. C’est pourquoi nous devons faire vivre nos valeurs à travers des actions de solidarité concrète et créer ainsi des espaces de démonstration de notre projet, des espaces de communisme dans la société. Lorsqu'on organise une collecte de fournitures scolaires pour aider les familles d'un quartier en difficulté, on fait fait la preuve de la nécessité d’une société solidaire, il faut donc nous saisir de tous les tracas du quotidiens et les politiser. Mais il serait bon de coordonner nationalement, dans un but de visibilité, ces actions de solidarités concrètes.

Ce genre d’action permet également:

de lier l’immédiat à la perspective
• de mobiliser les communistes autour d’actions enthousiasmantes (car ils sont le plus souvent mobilisés ces dernières années sur des actions de « dé
fenses » qui aboutissent malheureusement trop souvent à des échecs ou sur les échéances électorales)
• d’ouvrir un champ d’action nouveau pour de nouveaux militants, qui ne sont pas forcement issus d’une culture de lutte et qui cherchent un espace d’engagement pour à la fois se rendre utile et transformer la société.

Mais ce genre d’action demande des forces militantes considérables, du temps d’organisation et parfois de l’imagination, nous devons donc réfléchir à la mise en œuvre d’une plate forme nationale permettant de faciliter la mise en œuvre de ces actions et qui pourrait:

Recenser les actions sur le territoire afin de mutualiser les expériences
• Organiser des formations et en rédiger des « guides militants» pour faciliter et mutualiser la mise en œuvre de certaines actions
• A
pporter un appui technique et organisationnel aux sections qui en font la demande
• Impulser des campagnes nationales de solidarité
concrète qui seraient mise en œuvre au même moment sur tout le territoire

Rassemblement - Relaxe pour les 8 de goodyear

le 29 janvier 2016

Rassemblement - Relaxe pour les 8 de goodyear

Un rassemblement aura lieu à Paris a 11h, place de la Nation ( le lieu a changé ) avec prises de paroles, concert et animations.

Et aussi la pétition à signer : https://www.change.org/p/fran%C3%A7ois-hollande-l-appel-des-goodyear

Reconstruire du lien social, politique et idéologique - Nathalie Simonnet - 93

le 29 janvier 2016

Reconstruire du lien social, politique et idéologique - Nathalie Simonnet - 93

La dégradation de la vie des classes populaires est, avant tout, le résultat des politiques libérales menées depuis trente ans, c’est-à-dire le résultat de la lutte de classe menée par les classes dominantes. Des classes qui vivent par ailleurs une ségrégation spatiale et des discriminations insupportables.Pour ces classes, la société se vit en «  eux »et « nous », mais le « eux »ce ne sont pas les classes dominantes, le « eux » ce sont les immigrés, les bobos, les fonctionnaires, les migrants, les roms, les intellectuels, les assistés, les habitants des villes ou ceux des banlieues…. Alors que les divisions sont aussi importantes, comment reconstruire une conscience de classe dans les milieux populaires ? Cela pose bien sûr la question de notre projet politique et de notre travail de rassemblement mais mon propos se concentrera plutôt sur le « comment » : de quels types de pratiques politiques avons-nous besoin pour reprendre pied dans les classes populaires ?

1) Reconstruire du lien social, politique et idéologique.

- Partager l’expérience de l’action commune, de luttes victorieuses pour faire la démonstration de l’intérêt commun et de la force de la mise en commun, accompagnée d'une bataille idéologique sur le sens de l’issue. Exemples : fermetures de classes (car l'école est une question essentielle pour les classes populaires), de services publics de proximité, enjeu de la sécurité (question trop souvent laissée de côté alors que c’est une préoccupation réelle), l’exigence de transports publics de qualité…. Ces actions liées au quotidien nous permettent de traiter de l’utilité des communistes et de leurs élus qui ne repose pas que sur les campagnes électorales mais qui peut trouver un prolongement dans l’utilité de se mobiliser électoralement. Elles renforcent la crédibilité de notre capacité à changer la société.

- Organiser la solidarité concrète : les divisions sont fortes, les dégradations des conditions de vie n’engendrent pas spontanément la solidarité, au contraire le chacun pour soi apparaît plus efficace que le tous ensemble. Faire vivre concrètement la solidarité devient une question essentielle. Permettre à des populations d’histoires, de cultures, d’origines différentes de se découvrir, d’échanger et d’agir en commun devient un enjeu. Tout comme une revalorisation des individus sur laquelle peut se construire une vraie participation citoyenne, loin d'être spontanée. Cette pratique modifie en outre la vision de notre parti et des communistes. Il y a donc besoin d’une réflexion sur ces pratiques, leur objet, leur concrétisation.

2) Le rôle des communistes dans la construction de ce lien politique.

Le moyen pour faire vivre cette construction politique, ce sont nos adhérents. Un véritable élargissement de notre activité, au-delà des échéances électorales, est nécessaire pour une permanence de notre activité politique, une revalorisation de l’engagement militant qui participent à la convergence du mouvement social et du mouvement politique. Or, construire du lien social et politique suppose des repères, des capacités d’analyse et d’initiatives, qu’une large politique de formation des adhérents doit permettre de développer. Ceci nous pose une question : comment concevoir le parti comme un lieu d’enrichissement individuel et collectif ? Cette approche politique peut nous permettre de donner une autre dimension au travail de renforcement, celle d’un engagement reposant sur la volonté de participer à la construction d’autres rapports humains et les politiques que cela appelle. Une analyse de l'état réel de notre organisation, de notre implantation, de nos capacités de direction à tous les niveaux est nécessaire pour avancer dans ce sens.

NOTE DE PROBLEMATIQUE SUR LA CRISE SYSTEMIQUE - Yves Dimicoli et Frédéric Boccara COMMISSION ECONOMIQUE

le 28 janvier 2016

NOTE DE PROBLEMATIQUE SUR LA CRISE SYSTEMIQUE - Yves Dimicoli et Frédéric Boccara COMMISSION ECONOMIQUE

Nous allons entrer dans une nouvelle phase de la crise systémique. Elle va faire saillir, comme jamais, le besoin de dépasser la coupure fondamentale, sur laquelle le capitalisme s'est historiquement constitué, entre le marché avec ses entreprises et ses banques privées, l’État avec ses institutions dites « publiques », la société et la vie quotidienne. Le principal défi pour le PCF consisterait à tenter de dépasser cette coupure fondamentale qui tend à lui fait placer l’économie en dehors du champ de la politique.

Cette nouvelle phase va s'ouvrir parce que la France, l'Europe et le monde se trouvent dans une impasse.  Les institutions mise en place après le choc de la crise financière de 2008 ne répondent pas et développent, au contraire, des contradiction d'une ampleur inédite. C'est l'impasse sur l'emploi, sur les services publics, sur les droits sociaux, sur le type de croissance. C'est l'impasse en matière d'écologie, malgré la COP-21, c'est l'impasse sur la démocratie...

► La révolution informationnelle (numérique, digitale…) fait émerger d'énormes potentiels de productivité nouvelle mais, sous l'empire de la rentabilité financière des capitaux, elle alimente d'énormes potentiels de chômage, de précarité d'emploi et de vie. De même, grandissent les risques d’aggravation radicale du climat et de dégradation de la niche écologique des humains.

Car, face à tous ces enjeux, la réponse dominante est toujours la même : l'accentuation de la domination des marchés financiers, en y subordonnant toutes les institutions d’État, en particulier la monnaie et les banques.

C'est dire l'impérieuse nécessité d'une gauche qui arrive à s'arracher au keynésianisme vulgaire et à l'étatisme, sous version suédoise ou soviétique, et d'un PCF qui arrive à « virer sa cuti » sur les enjeux d'utilisation  de l'argent et la conquête de pouvoirs décentralisés pour une autre production et d'autres buts sociaux. Il s'agirait, ce faisant, de cesser de se limiter à la recherche d'un seul changement dans la répartition des richesses, mais aussi de changer leur production et son financement.

L'enjeu d'une sécurisation de l'emploi, de la formation et de tous les moments de la vie de chacun-e va s'accentuer considérablement.

► Simultanément on voit s'accentuer les polarisations Nord-Sud de générations et de migrations de survie face à l'insuffisance criante des services publics partout dans le monde. De même se précisent, désormais, des enjeux renouvelés de sécurité civile et militaire avec le contrecoup des politiques néocoloniales, via des actions terroristes (guerre asymétrique) qui élargissent le terreau des nationalismes.

Cela ne pose-t-il pas l'exigence d'une nouvelle culture et la visée d'une nouvelle civilisation pour penser de nouvelles institutions, de nouveaux rapports parentaux et de genre, un nouveau « vivre ensemble » ? Cela ne va-il pas faire grandir le besoin de libération face à la soumission aux autorités patronales, religieuses et étatiques pour des biens qui doivent être communs et partagés jusqu'à chacun (culture, santé, éducation, alimentation, paix, sécurité, énergie, environnement,communications….) ? Ne faut-il pas chercher désormais à travailler concrètement à un nouvel internationalisme pour construire un monde vraiment multipolaire, une civilisation qui soit enfin celle de toute l'humanité ?

I – RETROSPECTIVE DE LA CRISE SYSTEMIQUE

Depuis l'entrée en crise systémique, au tournant des années 1967-1973, avec les difficultés durables et croissantes pour la rentabilité des capitaux sur-accumulés, le patronat et les dirigeants ont cherché des réponses.

Les grandes entreprises ont poussé leur multinationalisation et les transformations technologiques bases de leur développement dominateur. Elles l'ont fait en prenant progressivement le contrôle de tout le système monétaire public et de crédit à partir des marchés financiers privés.

Une aggravation par phases

Face à cela, la gauche n'a pas su prendre le tournant des nouveaux processus à l’œuvre. Elle n'a pas engagé la nécessaire révolution de ses modes de pensée et d'action. Le PCF, quant à lui, a su repérer le tournant dans la crise des années 1970, mais sans se mettre à jour pour prendre à bras le corps les défis immenses de cette nouveauté.

Cette situation d'une France, d'une Europe, d'un monde en crise systémique n'appelait-elle que de nouvelles alliances politiques en vue d'aller au gouvernement pour, en particulier, des nationalisations sans changement des critères de gestion et des pouvoirs, et un nouveau discours politique sur les diverses couches du salariat ?

Le recul permet de mesurer combien le combat aurait du être mené de façon tenace et persévérante sur ces nouveaux enjeux que sont le développement de toutes les capacités humaines, l'utilisation du crédit et de la monnaie, la transformation de tout le système de pouvoirs de l’entreprise et de la cité à l’État national et jusqu'aux institutions européennes et internationales.

Malgré quelques velléités et des travaux d’intellectuels communistes, notamment ceux de la COMECO, nous sommes passés à côté de la question des critères de gestion des entreprises. Or, elle est à la source de toutes les difficultés de la crise économique et politique. Pourtant n'est-ce pas là l'enjeu révolutionnaire le plus refoulé ; n'est-ce pas un élément majeur du glissement du PS et des couches sociales moyennes vers la droite et les arguments matraqués par le MEDEF ?

Depuis le début des années 1980 se confirme, phase après phase de la crise, une hypothèse fondamentale : l'antagonisme croissant entre l'utilisation faite des potentiels de productivité nouvelle (d'économie de travail) de la Révolution informationnelle, non pour développer toutes les capacités humaines, mais pour accroître les profits et leur utilisation massive dans des opérations financières. D'où les énormes suppressions d'emplois, le chômage explosif, la pression grandissante sur les revenus du travail et la demande salariale alimentant l'insuffisance des débouchés. On gagne sans cesse en productivité mais on le  fait en freinant de plus en plus la croissance des débouchés nécessaires pour absorber les productions supplémentaires. D'où un chômage sans cesse relancé, une précarité grandissante, une guerre économique exacerbée, l'inflation des marchés financiers et les progrès de la sur-accumulation de capital. L'appel massif au crédit et à la création monétaire  a servi à repousser les limites de ce régime de croissance antagoniste jusqu'à l'explosion de la crise financière de 2007-2008.

Dans ces conditions, l'enjeu ne peut plus être « intervention  publique ou pas ». C'est le contenu même de cette intervention publique et sa maîtrise sociale qui importe, ni au service de la domination des marchés financiers, ni pour en corriger les excès.

Comment le PCF s'est-il emparé de ces questions ?

► La crise systémique a été surtout traitée comme une donnée extérieure à l’initiative politique transformatrice des communistes. Nous sommes restés arque-boutés sur l'idée que, pour en sortir,  il suffisait de viser un rassemblement ayant pour principale ambition d'accéder au pouvoir d’État dans le but de changer la répartition des richesses avec une « réforme fiscale » d’État prétendant faire reculer les inégalités, sans chercher à inciter à produire autrement les richesses. La question des   nouveaux pouvoirs des salariés pour changer les gestions d'entreprises et les responsabiliser socialement et territorialement, comme celles de la sélectivité  du crédit et des rapports banques-entreprises étant sans cesse refoulées en pratique.
► Ce faisant, ne nous sommes-nous pas enfermés dans une vision finalement social-démocrate traditionnelle de défense d'un « Etat-providence » servant à « corriger les excès du marchés » au lieu de maîtriser le marché, alors même que sa domination par le marché financier, évidente désormais pour le plus grand nombre avec la mondialisation et la dette publique, lui fait prendre l'eau de toute part et pèse si lourdement sur les marges de manœuvre des élus qu'ils finissent pas en perdre leur légitimité aux yeux des plus révoltés.
► La crise systémique est demeurée analysée comme une suite de catastrophes dont les processus seraient dépourvus de toute ambivalence et que seul devait pouvoir conjurer un changement d'équipes « bien à gauche » aux manettes de l’État. Et cela sans clairvoyance et travail de pédagogie politique sur la nécessité d 'une cohérence de propositions précises et de luttes permettant leur développement dans des expérimentations rassembleuses. Cela a perduré malgré des occasions dont on s'est peu ou pas saisi comme, par exemple, la bataille de sécurisation de l'emploi et de la formation, celle concernant le coût du capital (batailles pourtant clairement pointées par le mouvement syndical) et celle sur les banques.
► Du coup, nous sommes restés sans alternative, face au choix de Hollande et Valls de ne plus corriger les excès du marchés, démarche considérée, sous l'aiguillon du MEDEF, comme freinant la compétitivité et l'adaptation de la France à la mondialisation, mais au contraire de placer délibérément l’État au service de la domination des marchés. Et on  a délaissé un peu plus, malgré des velléités nouvelles depuis 2012 mais non accompagnées nationalement, les terrains de bataille des entreprises (coût du capital et droits des salariés) et des banques (crédit, BCE…) ;
►Demeurant polarisés sur une telle visée politique, nous n'avons pas assez cherché à renouveler notre façon de travailler avec les luttes, nous contentant de les soutenir, sans  essayer vraiment de les politiser avec des contre-propositions concrètes. Nous avons surtout cherché à construire des alliances politiques, à but électoral. Cela ne nous a-t-il pas conduit à perdre de notre originalité d'apport, pour les gens en recherche d'issue, articulant les luttes, les idées (théorie) et les élections ? Et au nom du rassemblement, n'avons-nous pas, en fait, sans cesse refoulé nos idées novatrices et leur cohérence si indispensables pour donner à voir qu'une autre politique est possible.

Vers une nouvelle phase de la crise systémique

Une nouvelle phase s'est ouverte en 2007-2008 avec la crise financière majeure partie des États-Unis. Elle résulte de l’excès d'endettement de tous les acteurs relativement à l'insuffisance des richesses nouvelles créées.

A l'opposé du « laissez faire » de l'entre deux guerres, les États et les banques centrales ont largement ouvert les robinets des liquidités pour que le système financier mondial ne s'effondre pas. Il s'est agi, au contraire, de le sauver pour qu'il  puisse continuer à fonctionner selon les mêmes règles et critères fondamentaux, alimentant le régime de croissance extrêmement antagoniste que nous avons décrit plus haut (cf. encadré).

De nouvelles institutions internationales ont été mise en place, d'autres se cherchent. La BCE elle-même, censée n'avoir à se préoccuper que de l'inflation, a été contrainte, face au risque de déflation engendré par l'énorme chômage dans l'Union, de transgresser ses propres dogmes fondateurs faisant saillir la possibilité de principe d'un changement radical dans l'utilisation de son formidable pouvoir de création monétaire. Mais le but fondamental de tous ces changements est demeuré le soutien sans faille à la rentabilité financière et aux marchés financiers.

A présent, n'est-ce pas ce type de réponses capitalistes qui est désormais lui-même en crise ?

Cela crée un sentiment d'enfermement dans une impasse et d'impuissance généralisée qui exacerbe le besoin de solutions nouvelles vraiment radicales.

Si les communistes ne sont pas au rendez-vous pour montrer que le cœur des difficultés c'est l'argent, la monnaie et leur utilisation au service du capital financier, plutôt que pour d'autres buts de civilisation, alors ce besoin de radicalité des réponses peut être instrumentalisé par les dominants qui n'hésitent pas à favoriser la montée des illusions populistes et autoritaires d'extrême droite aussi bien islamistes que fascistes, voire nihilistes.

La phase en cours de la crise, qui a commencé en 2009, pourrait se terminer vers 2017-2019 dans une nouvelle explosion de toutes les difficultés (krach mondial, guerres monétaires…).

Elle se caractérise par un profond désarroi sur les solutions possibles et une défiance par rapport aux politiques. Elle est marquée par une demande accrue de protection des dominés aux dominants, dans les entreprises, les localités, les régions, à l'échelle nationale, européenne et mondiale. Cela concerne désormais les questions de sécurité civile, militaire et économique. Dans cette situation, pourraient grandir les oppositions entre les diverses couches sociales et culturelles dans chaque pays et entre pays.

Tout ceci commence déjà d'être instrumentalisé par les dirigeants pour cacher la domination du capital financier, de sa culture, de son système de pouvoirs. Les entreprises, identifiée au patronat, vont être un lieu majeur de cette instrumentalisation et un enjeu sociétal d'intégration idéologique et, inversement, de rassemblement pour briser, avec de nouvelles idées au service des luttes, cette domination.

La guerre contre le terrorisme redoublerait ainsi la guerre économique associant toujours plus étroitement baisse du coût du travail et monarchie renforcée dans les entreprises au recul des services publics et au renforcement du présidentialisme avec l'enjeu prétendu de la défense de l'emploi, du « modèle social » et du mode de vie face à une mondialisation hostile.

Ne faut-il pas revisiter notre conception de l'économie dans notre bataille politique ?

Le nouveau contexte politique des élections de 2017 va être marqué par le besoin de rassembler sur des contenus et des propositions précises

Il sera marqué notamment par le besoin immédiat de réponses concrètes aux urgences sociales avec les moyens financiers et les pouvoirs nécessaires . Mais il sera inséparablement travaillé au plus profond par le besoin d'une nouvelle perspective de développement avec un nouveau type de rassemblement associant des conquêtes politiques immédiates à la visée d'une nouvelle civilisation (dépassement graduel du capitalisme).

Il sera d'autant plus nécessaire de conjuguer luttes immédiates et projet, bataille sur le social et bataille sur les valeurs que :
-  La montée du FN et des populismes en Europe  va se poursuivre ;
- Vont redoubler les efforts du PS et d'une partie de la droite pour essayer d'aller vers une grande coalition  et une union sacrée derrière le capital financier;
- Le champ des alternatives prétendues exclurait la question sociale, celle des moyens financiers et des pouvoirs nécessaires (nouvelle République sociale) : Au lieu du rassemblement contre le capital financier en France, en Europe et dans le monde, vont être développées « ad nauseam » l'opposition prétendue cardinale entre « mondialistes et patriotes » comme l'opposition prétendue cardinale entre Républicains et anti-républicains (FN ).
- Tout cela avec l'agitation de deux grandes peurs pour rassembler : la peur du FN et la peur du terrorisme avec l’entraînement dans une logique de guerre.

Ce contexte ne va-t-il pas créer un besoin crucial de rassembler sur des contenus et des propositions précises  plutôt que sur des discours généraux sans portée opérationnelle? Cela élève le niveau de responsabilité du PCF dans une telle situation et le place devant l'exigence de se transformer.

D'où quelques questions essentielles :
- Comment articuler besoins immédiats de réponse aux urgences sociales et perspectives rassembleuse de transformation radicale ?
- Comment répondre au défi de la montée du FN tout en combattant la politique de Valls et celle de la droite ?
- Comment aider le peuple de gauche à se ressaisir, « tordre le bras » au PS et  pousser une recomposition politique et idéologique de la gauche, bien au-delà d'un simple jeu d'alliances.

Il nous semble que certains thèmes de bataille devraient donner lieu, dans ce contexte, à des expérimentations de lutte et à de véritables campagnes :
- Argent, banques, BCE, FMI… ;
- Coût du capital ;
- Entreprises et production ;
- Emploi, travail, formation et dépassement du salariat ;
- Services publics, démocratie et biens publics communs ;
- Nouvelle République démocratique, sociale, économique et internationaliste ;
- Autre mondialisation avec de nouvelles alliances internationalistes contre le capital financier et le dollar pour une émancipation de tous les peuples du monde.
 

Service public : notre bien commun

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