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5,3 millions de personnes travaillent au moins un dimanche par mois, Fanny Chartier

En moyenne, en 2015, 4,2 millions de salariés travaillent au moins un dimanche par mois, que ce soit sur leur lieu de travail, à domicile ou ailleurs. Cela représente 18 % de l’ensemble des salariés. Le travail dominical concerne également 1,1 million de non-salariés, soit 37 % d’entre eux, parmi lesquels 76 % travaillent au moins deux dimanches par mois.

Les employés sont les salariés qui travaillent le plus le dimanche : 24 % d’entre eux travaillent au moins un dimanche par mois contre 18 % des cadres et 12 % des ouvriers. Le travail dominical diminue progressivement avec l’âge : il concerne 21 % des 15-29 ans et 16,7 % des plus de 50 ans. Les femmes sont également plus concernées que les hommes : 19,5 % contre 17,5 % travaillent au moins un dimanche par mois. La proportion d’employés, de femmes et de 15-29 ans qui travaillent au moins deux dimanches par mois est également significative : ils sont respectivement 17 %, 13 % et 15 % à être concernés par le travail dominical régulier.

Le travail dominical concerne d’abord les professions qui concourent à la continuité de la vie sociale et à la permanence des services de soins (plus féminines, avec respectivement 55 % et 85 % de femmes), à la protection et à la sécurité des personnes et des biens (plus masculines avec 85 % d’hommes). Ces professions regroupent un peu plus de 25 % des salariés mais 58 % de ceux qui travaillent au moins un dimanche par mois.

55 % de ceux qui assurent la protection et la sécurité des personnes et des biens travaillent au moins un dimanche par mois et 38 % travaillent au moins deux dimanches. 46 % des salariés du domaine de la santé travaillent au moins un dimanche par mois et 31 % au moins deux dimanches par mois, pour assurer la permanence des soins. Pour assurer l’hygiène des locaux et le service des repas aux malades, 34 % des agents de services hospitaliers travaillent également au moins deux dimanches par mois. Le travail dominical concerne un tiers des salariés assurant la con­tinuité de la vie sociale, prin­cipalement l’hôtellerie-res­tauration, les transports, le commerce, les activités culturelles et les loisirs. Les non-salariés travaillant le dimanche se concentrent dans les mêmes secteurs d’activité que les salariés : la santé, l’hébergement, la restauration et le commerce, notamment chez les petits détaillants en alimentation. Enfin, le travail dominical est aussi répandu chez les enseignants (42 %) et les cadres (17 %). Cependant, il prend une forme différente : effectué en dehors du lieu de travail, il correspond à une charge de travail importante combinée à une autonomie dans l’organisation du temps de travail.

Travailler le dimanche se cumule presque toujours avec des conditions d’emploi atypiques (travail le samedi, horaires tardifs ou variables). En effet, 92 % des salariés qui travaillent au moins deux dimanches travaillent aussi au moins deux samedis, alors que seuls 21 % des salariés qui ne travaillent pas le dimanche travaillent le samedi. De même, les salariés qui travaillent au moins deux dimanches travaillent plus le soir et la nuit que les autres salariés. Ils sont également plus soumis à des horaires habituels variables d’une semaine sur l’autre (35 % contre 18 % en moyenne) et alternés (14 % contre 7 % en moyenne). Si ces conditions d’emploi atypiques peuvent se justifier pour le maintien des services de soins et de la sécurité des personnes et des biens, elles sont un marqueur d’exploitation supplémentaire pour les salariés qui exercent dans d’autres secteurs comme dans le commerce.

Le travail dominical relève d’une mesure dérogatoire au code du travail et reste donc une exception. Cependant, la loi pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques du 6 août 2015, dite loi Macron, a étendu ses conditions de recours, notamment dans le commerce. Le maire peut autoriser les commerces de détail à ouvrir jusqu’à douze dimanches par an, depuis le 1er janvier 2016. Les tendances décrites plus haut risquent de s’accentuer avec la progression du travail le dimanche dans le secteur privé : les jeunes, les femmes et les employés sont donc susceptibles de travailler encore plus souvent le dimanche.

La Revue du projet, n°66/67 avril-mai 2017

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