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Violences psychologiques, Michaël Orand

Plus de 10 % des adultes déclarent subir des violences psychologiques au sein de leur couple.

Les violences conjugales sont souvent abordées par leur versant physique (coups et blessures, agressions sexuelles, etc.), mais, depuis juillet 2010, la loi française reconnaît également les violences psychologiques au sein du couple comme un délit. C’est pourquoi l’enquête Cadre de vie et sécurité réalisée par l’INSEE et l’Observatoire national de la délinquance et de la réponse pénale (ONDRP) comporte désormais des éléments tentant d’approcher cette dimension, avec les limites inhérentes à ce type de mesures : difficulté d’appréhender la violence psychologique dans sa globalité (on utilise plutôt une liste d’éléments pouvant constituer des atteintes psychologiques), difficulté de faire la part entre des conflits conjugaux et des situations de violence univoque, déclaration potentiellement embarrassante du point de vue des victimes qui peut conduire à une sous-déclaration.

11,6 % des adultes déclarent avoir subi au moins une forme d’atteinte psychologique au cours des deux dernières années. Il peut s’agir de comportements dévalorisants (pour 6,2 % des personnes), d’insultes (pour 2,9 % des personnes), de menaces (pour 5 % des personnes) ou encore d’actes de contrôle (pour 4,4 % des personnes). Les femmes déclarent plus souvent que les hommes être victimes de telles atteintes (12,7 % contre 10,5 %). Cela est valable pour tous les types d’atteintes recensés par l’enquête, à l’exception de la menace de séparer le conjoint des enfants.
En plus d’une fréquence plus importante, les femmes cumulent plus que les hommes les types d’atteintes psychologiques subies. 50 % des hommes se déclarant victimes d’atteintes psychologiques n’en déclarent qu’un seul type, contre seulement 39 % des femmes. À l’inverse, près d’une femme sur cinq se déclarant victime d’atteintes psychologiques au sein de son couple est concernée par au moins six types d’atteintes ou d’agressions différentes, alors que ce n’est le cas que d’un homme sur huit.

Les violences psychologiques au sein des couples peuvent dans un premier temps apparaître secondaires en matière de gravité par rapport aux violences physiques ou sexuelles, d’autant plus que la mesure apparaît plus subjective et sujette à caution pour les premières que pour les secondes. Cependant, un autre enseignement de l’enquête Cadre de vie et sécurité est un lien fort entre les deux : en effet, huit femmes sur dix et six hommes sur dix parmi celles et ceux se déclarant victimes de violences conjugales ou sexuelles déclarent également des atteintes psychologiques (et pour une part importante se déclarent victimes de toutes les formes d’agressions verbales ou psychologiques recensées par l’enquête). Il y a donc un véritable enjeu à mesurer le plus précisément possible ces atteintes psychologiques, tant elles peuvent être un indicateur de situations plus graves, mettant en jeu l’intégrité physique ou sexuelle des personnes.

La Revue du projet, n° 63, janvier 2017
 

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