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Portrait des groupes multinationaux français, Fanny Chartier

Un groupe multinational français est un groupe dont le centre de décision est situé en France et qui contrôle au moins une filiale à l’étranger. En fonction du nombre de personnes employées et de leur chiffre d’affaires annuel, on parlera de PME, de groupes de taille intermédiaire ou de grands groupes. On recense 2 493 groupes multinationaux français : 150 grands groupes, 931 groupes de taille intermédiaire et 1 412 groupes de taille PME.
En 2013, les groupes français multinationaux (hors secteur bancaire) contrôlent 37 000 filiales à l’étranger. Ces filiales réalisent un chiffre d’affaires de 1 240 milliards d’euros, soit légèrement plus de la moitié du chiffre d’affaires total des groupes. Les employés des filiales (5,4 millions de personnes) représentent également environ la moitié des effectifs des groupes. Les plus grands groupes se distinguent en revanche en réalisant la majeure partie de leur chiffre d’affaires (84 %) et en ayant la plupart de leurs salariés dans leurs filiales étrangères (80,2 %). À l’inverse, l’activité des groupes de taille intermédiaire ou de taille PME reste davantage localisée en France. La majeure partie des salariés des groupes français multinationaux qui travaillent à l’étranger sont employés dans le secteur tertiaire (57 %, dont 22 % dans le commerce et 35 % dans les services). Ils sont tout de même 39 % à travailler dans des filiales industrielles. Néanmoins, le secteur d’activité de ces emplois dépend du pays dans lequel les filiales sont implantées. Par exemple, 57 % des salariés des groupes multinationaux qui travaillent en Allemagne sont employés dans le secteur industriel, alors que 70 % de ceux qui sont au Brésil travaillent dans le tertiaire.
La particularité des groupes multinationaux est qu’ils ont des filiales pouvant être réparties partout dans le monde. La moitié des groupes est ainsi implantée dans au moins trois pays, et plus de la moitié des grands groupes l’est dans au moins dix-sept pays. Avec 2,1 millions de salariés, soit 38 % des effectifs, l’Union européenne demeure la première zone d’implantation des groupes français multinationaux. Le Royaume-Uni, l’Allemagne et l’Espagne regroupent à eux seuls plus d’un million de salariés. Derrière l’UE, les BRIC (Brésil, Russie, Inde, Chine) et les États-Unis arrivent en deuxième et troisième positions, avec respectivement 24 % et 11 % des effectifs. Entre 2012 et 2013, le nombre d’emplois à l’étranger des groupes français multinationaux a augmenté de 90 000. Cette progression est beaucoup moins importante que celle des années précédentes. Pour la première fois, entre 2012 et 2013, les groupes français multinationaux ont davantage accru leurs effectifs en France (+ 130 000) qu’à l’étranger. Hors UE, entre 2012 et 2013, ceux-ci augmentent aux États-Unis (+ 36 000 ), mais aussi en Russie (+ 21 000), en Inde (+ 19 000) et au Brésil (+ 12 000). À l’inverse, ils diminuent en Chine (- 27 000).

Toutes tailles confondues, les groupes français multinationaux ont réalisé 58 milliards d’euros d’investissements hors de France en 2013, soit 5 % de leur chiffre d’affaires à l’étranger. Ils effectuent 63 % de ces investissements à l’étranger hors de l’Union européenne (36,5 milliards d’euros). Sur l’ensemble des pays (UE et hors UE), l’investissement est réalisé à 97 % par les grands groupes ou ceux de taille intermédiaire. Vingt pays reçoivent plus des trois quarts des investissements des groupes multinationaux à l’étranger (44,2 milliards d’euros). Ces vingt pays sont aussi bien dans l’UE qu’en dehors. Comme en 2012, le pays qui reçoit le plus d’investissements est les États-Unis (4,7 milliards), mais l’écart se réduit avec le Royaume-Uni (4,6 milliards).

 

La Revue du projet, n° 62, décembre 2016
 

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