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Une insertion professionnelle plus difficile pour les jeunes sortant du supérieur, Michaël Orand

L’insertion professionnelle, qui correspond à la transition entre le système éducatif et le marché du travail, est une période cruciale de la vie professionnelle. Ces quelques années peuvent en effet conditionner l’ensemble d’une carrière, et peuvent être un témoin d’une conjoncture à venir en matière de chômage et de qualité de l’emploi.
En 2013, le taux de chômage des jeunes qui avaient terminé leurs études supérieures trois ans auparavant (la « génération 2010 ») est de 13 %.Ce chiffre est à relativiser en partie en raison de la part importante de jeunes ayant finalement retardé leur insertion professionnelle et repris leurs études : ils sont près d’un quart (22 %) à se trouver dans cette situation. Plus le niveau d’étude atteint est élevé, plus le taux de chômage et la probabilité d’avoir repris ses études sont faibles. Ainsi, les jeunes sortis du supérieur sans aucun diplôme (ayant donc en général abandonné en première ou deuxième année post-bac) sont 42 % à avoir repris leurs études, et le taux de chômage parmi ceux qui sont effectivement entrés sur le marché du travail est de 23,1 %. Les titulaires d’un diplôme de niveau Bac +4 ou +5, en revanche, n’ont repris leurs études que dans 10 % des cas, et leur taux de chômage n’est que de 10,2 %.
La part des jeunes sortant des études supérieures ayant trouvé un emploi à durée indéterminée après trois ans de vie active est de 73 %, ce qui est sensiblement inférieur à l’ensemble des salariés. Un plus haut diplôme se traduit là aussi par une meilleure situation, à l’exception notable des doctorants, dont seuls 69 % ont un emploi à durée indéterminée. Cela peut s’expliquer par la nature précaire des contrats de recherche notamment. Enfin, 11 % des jeunes sortis des études supérieures en 2010 ont, trois ans après la fin de leurs études, un emploi à temps partiel. Cette part est inférieure à celle observée sur l’ensemble des salariés. Les jeunes sortis du supérieur sans diplôme sont ceux pour lesquels cette part est la plus importante (22 %).
La comparaison de la génération 2010 avec la génération 2004 montre une dégradation globale de la situation, quel que soit le niveau de diplôme atteint. Le taux de chômage après trois ans de vie active n’était ainsi que de 8,7 % pour la génération 2004, contre 13 % pour la génération 2010. Les jeunes sortis du supérieur en 2010 ont plus souvent repris leurs études que leurs aînés, ce qui peut être une réponse à des difficultés pour trouver un emploi. Cette dégradation de l’accès à l’emploi se retrouve pour tous les niveaux de diplôme, à l’exception des titulaires d’un doctorat, pour lesquels le taux de chômage après trois ans de vie active a légèrement diminué, passant de 7,0 % à 5,8 %. La qualité des emplois obtenus s’est également légèrement dégradée, notamment pour les jeunes sortis sans diplôme du supérieur, avec une part moindre d’emplois à durée indéterminée, et une part plus importante de temps partiel. Enfin, le salaire médian des jeunes sortant du système éducatif est globalement stable, en tenant compte de l’inflation.

La Revue du projet, n° 55, mars 2016
 

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