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Le salaire horaire des femmes reste inférieur de 16,3 % à celui des hommes

En 2012, la rémunération annuelle nette d’une femme était inférieure de 25,7 % à celle d’un homme. Cet écart important ne reflète pas directement une inégalité de salaire sur des postes équivalents. Pour déterminer le plus précisément possible celle-ci, il convient de tenir compte de facteurs liés plutôt à la nature des postes occupés par les femmes ou les hommes (horaires, types de métier etc.). Soulignons toutefois que si les écarts de salaire liés à ces facteurs peuvent apparaître plus « objectifs » (par exemple ceux dus à la différence du nombre d’heures travaillées), ils n’en demeurent pas moins le fruit d’inégalités importantes sur la place respective des femmes et des hommes au sein du marché du travail.

Le premier facteur à prendre en compte tient donc au nombre d’heures effectuées par an. Les femmes occupent en effet plus fréquemment que les hommes des postes à temps fractionné ou à temps partiel. Ainsi, alors que 43,5 % des postes sont occupés par des femmes, leur temps de travail ne représente que 40,5 % du temps de travail total. Pour tenir compte de cet écart, il convient de regarder non pas la rémunération annuelle, mais la rémunération horaire. L’écart se réduit légèrement, puisque le salaire horaire net moyen des femmes est inférieur de 16,3 % à celui des hommes (au lieu de 25,7 % pour la rémunération annuelle).
Deuxième facteur important : le type de métier occupé. Hommes et femmes n’occupent pas les mêmes postes. Les femmes sont ainsi plus nombreuses dans des familles de métiers où la rémunération est plus faible. Cette inégalité de répartition induit un écart de salaire de 3,5 % entre les femmes et les hommes.

Au sein de chaque métier, il subsiste donc une différence salariale de 12,8 % entre femmes et hommes, du point de vue du salaire horaire. Là encore, des effets de structure peuvent jouer, liés par exemple à l’âge ou au secteur d’activité. Ces effets expliquent moins d’un cinquième de l’écart observé, soit 2,3 %. Finalement, en tenant compte de l’ensemble de ces effets de structure, un écart salarial de 10,5 % subsiste entre les hommes et les femmes. Cet écart est qualifié dans la littérature sociologique et économique de « part non expliquée » (par des effets de structure), et c’est celui-ci qui peut être interprété comme l’effet de la discrimination salariale entre les femmes et les hommes sur des postes équivalents. Celui-ci est donc sensiblement inférieur à ce que pourrait laisser penser une approche globale, comparant directement le salaire annuel des femmes et des hommes, mais il reste toutefois important.  

 

La Revue du projet, n° 53, janvier 2016
 

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