La revue du projet

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Débat mosellan

Ce mois-ci, Isabelle De Almeida, présidente du conseil national du PCF et responsable nationale adjointe du projet, témoigne des échanges suscités par une rencontre organisée autour du texte en Moselle.

Le 10 novembre, la fédération de la Moselle du PCF organisait une rencontre à partir du texte La France en commun que le comité du projet avait présenté et rendu public le 20 mai.

Une quarantaine de participants, quasiment tous adhérents du PCF étaient présents, alors que nous étions mobilisés par la bataille des élections régionales.

Après une présentation de vingt minutes du document et surtout de la démarche, des objectifs du texte, de l’invitation à l’enrichir, le critiquer, pendant deux heures plusieurs participants ont soit donné leur avis sur le texte, soit donné un point de vue sur la situation et sur les batailles à mener.
Mais avant de faire circuler la parole, Jacques Maréchal, le secrétaire départemental avait demandé à une camarade, jeune adhérente du PCF, Sarah, de lire et de faire la critique de La France en commun.
Un exercice intéressant pour nous, pour moi, afin de mieux percevoir comment ce texte est reçu et peut être utile aux militants, pour qu’ils puissent se l’approprier et qu’ils puissent aussi le faire connaître, le soumettre autour d’eux, y compris pendant la campagne des régionales.
Sarah a donc livré son avis, elle avait d’ailleurs écrit son intervention : en voici plusieurs extraits :

Mettre l’être humain au centre
« Tout d’abord, je suis heureuse de voir qu’on parle dès les premiers mots des femmes et des hommes. Ça donne tout de suite le ton : nous voulons mettre l’être humain au centre, et pas la recherche du profit et de la compétitivité.
Je suis heureuse aussi de voir qu’on ne reste pas cantonnés à la France, mais qu’on parle de l’Europe et du reste du monde. Nous ne pouvons plus nous contenter de lutter ici. Surtout avec les FN et les extrémistes qui font malheureusement beaucoup parler d’eux en ce moment. Notre action doit être internationale, en solidarité avec nos camarades, avec les peuples de tous les pays.
À qui s’adresse-t-on ? Qui veut-on toucher avec ce projet ? Nous parlons de femmes et d’hommes, de forces à mettre en commun… Tout le monde peut se sentir visé. Mais le risque aussi, c’est que personne ne se sente visé en particulier justement. Il me semble que le projet communiste agit pour les personnes qui font partie d’un certain milieu, d’une certaine classe. Celle qui subit plus qu’elle ne choisit. Les discriminations, le chômage, la précarité etc.

Développer une conscience de classe
Moi je trouve que, non seulement la classe ouvrière existe toujours, mais que de plus en plus de personnes en font partie.
Je pense qu’on a besoin de se rendre compte que d’autres vivent les mêmes choses que nous. Qu’on n’est pas seul à galérer et qu’on appartient à un milieu. Parce que si on ne sait pas à quel milieu on appartient, on ne sait pas avec qui on doit se battre et lutter !
Je pense donc qu’il est essentiel que dans la première partie de notre projet, on fasse apparaître ces notions de milieu ouvrier et de lutte des classes. Des gens pourront s’y reconnaître et se sentir concernés. Se rendre compte que ce projet de société qu’on veut porter, c’est aussi pour eux !

Dans cette première partie, on parle d’émancipation des travailleuses et des travailleurs comme facteur de transformation sociale. Je crois en effet que c’est primordial. Mais je trouve qu’on n’évoque pas assez le travail en commun avec les syndicats dans cette partie. On n’arrivera pas à agir sur l’emploi seul, il faut le faire main dans la main avec celles et ceux qui sont sur le terrain, dans les entreprises, les salariés eux-mêmes, et les syndicats.

Les chantiers d’action, j’en ai retenu trois :

• Je pense que l’emploi doit être une priorité. Le chômage est un fléau. Pas seulement au niveau économique, mais aussi au niveau personnel et social. Je suis donc contente que des propositions apparaissent pour que chacun ait un travail digne.

• Concernant le défi écologique, je pense qu’il est important d’éduquer les gens à cette question, mais sans faire peur. Ce qui est le cas aujourd’hui. On nous culpabilise, comme si on était, nous, les gens du peuple, seuls responsables de cette situation. Alors qu’on ne nous donne pas les moyens d’agir ! Prenons la question du bio par exemple qui n’est clairement pas accessible aux personnes en précarité et ça aussi c’est inégalitaire. Il faut rendre le bio accessible à tous.

• Pour ce qui est de l’éducation et de la jeunesse, j’ai vu qu’il est proposé d’augmenter le nombre de postes dans l’Éducation nationale. C’est essentiel. Et c’est important aussi d’augmenter les postes de conseillers d’orientation psychologues. Parce que si l’emploi est un défi, l’orientation en est un également. Il faut qu’on arrête de dévaloriser les filières professionnelles, et d’orienter des jeunes vers des voies qui n’ont pas d’avenir.
    
Redonner de l’espoir
Je pense que nous devons proposer un projet sans concession. Aujourd’hui, quand j’écoute mes copains, mes collègues ou même les personnes que j’accompagne dans le cadre de mon travail ; je les trouve en manque d’espoir. Résignés face à une situation et à des choix de la part de notre gouvernement qu’ils ont l’impression de subir sans qu’on leur demande leur avis. Je crois que nous, on peut leur redonner cet espoir ! Mais pour qu’on leur redonne, il ne faut surtout pas que nous-mêmes on parte battus d’avance »
D’autres participants ont dit leur satisfaction d’un texte qui dise ce que le Parti communiste propose comme axes de transformations et aussi des mesures concrètes : certains entrant dans le texte par l’une ou l’autre des parties.

Projet de changement de société ou projet de législature ?
Le débat s’est ouvert sur ce sujet. Plusieurs ont évoqué les questions européennes, la nécessité de parler du rôle des banques, de la dette comme aussi celle d’être un parti qui anticipe sur les changements de société qui fait de la prospective.
Sur la démarche politique, être capable non pas de dénoncer une situation mais d’aller plus loin : de la prendre en compte et de proposer de faire bouger le rapport des forces pour le transformer.

En conclusion, tous et toutes ont apprécié ce temps d’échange et sont repartis avec le texte, et pour certains l’envie de le faire connaître, de le lire soi même.
Pour ma part, la façon d’entrer en matière avec une première critique/ appréciation par un ou une camarade est à retenir pour la suite, et surtout l’envie de poursuivre dans les sections, fédérations la présentation de La France en Commun.

La Revue du projet, n° 53, janvier 2016
 

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