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Un consensus apparent, Séverine Charret et Pierre Crépel*

Alors, un dossier de plus sur le climat ! S’agit-il de coller à l’actualité à cause de la COP21 à Paris ? De répéter les mêmes constats ? De se joindre au chœur de ceux qui s’alarment du danger que le réchauffement climatique fait peser sur la planète et, accessoirement, sur ses habitants les plus pauvres ?

Ne nous laissons pas endormir par le consensus apparent... D’abord parce que la défaite des climato-sceptiques, n’empêche pas, outre-Atlantique, le milliardaire Donald Trump, candidat à la primaire républicaine, de déclarer qu’il ne croit pas au changement climatique... Ensuite, parce qu’au-delà des incantations sur l’urgence d’agir, les divergences sur les solutions sont profondes. Et l’hypocrisie jamais bien loin...

Une grande hypocrisie
Juste deux exemples. En France d’abord. D’un côté, Docteur Hollande, héraut d’une France vertueuse dans la lutte contre le réchauffement climatique, exhortant, à la tribune des Nations Unies, les chefs d’état à se mobiliser et annonçant une augmentation des financements climatiques de la France (+ 2 milliards... à mettre en regard des 40 milliards d’aides au patronat... On voit bien où sont les priorités !). De l’autre, Mister Hollande dont la politique – casse du frêt ferroviaire, promotion du transport de voyageurs par bus, abandon des zones rurales par les services publics, poursuite de la désindustrialisation locale....– est désastreuse, aussi, pour l’environnement.
Hypocrisie également de l’Union européenne qui affiche une réduction de ses émissions de gaz à effet de serre en oubliant que le « mérite » en revient en partie à l’austérité mais aussi aux délocalisations qui lui permettent de faire supporter par les pays émergents le coût environnemental de son niveau de vie.

Le capitalisme, même repeint en « vert »,
n’est pas « un allié »
pour la planète

En 2006, l’écho que reçurent le film et l’ouvrage d’Al Gore Une vérité qui dérange signait le début d’une prise de conscience médiatique mais aussi l’idée que la technique (les panneaux solaires, la voiture électrique...) associée au marché (celui du carbone par exemple) seraient une solution. À l’individu – pardon au consommateur – ensuite de se montrer responsable par ses « décisions d’achat, [sa] consommation d’électricité, le choix de [sa] voiture, [son] mode de vie ». Le récent exemple des moteurs truqués de Volkswagen est là pour nous rappeler à quel point le capitalisme, même repeint en « vert », n’est pas « un allié » pour la planète, lui qui se soucie déjà si peu des conditions de travail et de vie des salariés.
Pour nous communistes, il faut dépasser l’opposition stérile entre « grande politique » et engagements individuels, réfléchir à nos modes de production et nos modes de vie, penser la dimension internationale et globale de la question climatique sans perdre de vue que la défense de notre environnement est intimement liée à la lutte pour les droits humains et que le capitalisme, qui est responsable de l’état de la planète, n’est pas une solution...
Nous avons donc choisi, pour ce dossier, de faire appel aux secteurs de travail du PCF mais aussi de donner la parole à des chercheurs et des militants, communistes ou issus de la société civile…

Après les débats organisés à la Fête de l’Huma et au siège du PCF sur la COP21, la parution d’un numéro de Progressistes sur le climat, des initiatives programmées dans les Fédé­rations (Puy-de-Dôme, Rhône et Morbihan pour commencer), ce dossier montre bien l’intérêt du PCF pour les questions environnementales, mais aussi la vitalité de sa réflexion et de ses propositions. Bien loin de l’image caricaturale que certains lui font porter.
En complément, vous pourrez lire dans le numéro de novembre de Progressistes des contributions de scientifiques (climatologues, physicien, biologiste) sur :
- L’état du réchauffement climatique  et l’urgence d’agir ;
- Les émissions de CO2 ;
- Le réchauffement, l’acidification et la montée des océans.
Ainsi que des réflexions de syndicalistes, militants associatifs sur l’action des COP, les transferts de technologie, le rôle des services publics, les femmes et le réchauffement climatique...

*Severinne Charet est co-responsable de la rubrique Production de territoires.
Pierre Crépel est responsable de la rubrique Sciences. Ils sont les coordonnateurs de ce dossier.
 

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