La revue du projet

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« Regards sur le Parti socialiste aujourd’hui »

Cahiers du LEM, 2015
Par Laure Durand
Le Lieu d’études du mouvement des idées et des connaissances (LEM) vient de publier le troisième volume de ses cahiers. Pour l’essentiel, il s’agit d’un texte de 2014 écrit à 14 mains, au terme d’un long travail de lectures et d’auditions coordonné par Michel Laurent. Consacré au Parti socialiste, il n’a pas la prétention d’en dresser une chronique, intégrant toutes les « petites phrases » méditées dans telle ou telle agence de communication. Pareil projet est périmé sitôt achevé. Tout au contraire, cette brochure – disponible en ligne (http://lem.pcf.fr/) et sous format papier auprès du LEM au siège national du Parti communiste – s’emploie à mettre en perspective et à penser, dans ses lignes de force, le Parti socialiste tel qu’il est devenu. Organisés en trois grandes parties, ces cahiers du LEM s’ouvrent d’abord sur une approche historique (« Où en est le Parti socialiste ? »), permettant de mesurer les principales évolutions du PS, dans les mots, dans les actes, dans les personnes. Elle se termine par un verdict médité : le PS est face à « une crise sans précédent par son ampleur ». La deuxième partie, pleinement dans l’esprit et la fonction du LEM, s’attache à penser le PS dans son rapport à la société ou, plus exactement, les rapports, représentations de la société touchant au PS (« Où en est la société française vis-à-vis du Parti socialiste et de la gauche ? ») – avec des incursions au-delà même du seul PS. Appuyés sur un grand nombre d’études, les auteurs passent ainsi au crible les idées (reçues) sur la droitisation de la société, sans masquer les recompositions qui s’opèrent ni la défiance qui grandit. Enfin, et là tient sans doute un des plus vifs intérêts du texte, le document se termine par une troisième partie consacrée aux conséquences « pour la politique de rassemblement du Parti communiste ». Les auteurs affirment ainsi : « La crise politique actuelle n’est pas une crise des valeurs de gauche. Elle est celle d’une gauche politique dans laquelle le Parti socialiste, parti dominant, assume son libéralisme économique. Elle est celle, non encore dépassée, d’une gauche politique dans laquelle les forces qui se réclament d’une réelle rupture n’ont pas, prises ensemble, offert jusqu’à présent une alternative crédible. » N’esquivant pas les débats qui traversent le Front de gauche, ils interrogent : « Doit-on considérer que pour avancer dans le sens du dépassement du capitalisme, il faut déjà que les idées de transformation sociale aient acquis, pour l’essentiel une position dominante au sein de la gauche ? Ou bien, ne faut-il pas penser que face aux obstacles à surmonter par notre peuple sur une longue période, des majorités seront de multiples fois à construire et à reconstruire ? ». Au total, quatre « axes pour un dépassement conquérant » sont proposés : construire des « axes forts, des identifiants, potentiellement majoritaires de la société de demain » ; rassembler au-delà des étiquettes et en travaillant les déclinaisons au plus près de la vie, avec cette boussole « il n’y a pas d’issue en dehors du rassemblement sur les contenus » ; investir le « local » comme solution, échelle où peut se donner à voir la possibilité d’un changement réel, concret ; enfin, « réinstaller le débat politique de réflexion autour des valeurs de gauche ». Autant dire que ces cahiers constituent un substantiel apport au débat communiste, bien au-delà de leur objet – le PS.

La Revue du projet, n°50, septembre 2015
 

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