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Si les symptômes persistent, consultez un poète, Francis Combes

Le Merle moqueur, 2013.

Par Natacha Villo

Francis Combes, bien connu des lecteurs de notre revue pour parler des poèmes des autres, ne reste pas en marge de la production poétique, y traçant son sillon depuis bien des années déjà. Son dernier recueil : Si les symptômes persistent, consultez un poète. Comme le titre l’indique d’emblée, point d’ésotérisme gratuit qui tomberait sous la juste critique de Nietzsche : troubler ses eaux pour les faire croire profondes… Francis Combes propose de reprendre un chemin aujourd’hui peu foulé après qu’il eut ses heures de gloire de Hugo à Aragon : la poésie politique – en faisant même le sous-titre du recueil. On connaît le jugement tardif des surréalistes sur la poésie de la Résistance : Le déshonneur des poètes (Benjamin Péret). Eh bien va pour le déshonneur mais disons tout de suite qu’il est de salubrité publique. Sans sacrifier rien d’une exigence formelle, Francis Combes expose une poésie qui dessille lorsqu’il s’empare du mendiant et de ses « choses vues », du sens de notre monde capitaliste tel qu’il va. L’humour n’est toutefois jamais loin et il est jubilatoire quand Francis Combes se fait « le baladin de la zone commerciale ». Dans une langue simple, une langue juste, le poète chante notre temps, non sans l’inscrire dans une longue histoire littéraire et humaine. Par la force du vers, un monde se dit comme dans « Collaboration de classes » :
« Nous gagnons notre vie
À la sueur de vos fronts »
Un autre se dessine, en œillets ou en coquelicots. Les symptômes persistant, on ne saurait trop recommander de le consulter, ce poète…
 

La Revue du projet, n°38, juin 2014
 

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