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Visages, Picasso, Magritte, Warhol…

Du 21 février au 22 juin 2014, le Centre de la Vieille Charité de Marseille présente l’exposition Visages, ayant pour thème transversal la représentation de la figure humaine dans l’art moderne et contemporain. Sont ainsi réunies cent cinquante œuvres – comprenant photographies, peintures, vidéos et sculptures – de quatre-vingt-dix-sept artistes.

 

 

Pablo PICASSO
Femme au miroir  / 1959
Huile et ripolin sur toile, 100 x 81 cm
Fondation Jean et Suzanne Planque
En dépôt au Musée Granet, Aix-en-Provence
© Succession Picasso, 2014
Cliché Luc Chessex

Se libérant des codes de la représentation, les portraits du XXe siècle expriment davantage la subjectivité du modèle. Il ne s’agit plus pour l’artiste de réaliser un portrait réaliste mais de voir au-delà, de faire ressurgir les mécanismes de la pensée dans un contexte de transformations brutales de la société, marqué par la deuxième révolution industrielle, l’atrocité des guerres et la montée de l’individualisme. Devant ces bouleversements sociaux, politiques et scientifiques, l’homme semble devoir se repositionner face à ce nouvel environnement. Il apparaît alors étranger au monde, tout autant qu’à lui-même. À travers des portraits psychologiques, c’est cette étrangeté que les artistes ont tenté de représenter de différentes manières selon les mouvements qui se succèdent tout au long du XXe siècle jusqu’aujourd’hui.
L’exposition propose ainsi trois univers, trois représentations de l’individu.
Les « Visages de la société » présentent l’individu dans un monde en évolution permanente. Les tares et les blessures d’une époque sont mises en avant. Dans les années 1960, Warhol dénonce la société de consommation, le superflu qui s’empare de la personnalité. L’individu est représenté dans un univers urbain. Les artistes dépeignent la figure humaine, entre effacement et hyperréalisme. La perte de repère, l’anonymat, la vulnérabilité et les doutes de l’homme dans une société en reconstruction sont ainsi mis en lumière.

Les portraits « Visages de l’intimité » instaurent un rapport plus personnel avec le spectateur. Les personnages sont mis à nu au sein d’espaces intérieurs et secrets. Le désarroi et l’inquiétude sont alors manifestés. La femme au miroir de Picasso, exprime les facettes d’une personnalité multiple. Par cette déroutante promiscuité, un sentiment d’étrangeté est encore une fois présent.
Les « Visages de l’esprit » invitent le visiteur à se questionner sur ce qui se cache derrière les apparences. Les artistes, chacun à leur manière, cherchent à dérouter en dévoilant un univers mental énigmatique, comme l’illustrent les mystérieuses pommes masquées de Magritte. Par la juxtaposition d’objet, la conjugaison de formes animales et humaines, l’individu se retrouve face à ses tabous, ses fantasmes et ses désirs.
La Chapelle, enfin, présente un ensemble de têtes sculptures, illustrant ainsi le précepte lancé par André Breton en 1924 dans le manifeste du surréalisme, et représente « le fonctionnement réel de la pensée ».

Le portrait témoigne de l’humanité et de l’individualité de l’homme. Longtemps attachés à la ressemblance avec le sujet, les artistes du XXe siècle s’éloignent peu à peu de la réalité. L’exposition Visages plonge ainsi le visiteur dans la psychologie de l’être humain. À travers le portrait, l’artiste capte ses différentes facettes. Il met à nu ses craintes et ses faiblesses. Le spectateur se retrouve alors face à sa propre vulnérabilité, dans une société en mutation permanente où l’individu est en quête constante de repères.

Ambre Blondeau
 

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