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La Métropole lyonnaise, Danielle Lebail, Marie-France Vieux-Marcaud

Créée en 1966, la communauté urbaine de Lyon n’a vraiment fonctionné qu’à partir de 1969. Elle a récupéré à cette époque des fonctions techniques, mais en 40 ans, l’agglomération s’est élargie tant en nombre de communes, qu’en compétences transférées. Aujourd’hui, le Grand Lyon a compétence sur l’eau, l’assainissement, la voirie, la propreté, mais aussi l’urbanisme et l’aménagement, le développement économique, l’environnement, la prospective, l’habitat, le logement social et les transports en commun.

Un déni de démocratie
Le 16 avril 2012 le « pôle métropolitain » est lancé, en dehors des populations et des communes concernées. De la décision des seules intercommunalités, il réunit le Grand Lyon, Saint-Étienne métropole, l’agglomération Portes de l’Isère et la communauté d’agglomération du Pays viennois. Une nouvelle institution qui couvre un territoire disjoint sur trois départements. Mais en décembre 2012, coup de tonnerre : avant tout débat national MM. Collomb et Mercier, respectivement sénateur maire de Lyon et sénateur président du conseil général du Rhône, annoncent la création de la métropole lyonnaise sur le territoire des 58 communes du Grand Lyon, et la fusion avec le département. Le département du Rhône ne sera maintenu que sur le reste du territoire, sa partie rurale. Les élus, a fortiori la population, sont informés par la presse. C’est un véritable coup de force, un déni de démocratie.

Une décision nocive
Cette réorganisation spatiale s’impose au détriment de toute l’autre partie du département, laissé pour compte où les populations se sentent d’ailleurs abandonnées depuis longtemps. Il semble en effet évident que l’objectif poursuivi de faire une métropole en concurrence avec les autres grandes métropoles européennes ne laissera pas de place à la mutualisation, aux coopérations, ni même à l’autonomie des communes, à l’égalité entre les territoires, encore moins à la réponse aux besoins sociaux et démocratiques des habitants. Il faut dire qu’au grés de la mondialisation capitaliste, Lyon est devenu une plateforme financière au plan européen, mais aussi mondial. Et ne pouvant « rivaliser » seule, les villes de sa périphérie sont indispensables à son développement économique et financier : c’est dans les villes de banlieue, populaires, que l’on trouve du foncier disponible et attractif pour l’activité économique et la construction de logements. Mais la « future » métropole lyonnaise n’aura plus rien à voir avec le Grand Lyon existant, qui a su, lui, être utile dans certains domaines, même si le fonctionnement de celui-ci demandait une vraie révolution citoyenne.
Aujourd’hui, dans le concret des choses, les transferts de compétences, de missions, de personnels entre le département et la métropole, la recherche de financement pour faire vivre le département devenu essentiellement rural et sans ressources, la difficulté à se positionner vis-à-vis de la région (compétence économique ?), font apparaître, si cela restait à démontrer, la nocivité de cette décision. C’est dans cet esprit que les communistes du Rhône et les élus de l’ADECR ont mis à disposition de la population, des associations, et des élus, une pétition demandant un référendum.

Par Danielle Lebail,  
secrétaire de la fédération PCF du Rhône,
et Marie-France Vieux-Marcaud,
présidente de l’ADECR du Rhône.

La Revue du projet, n° 32, décembre 2013
 

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