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La fracture numérique se réduit mais reste importante, Michaël Orand

L’usage d’Internet par les Français est aujourd’hui massif : lorsqu’on les interroge sur leurs usages, les trois quarts d’entre eux déclarent avoir utilisé Internet durant les trois mois précédant l’enquête, et 60 % d’entre eux déclarent l’avoir utilisé tous les jours ou presque. Ce taux d’utilisation place les Français parmi les plus gros utilisateurs européens. Par ailleurs, cet usage est actuellement dans une phase de développement rapide : entre 2007, où le taux d’utilisation était de 56 %, et 2012 ce sont en effet 20 % de Français en plus qui utilisent Internet régulièrement.

Alors que leur place médiatique est très importante, les réseaux sociaux restent un usage relativement minoritaire d’Internet, puisque seuls 30 % des internautes déclarent avoir utilisé Internet pour s’y connecter (graphique 1). Le courriel reste l’usage principal du réseau, avec deux tiers des internautes concernés, suivi de la consultation des comptes bancaires, qui concerne la moitié des internautes.

Entre 2007 et 2012, la hiérarchie des usages d’Internet reste relativement la même, mais on constate tout de même que certaines activités prennent une place de plus en plus importante. C’est en particulier le cas des ventes aux enchères, dont l’usage a plus que triplé en cinq ans, passant de 6 % à 25 % des internautes.

Cependant, à l’heure où les usages d’Internet se multiplient, et où la tendance est plutôt à le rendre indispensable, ce sont évidemment aux 25 % de Français n’y accédant pas avec régularité qu’il convient de s’intéresser. Depuis 2007, la fracture numérique s’est sensiblement réduite, puisqu’on est passé de 44 % à 25 % seulement de non-utilisateurs réguliers d’Internet, mais cela ne doit pas nous rassurer pour autant : moins les non-utilisateurs d’Internet seront nombreux, plus ils seront de fait exclus.

Ces non-utilisateurs, justement, qui sont-ils ? Comme on peut l’imaginer aisément, la fracture numérique est avant tout générationnelle : alors que plus de 90 % des Français nés après 1970 sont des utilisateurs réguliers d’Internet, c’est le cas de moins d’un tiers des Français nés entre 1930 et 1949, et de moins de 10 % des Français nés avant 1930 !
Plus rassurant, alors que la fracture numérique, en 2007, était aussi socialement marquée, les écarts liés à la catégorie socioprofessionnelle se réduisent très sensiblement en 2012 (graphique 2). Les cadres et professions libérales restent ceux parmi lesquels les internautes réguliers sont les plus fréquents, et les ouvriers ceux parmi lesquels ils sont le moins fréquents. Mais l’écart entre ces deux catégories qui était de près de 45 % en 2007 (97 % pour les cadres contre 53 % pour les ouvriers) s’est réduit à 15 % en 2012 (99 % pour les cadres contre 84 % pour les ouvriers).

 

Graphique 1 - les utilisations d’Internet
en 2012 et 2007 (en %)

Graphique 2 - taux d’internautes selon la catégorie socioprofessionnelle en 2007 et 2012 (en %)

 

 

Enfin, en guise de conclusion, il convient de relativiser encore une fois l’importance d’Internet dans la vie quotidienne des Français, dont le reflet médiatique est parfois trompeur. En matière de temps passé devant l’écran, l’ordinateur reste en effet loin derrière la télévision : alors qu’ils passent environ trois heures en moyenne par jour devant cette dernière, les Français ne passent que trois quarts d’heure par jour devant leur ordinateur, tablette ou smartphone. D’ailleurs, il semble que du point de vue du temps passé, l’influence de la catégorie sociale sur les usages reste très importante : c’est en effet chez les ouvriers qu’on continue à regarder le plus la télévision et à utiliser le moins un ordinateur.

 

La Revue du projet, n° 29, septembre 2013

 

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