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Un pôle public du médicament, Jean-Luc Gibelin

Les scandales sanitaires sont liés avant tout à la recherche obsessionnelle du profit. Nous voulons mettre un terme à ce système de collusions et de conflits d’intérêts manifestes. Nous sommes pour la transparence mais également pour la mise en place d’un réel contrôle démocratique assuré par un pôle public. Il sera composé de plusieurs collèges :
- un comprenant les entreprises pharmaceutiques du médicament ;
- un comprenant les professionnels de santé notamment le corps médical ;
- un comprenant les usagers, les ayant droit à la santé ;
- un comprenant les représentants de l’Assurance maladie ;
- un comprenant les élus de la population (territoriaux et parlementaires).
Nous voulons mettre en place au moins une entreprise publique de la recherche, de la production et de la distribution du médicament. La pharmacie centrale des hôpitaux de Paris assurait à son échelle ces trois missions. C’est donc possible.
Nous voulons peser sur les axes et les priorités des recherches médicales pour répondre aux besoins sanitaires et non aux profits des actionnaires comme c’est le cas actuellement.
Nous voulons sortir le médicament de la sphère du profit pour en finir avec les conflits d’intérêts, y compris au plus haut niveau de l’État.
Nous voulons que le médicament corresponde aux attentes de la médecine. Nous tenons à ce que son conditionnement corresponde aux prescriptions communément reconnues plutôt qu’à la recherche du profit avec des conditionnements imposant l’achat supplémentaire et le gaspillage dans la logique du marché.
Nous voulons assurer une information collective de qualité sur le médicament. Nous voulons assurer l’indépendance de la formation médicale et professionnelle à l’égard de l’industrie pharmaceutique.
Sortir le médicament du marché, c’est indispensable sur le plan éthique ; c’est utile du point de vue scientifique et de l’innovation de la recherche ; c’est bon pour la santé publique, pour l’économie du pays et pour la protection sociale solidaire. Un médicament utile doit être remboursé à 100 % par la Sécurité sociale ; s’il n’est pas utile, il ne doit pas être considéré comme médicament.
Nous voulons faire du médicament un bien commun universel !
Nous considérons que ce pôle public doit trouver des prolongements à l’échelle européenne ainsi qu’au plan mondial par une nouvelle politique de coopération internationale à construire. n

Jean-Luc Gibelin est responsable du secteur Santé-Protection social du conseil national du PCF.

La Revue du projet, n° 27, mai 2013
 

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