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États de choc. Bêtise et savoir au XXIe siècle, Bernard Stiegler

Paris, Mille et une nuits, 2012.

Par Fabien Ferri

Le temps est venu de la responsabilité collective et du réengagement politique le plus fort possible dans une situation de crise économique, politique et éducationnelle planétaire extrêmement dangereuse. Cette crise généralisée résulte d’une bêtise systémique qui a elle-même été intériorisée par le monde académique comme un fait sans alternative possible : « C’est la possibilité d’une alternative à ce fait, et comme un nouveau droit, que le présent ouvrage veut affirmer ». L’une des grandes thèses de cet ouvrage est de soutenir que le savoir ne peut pas être opposé à la bêtise. Écrire une économie dans laquelle la bêtise et le savoir ne sont jamais en opposition, mais en composition, tel est l’un des enjeux de cet ouvrage critique et programmatique. La question du savoir est liée à celle de l’individuation ; celle de la bêtise, à la désindividuation. La bêtise est ainsi ce qui consiste à se laisser dominer par la pulsion et le mimétisme et à renoncer à produire son désir, c’est-à-dire son individuation. Si on ne peut jamais vaincre la bêtise, on peut en revanche la combattre, comme le fait cet ouvrage. En établissant un bilan de la pensée post-structuraliste, Bernard Stiegler montre que celle-ci a renoncé à nuire à la bêtise, c’est-à-dire à la combattre. Toute critique de l’économie politique a été abandonnée par les intellectuels français qui ont été conduits à considérer comme une fatalité sans alternative possible le développement de la bêtise systémique. L’ambition de l’ouvrage est alors de relancer le programme d’une nouvelle critique de l’économie politique fondée sur une thérapeutique en élaborant une philosophie du choc technologique.

La Revue du projet, n° 21, novembre 2011
 

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