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Eugène Atget, Paris pour horizon

« On se souviendra de lui comme d'un historien de l'urbanisme, d'un véritable romantique, d'un amoureux de Paris, d'un Balzac de la caméra, dont l'œuvre nous permet de tisser une vaste tapisserie de la civilisation française. »
Berenice Abbott

 

En approchant les différents sujets abordés par Adget on se plaira, sans jamais se lasser, à reconnaître des lieux familiers mobilisant nos souvenirs et mettant notre quotidien en perspective. On sera ému de retrouver des ambiances qui demeurent quasiment inchangées, on s’étonnera dans d’autres cas de la manière dont le XXe siècle et l’ère industrielle auront, à des degrés divers certes, précipité et dévoyé cet imaginaire dans le règne de l’uniformité et de ses contraintes.
C’est davantage l'esthétique que l'esprit d'une époque que retiennent ses clichés. Comme le dira fort justement Walter Benjamin : «  Sitôt que la figure humaine tend à disparaître de la photographie, la valeur d'exposition s'y affirme comme supérieure à la valeur rituelle. Le fait d'avoir situé ce processus dans les rues de Paris 1900, en les photographiant désertes, constitue toute l'importance des clichés d'Atget. »

Ce défricheur nous lègue un héritage inestimable qui fait témoigner, avec une portée encyclopédique, la poésie et les secrets que libère l’urbanisme.  
Lumière parfaitement répartie, clair-obscur méthodique, souci permanent et singulier de l'architecture, cadrages ne laissant jamais place au hasard... l'ambiance feutrée des décors est si parfaitement agencée qu'elle pourrait laisser croire à une mise en scène de la capitale aux accents cinématographiques.

On oscille ainsi constamment entre la recherche d'une vérité de l'instant et l'exigence fixée par une composition des images d'une précision et d'une intensité théâtrales.
Si la reconnaissance d'Adget a été tardive on ne peut pas douter – cette rétrospective achève de nous en convaincre – que l'influence de ce dernier sera à la fois déterminante dans l'émergence de la photographie documentaire et motrice dans l'épanouissement de la photographie moderne.
Une fois n'est pas coutume c'est un travail de valorisation de la mémoire photographique considérable qui a été ici entrepris (grâce aux fonds importants constitués au fil des ans par le musée Carnavalet, archives qui ont été complétées par celles de la George Eastman House de Rochester et des collections de la Fundación Mapfre à Madrid).

http://blogs.mediapart.fr/blog/nicolas-dutent/010612/eugene-atget-paris-pour-horizon
Nicolas Dutent
 

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