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Journaliste, syndicaliste, communiste, Jean-François Téaldi

Editions Tirésias, 2017

Par Léo Purguette

 

Jean-François Téaldi signe un ouvrage-témoignage riche en anecdotes sur ses trente-sept ans de militantisme syndical et politique dans l’audiovisuel public.

Journaliste, syndicaliste, communiste. Trois mots qui résument à eux seuls la vie de Jean-François Téaldi et le contenu de son livre.

Loin d’une autobiographie monolithique, l’auteur nous fait partager, à travers une série de notes de quelques pages chacune, les souvenirs marquants de sa vie professionnelle. Une préface d’Hervé Bourges, qui fut président-directeur général de France Télévisions, un avant-propos de Marie-George Buffet et de Bernard Thibault et un entretien avec Marcel Trillat complètent le portrait d’une figure du syndicalisme du petit écran qui a fait ses premiers pas de journaliste à Nice-Matin à la fin des années 1970 avant d’en être écarté du fait de ses opinions.

Riche en anecdotes, documenté, ce livre donne à voir la bataille quotidienne pour l’indépendance des rédactions dans l’audiovisuel public. Vis-à-vis des directions mais aussi des élus, notamment ceux de la Côte d’Azur qui supportent difficilement son indocilité. « Je sais bien que vous voudriez que mes idées aient la couleur de votre veste », lui lance ainsi sur un plateau Jacques Peyrat, candidat de droite, passé par le FN, aux municipales de Nice en 1995, alors que Jean-François Téaldi est vêtu d’un veston rouge.

Entre autres épisodes mémorables : l’Albanie d’Enver Hoxha, filmée en caméra cachée, les mises au placard de journalistes pour cause de look, les révélations sur l’implication d’une tête de liste FN dans le massacre de la villa Montfleury pendant la guerre... Jean-François Téaldi rapporte la mobilisation des journalistes de France 3 en 1994, jusque dans le bureau du procureur de Nice pour qu’il leur restitue une cassette saisie sans mandat dans le but d’identifier les participants à une grève des gardiens de prison.

Il rapporte aussi les mesquineries auxquelles il fut confronté en tant que cadre, responsable syndical et communiste qui plus est. Lorsqu’en 1992, il est nommé rédacteur en chef adjoint en commission paritaire, un petit papier est glissé dans toutes les boîtes aux lettres des salariés : « Faire part : monsieur Alain Castanié, rédacteur en chef de France 3 Côte d’Azur a la douleur de vous informer de la nomination de M. Jean-François Téaldi au poste de rédacteur en chef adjoint survenue dans sa quarantième année ». Il bataille pour faire respecter son « droit de citoyen » à intervenir dans les meetings de Marie-George Buffet en 2007. En 2012, il participe à la campagne de Jean-Luc Mélenchon tout en reconnaissant « ne pas avoir réussi à le convaincre de ne pas confondre les journalistes de terrain avec les propriétaires des média dominants ».

Un livre passionnant et accessible au grand public. 

 

La Revue du projet, n°68 juin 2017

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