le 28 septembre 2012

Des individus cagoulés s'en sont pris avec violence en pleine journée, mercredi, aux locaux de la Fédération du Rhône du Parti communiste français. Interpellés dans les heures qui ont suivi, ces personnes ont revendiqué leurs actes et leur appartenance à divers groupuscules d'extrême droite se réclamant de l'œuvre française. Ce n'est pas la première fois – graffitis insultants, croix celtiques, jet de fumigène – de plus en plus violents, ces activistes ont deux buts précis : instaurer un climat de terreur et faire parler d'eux.
De tels agissements doivent encourir de sévères sanctions pénales car ce type d'attaques se multiplie. Déjà des locaux de militants associatifs du Rhône mais aussi, ailleurs en France, comme dans les Hauts-de-Seine, une permanence du Front de gauche, ont été pris pour cibles. Les communistes, les démocrates et les républicains ne se laisseront pas faire, ni entraîner dans la panique.
À leur crasse et dangereuse ignorance, à leur agressivité, nous opposons l'intelligence, le rassemblement et le sang-froid. Ces énergumènes seront impuissants à nous détourner de notre action politique pour la justice sociale, la liberté et l'égalité.
Je veux assurer les communistes du Rhône de mon soutien et les assurer de la solidarité de leurs camarades de toute la France.
Par Jacques Fath, le 25 septembre 2012

Faut-il condamner les caricatures de Charlie Hebdo au nom du respect des religions ? Faut-il au contraire affirmer l'exigence de la liberté d'expression ?
Le PCF, évidemment, ne transige pas sur le principe des libertés et notamment la liberté de la presse. Même si on voit bien que les dessins publiés ne sont pas sans conséquences et provoquent des tensions nationales et internationales.
Ces tensions, cependant, sont surtout le révélateur de problèmes plus profonds. Les causes réelles de ces tensions se trouvent partout où le sentiment populaire existe que la politique des Etats-Unis, plus généralement du monde occidental, mais aussi de l'OTAN, de l'Union européenne... bafouent l'identité arabe, la souveraineté, la dignité des peuples concernés. Il y a des raisons à cela, des raisons politiques qui sont à l'origine de cette colère profonde qui ne cesse de marquer le monde arabe depuis des dizaines d'années et qui est aussi un des multiples déterminants politiques de ce qu'on appelle le Printemps arabe. Dans le passé le plus récent les réalités et les événements de l'histoire qui ont nourri cette évolution sont nombreux :
La responsabilité essentielle, fondamentale, appartient à ceux qui se refusent à apporter des solutions aux problèmes posés et ne laissent aucun espoir à des peuples qui reçoivent comme une humiliation le sort qui leur est fait. Ce sont d'abord eux -dirigeants des principales puissances occidentales- qui jouent avec le feu. L'UE n'a fait que suivre ce train dangereux d'une histoire qui risque de finir mal. Elle a une responsabilité énorme vis-à-vis du monde arabe sur les plans économique, social et politique et notamment quant à la question de Palestine. Elle a été jusqu'ici incapable d'y faire face. C'est pourtant un enjeu important, pour l'avenir, de la construction européenne et de sa refondation nécessaire.
Depuis des années les dirigeants des puissances occidentales ont ainsi creusé le lit de ce que Jean Ziegler appelle "la haine de l'Occident" dans le monde arabe et plus généralement dans le monde musulman. Les ressentiments populaires sont instrumentalisés par différents courants de l'islamisme politique dans des contextes où les idées progressistes, la laïcité, les droits des femmes... sont des réalités faibles ou des conceptions combattues ou difficilement admises dans les pratiques sociales entretenues par les pouvoirs en place.
En France comme partout ailleurs la solution n'est pas dans la répression des salafistes et intégristes au-delà de ce qu'exige le respect de la loi pour toute personne. Elle n'est pas dans l'interdiction des caricatures ou l'auto-limitation dans la liberté de la presse. La polémique ouverte par les caricatures de Charlie Hebdo et d'autres faits, constitue un révélateur de problèmes majeurs issus du fait colonial, des intérêts stratégiques des puissances occidentales, de la pusillanimité consternante des Etats européens...
Il y a là un grand enjeu de la vision du monde que l'on veut promouvoir et de la politique internationale qu'on souhaite mettre en oeuvre. La France devrait montrer aux pays et aux peuples arabes qu'elle veut transformer la relation France/Europe/Monde arabe en poussant à des solutions de ces problèmes en particulier sur la question de Palestine, sur le refus des guerres, sur le changement de politique nécessaire pour développer une coopération positive et qui puisse profiter aux pays du Sud.
Obama - dont l'administration donne aujourd'hui des leçons - l'avait compris et, en juin 2009, il avait annoncé au Caire un "nouveau départ" avec le monde musulman. Il fit d'ailleurs de même avec l'Amérique latine ou encore la Russie. Il n'a rien tenu de ces annonces et il est aujourd'hui en difficulté. Sa propre politique a renforcé ceux qui le combattent en Irak où le pouvoir est aujourd'hui plus proche de l'Iran. Elle a renforcé ceux qui tuent ses soldats et chassent ses troupes d'Afghanistan et ceux qui viennent d'exécuter son ambassadeur en Libye...
N'oublions pas que ce ne sont pas les symboles islamiques, ce n'est pas le Coran qui posent problème. Ce sont les pratiques sociales. Comme le remarque Malek Chebel, avec le même texte fondamental on peut avoir l'Islam des Lumières ou bien l'Islam des Talibans… Pour alimenter ce qu'on appelle les Lumières il faut répondre à des attentes sociales essentielles et urgentes, affirmer et rendre légitimes un ensemble de valeurs universelles fondatrices pour la démocratie: liberté, égalité, justice, respect des droits, pluralisme...
Tout ceci appelle à dépasser le "choc des civilisations" comme thèse d'explication du monde, comme "réponse" politique et mode de confrontation idéologique face à ce qu'on appelle les menaces mais aussi les contradictions d'un monde en crise.
Jacques Fath
Responsable des relations internationales du PCF
le 19 septembre 2012

Après des années de conservatisme et de maintien des discriminations par la droite, des progrès pour l’égalité des droits à se marier et à fonder une famille sont annoncés par le Gouvernement, avec la présentation d’une loi en ce sens au Conseil des Ministres prévue le 24 octobre.
Le Collectif Fier-e-s et Révolutionnaires prend acte avec satisfaction du respect de cette promesse de campagne du candidat Hollande. Cette égalité des droits à s’aimer et à fonder une famille, reconnue par la République, avait été fermement revendiquée lors de la campagne du Front de Gauche.
Notre satisfaction n’est pourtant que partielle car cette égalité s’annonce bien incomplète. La Ministre de la Justice s’est en effet prononcée dans le journal La Croix du 11 septembre pour le maintien des discriminations dans l’accès à la procréation médicalement assistée. Aucun progrès n’est annoncé non plus concernant un droit simple à la filiation pour le/la conjointe, comme cela existe dans les couples hétérosexuels avec la « présomption de paternité ».
Pour le Collectif Fier-e-s et Révolutionnaires, il n’existe pas en République de citoyens plus égaux que d’autres, en particulier en raison de l’orientation sexuelle et de l’identité de genre. Ces demi-mesures seraient en outre une dangereuse invitation à un retour en arrière en cas de future majorité de droite, toujours hostile aux LGBT.
Nous rappelons l’engagement du PCF et de ses élu-e-s en faveur de l’égalité des droits au mariage et à la filiation, concrétisé par les propositions de lois de Marie-George Buffet en ce sens, redéposées à l’Assemblée nationale en juillet dernier, et qui incluent le droit à la PMA pour les couples de femmes et la facilitation du droit à la filiation.
Enfin, ce progrès dans l’égalité des droits s’inscrit dans un contexte socio-économique de crise, qui fragilise toujours la situation des minorités, et qui ne peut que s’aggraver par les mesures d’austérité promises. Un mariage, une famille sont des projets de vie : comment exercer pleinement ces nouveaux droits au mariage et à la filiation, sans travail, sans logement, sans les moyens nécessaires pour élever des enfants ? Dans ce cas, le Gouvernement nous promet certes le mariage… mais sans les petits-fours.
Le Collectif Fier-e-s et Révolutionnaires s’inscrira activement dans ce débat et participera aux différentes auditions mises en place par le Gouvernement pour y faire valoir ses positions, aux côtés de ses partenaires politiques, syndicaux et associatifs, et se tient à la disposition des médias afin que le traitement de ce dossier respecte le pluralisme et la diversité des points de vue.
le 28 août 2012

Quelques jours après les annonces gouvernementales, reçues favorablement tant par la gauche que par Bruxelles, quant à l'accueil des roms dans notre pays, le démantèlement d'un camps de roms à Evry (91) hier a bouleversé tous les démocrates. En particulier, les 4 millions d'électeurs du Front de gauche qui ont contribué par leur voix à la victoire de François hollande.
Les conditions de vie inacceptables dans les camps ne peuvent conduire à jeter a la rue des enfants, des femmes et des personnes âgées. Les hébergements d'urgence pour une durée de quelques jours ne peuvent que rendre les possibilités de logement un peu plus précaires, entraînant pour beaucoup d'entre eux la perte de leur emploi et même l'accès à la scolarisation, et renvoyant ces populations à la mendicité.
Le PCF regrette que le gouvernement n'ait pas eu le souci des conséquences de cette expulsion, sur les conditions de vie de ces hommes et ces femmes.
Être de gauche c'est se battre pour offrir les solutions. Les roms sont sédentaires et comme nombre de nos compatriotes, ils ont besoins d'un logement. Face a la crise du logement que connait notre pays il n'y a d'autres solutions durable que d'envisager un véritable plan Marshall de construction de logement sociaux.
À court terme il faut mettre en place un dispositif engageant l'état et les collectivités territoriales dans un esprit responsable et solidaire.
D'ores et déjà, des villes et des départements ont engagé des expériences porteuses d'avenir et d'espoir. Il faut en prendre la mesure et lancer une réflexion nationale et départementales s'appuyant sur ces expériences.
L'organisation de tables rondes nationale et départementales associant représentants du gouvernement, élus des collectivités territoriales et associations qui agissent auprès des familles dévient après les événements d'aujourd'hui le geste que doit produire le gouvernement Ayrault. Avant toute nouvelle initiative du ministre Valls, il faut imposer un moratoire sur les expulsions.
le 18 août 2012

le 05 août 2012

La démission de Kofi Annan de son mandat de médiateur pour l'ONU et la Ligue arabe est révélatrice de l'impasse dramatique de la crise syrienne. Malgré tous ses efforts pour maintenir la possibilité d'une solution politique et obtenir la fin d'un affrontement armé terriblement meurtrier et destructeur, la militarisation du conflit n'a cessé de s'accentuer en se muant en véritable guerre civile. Kofi Annan s'est heurté à une confrontation géopolitique régionale et internationale de grande dimension. Le Secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki Moon, a d'ailleurs appelé les grandes puissances à dépasser leur rivalités en déplorant explicitement une « guerre par procuration ».
Dans ce contexte, la mission de paix, initialement acceptée par tous est devenue impossible. Il revient maintenant à la France de prendre les initiatives nécessaires pour renouer le fil d'une diplomatie acceptable qui permette un consensus préservant la sécurité du peuple syrien et préparant un avenir démocratique pour le pays.
Le PCF exprime son inquiétude et ses vifs regrets qu'une telle mission n'ait pas pu réussir. Plus la confrontation armée s'exacerbe, plus il sera difficile de garantir l'unité du pays et du peuple syrien dans un État de droit qui garantisse les libertés. Cette grave situation laisse la porte ouverte à une poursuite très préoccupante de la militarisation, des violences et même de règlements de compte et d'exécutions sommaires. Les troupes de Bachar Al Assad y puisent un insupportable prétexte pour continuer une répression criminelle et leurs offensives militaires massives. Même le camp palestinien de Yarmouk, proche de Damas, a subit un bombardement aux conséquences tragiques.
Il faudra pourtant qu'une solution politique intervienne et traduise réellement les aspirations légitimes du peuple syrien et sa volonté de voir les droits humains enfin respectés.
Le PCF réaffirme sa solidarité avec toutes les forces qui agissent pour la démocratie, la souveraineté et la dignité humaine en Syrie, pour la fin d'un régime de dictature incapable d'assurer un avenir à son propre pays.
le 24 juillet 2012

Le PCF condamne la nouvelle attaque portée contre le camp de déplacés de Nahibly à l’ouest de la Côte d’Ivoire, ayant fait une dizaine de morts et des dizaines de blessés. La mission de l’ONU (ONUCI) censée protéger ce camp, s’est révélée une nouvelle fois incapable d’assurer la sécurité des populations déplacées.
Après la visite controversée le 2 juillet dernier, de Guillaume Soro, accusé de crime de guerres et crime contre l’humanité par la Cour Pénale Internationale, à notre Président de l’Assemblée Nationale Claude Bartolone, le Président François Hollande s’apprête à recevoir jeudi 26 juillet Alassane Ouattara, qui use de la répression comme mode de gestion de l'État depuis son accession au pouvoir.
Emprisonnements arbitraires, impunité du régime actuel concernant les violences meurtrières commises en 2011, non respect des engagements pris dans la mise en place d’un processus de « rassemblement et de réconciliation », violations des droits civils et politiques, les populations paient le prix d’une justice inéquitable.
Les autorités françaises, lors de cette rencontre, doivent exprimer l’exigence vis à vis des autorités ivoiriennes du respect des libertés, de l'État de droit en Côte d’Ivoire et de la sécurité des populations. La réconciliation nationale est plus que jamais nécessaire pour rétablir la paix. Celle-ci doit s’accompagner d’une véritable volonté politique pour faciliter le retour au pays des exilés et assurer la protection de toutes les populations vivant sur le sol ivoirien.
Le PCF réaffirme son soutien aux populations ivoiriennes qui subissent la dégradation de leurs conditions sécuritaires, sanitaires, sociales et économiques et s’engage à porter à L’Assemblée Nationale la nécessité de rompre avec une politique interventionniste, l’ouverture d’une commission d’enquête parlementaire concernant les responsabilités françaises dans la crise ivoirienne.
le 04 juillet 2012

A l'occasion de la commémoration officielle du cinquantenaire de l'indépendance de l'Algérie, le PCF tient à réaffirmer ce qu'il a rappelé en 2004, pour le 50ème anniversaire de l'insurrection algérienne du 1er novembre 1954 et en 2005 pour le 60ème anniversaire des massacres commencés à Sétif le 8 mai 1945 : la France, par la voix de ses plus hautes autorités, celle de son chef de l'État, doit se montrer capable d'assumer son passé colonial avec dignité en reconnaissant les crimes du colonialisme, le fait colonial et toutes ses conséquences.
Cinquante ans après, il est vraiment temps de dire clairement ce que fut ce passé. Rien de ce qui a fait la tragédie et les crimes du colonialisme ne pourra être dépassé tant qu'il n'y aura pas acceptation, par la France, de sa propre responsabilité historique et compréhension pour la blessure infligée par plus d'un siècle de domination et de violence au peuple algérien.
C'est à cette condition – une reconnaissance de la réalité historique – qu'un nouveau lien pourra s'établir entre la France et l'Algérie.
Alors que les peuples arabes, au Maghreb et au Proche-Orient affirment leurs aspirations à la démocratie, à de vrais changements politiques et sociaux, la France doit manifester une volonté réelle de s'inscrire positivement dans cette histoire politique nouvelle du monde arabe en montrant qu'elle veut construire un autre avenir avec tous les peuples du Sud de la Méditerranée et singulièrement avec le peuple algérien et avec l'Algérie.
le 27 juin 2012

Alors que les principales organisations syndicales et associatives de défense des sans-papiers ont demandé au Premier ministre Jean-Marc Ayrault une rencontre sur la base de leur plateforme de revendications, on apprend aujourd'hui par voie de presse que le ministre de l'Intérieur Manuel Valls envisage une circulaire visant à la régularisation au cas par cas des sans-papiers. Curieuse conception de la concertation démocratique.
On ne peut accepter que la gauche mette ses pas dans ceux de Claude Guéant en poursuivant la politique du cas par cas. Il faut au contraire définir des critères qui permettent à tous d'être à égalité. Ces critères ne peuvent s'appuyer sur une conception d'un autre temps selon laquelle les immigrés seraient un problème alors même que toutes les études démontrent le contraire.
Malgré des annonces prometteuses sur la fin de la rétention pour les enfants ou la création d'un titre de séjour de 3 ans, les propos de Manuel Valls sur la question des migrants sont encore trop simplistes parfois même inquiétants : rien sur les conditions de vie des immigrés expulsés dans leur pays où ils risquent parfois le pire, rien sur la question des droits tel que le droit de vote des résidents étrangers comme le demande activement le PCF.
Le PCF demande le rétablissement de la carte unique de 10 ans et le droit au regroupement familial, conditions d'une vie digne. Un nouveau code de la nationalité, fondé sur le respect intégral et automatique du droit du sol dès la naissance et sur un droit à la naturalisation permettant à tous les étrangers qui le souhaitent d'acquérir la nationalité française au-delà de 5 ans de résidence doit être mis en place. Enfin, pour que ces questions soient correctement prises en compte et traitées avec le respect de l'humain, il est urgent que le sujet de l'immigration soit détaché du ministère de l'Interieur.
le 26 juin 2012

De nombreuses associations proposent la mise en place d'un récépissé anonyme en cas de contrôle d'identité par les forces de l'ordre. Ce reçu permettrait de caractériser si c'est le cas, l'existence de possibles contrôles abusifs.
Le PCF soutient sans réserve cette proposition qui pourra, si elle est mise en œuvre, interdire dans les faits, les contrôles au faciès.
Les contrôles aux faciès sont une réalité indiscutable et humiliante pour les jeunes victimes. Il faut les combattre sévèrement. En plus d'être discriminants, ces contrôles discréditent l'intervention policière qui devrait rester l'exception. Le développement de la police de proximité fondé sur la prévention est la solution pour renouer avec respect et reconnaissance des liens entre la population et la police.