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Pour une politique de santé publique ambitieuse, Camille Ducrot

«La santé est un état de complet bien-être physique, mental et social, et ne consiste pas seulement en une absence de maladie ou d’infirmité. » Telle est la définition donnée par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) dans le préambule de sa Constitution de 1946. La santé englobe donc largement les besoins humains fondamentaux à satisfaire, qu’ils soient affectifs, sanitaires, nutritionnels, environnementaux, sociaux ou culturels. Garantir une « bonne santé » à une population est un objectif ambitieux qui concerne les politiques liées à l’alimentation, à l’environnement ou encore à l’organisation des soins et de santé publique.

L’action des systèmes de protection sociale et des politiques publiques a permis dans certains pays la construction de politiques de santé touchant à différents domaines : la santé au travail, l’organisation des réseaux de soins, la formation initiale et continue, la recherche médicale et pharmacologique, la Sécurité sociale et l’assurance maladie ou encore la gestion des campagnes de prévention. La France possède depuis 1945 un système de soins performant et universel, mais de plus en plus affaibli par les politiques libérales qui attaquent la Sécurité sociale, mais aussi la recherche médicale et pharmaceutique ou encore les réseaux de soins. À tel point que plusieurs indicateurs incitent à tirer la sonnette d’alarme. Qu’il s’agisse du ressenti des Français qui ont l’impression d’être en moins bonne santé (voir les chiffres de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé) ou de la multiplication des mouvements syndicaux dans les hôpitaux face à l’austérité imposée et à la hausse des charges de travail entraînant burn-out ou suicides, la santé publique interroge aujourd’hui – pas toujours de la bonne façon.

Preuve en sont les programmes des candidats à l’élection présidentielle. La comparaison proposée par la Mutualité française permet de noter leurs ressemblances et leurs différences. L’austérité et l’économie sont les gagnantes des programmes libéraux de Fillon, Macron et Hamon – de Le Pen aussi. Les assurances privées et les complémentaires de santé seront favorisées au détriment de la Sécurité sociale. Les hôpitaux seront poussés à encore plus d’autonomie et de concurrence. Seul Hamon étend ses propositions sur la santé à la lutte contre les addictions, les pesticides ou la pollution.

À l’opposé de ces programmes pro-capitalistes, Mélenchon et le PCF proposent un travail sur le programme du Conseil national de la Résistance pour rebâtir une Sécurité sociale efficace, basée sur l’idée de la prise en charge à 100 % et de l’absorption des complémentaires par la Sécurité sociale. Ce dossier permet, en ces temps électoraux, de développer l’état des réflexions progressistes sur la question, intégrant les critiques des dernières lois votées et les propositions pour l’avenir. Il reflète entre autres le travail du secteur Santé et protection sociale du PCF. Le livre Santé et protection sociale pour tous en 2017, sous la direction de Michel Limousin, préfacé par Pierre Laurent, sorti en janvier au Temps des cerises, permettra d’approfondir le sujet. 

*Camille Ducrot est membre du comité de rédaction de La Revue du projet. Elle a coordonné ce dossier.
 

La Revue du projet, n°66/67 avril-mai 2017

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