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La Fin de l’État démocratique, Nicos Poulantzas, un marxisme pour le XXIe siècle, Jean-Numa Ducange, Razmig Keucheyan (dir.)

Actuel Marx / PUF, 2016

Par Florian Gulli

Ce petit livre est issu d'un colloque organisé à l'université Paris IV. Il est l'occasion de découvrir un penseur marxiste important mais parfois difficile : Nicos Poulantzas.

Poulantzas est d'abord connu pour être l'un des principaux théoriciens de l’État au XXe siècle. L’État pour Poulantzas n'est pas un instrument entre les mains de la bourgeoisie qui l'utiliserait à sa guise pour maintenir sa domination. L’État dispose d'une autonomie relative par rapport à la classe dominante. Ce qui ne l'empêche pas, paradoxalement, de continuer à être un État de classe, un État capitaliste. L’État n'est pas l'instrument de « la » classe dominante pour cette raison simple que celle-ci n'est pas homogène, qu'elle est divisée en fractions de classes aux intérêts très divers. D'où la nécessité d'une instance extérieure, l’État, qui coordonne ces différents intérêts. État qui soit capable, aussi, d'organiser l'intérêt à long terme de la classe dominante, contre sa tendance spontanée au court terme. À cela il faut ajouter que l’État a été en partie façonné par les luttes populaires. La Sécurité sociale par exemple n'est en rien l'expression de la volonté de la classe dominante.

D'où la formule fameuse : « L’État est la condensation matérielle d'un rapport de force entre les classes et les fractions de classes. » L’État est tout entier traversé, dans chacune de ses fonctions, dans chacune de ses institutions, par ces rapports de forces entre classes et fractions de classes. Il n'est l'instrument d'aucune classe mais un champ de lutte. 

La Revue du projet, n° 64, février 2017

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