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Le bonheur

J’ai grandement apprécié votre dossier en juin dernier traitant du bonheur dans tous ses aspects. Il est agréable de voir dans une revue politique un traitement transversal de telles thématiques.

Le bonheur est aujourd’hui un objet politique dont les libéraux parlent très largement… pour dire qu’il représente aujour­d’­hui une idée pour le moins naïve.

Naïve, car notre monde moderne est composé de conflits qui rendent cette idée de bonheur inatteignable.

La mondialisation libérale et les politiques d’austérité nécessitent que nous fassions tous et de manière permanente des efforts dantesques pour garder nos emplois.
Les guerres dans lesquelles notre pays est continuellement engagé nécessitent un état de mobilisation de l’opinion publique de tous les instants et la seule perspective sociale se résume à la vieille maxime du conservateur Churchill au début de la Seconde Guerre mondiale : « je n’ai à vous offrir que du sang et des larmes ».

Pourtant, et comme l’indiquent indirectement Florian Gulli et Jean Quétier dans leur article, la classe dominante elle n’hésite pas à afficher « son bonheur ». Mais ce bonheur ne peut se faire qu’au détriment de celui du plus grand nombre. Quitte à faire un raisonnement un peu simpliste, c’est parce que nous sommes privés du bonheur qu’elle peut exhiber ses satisfactions.

Cette privation du bonheur est d’autant plus oppressante que l’injonction sociale au bonheur (consumériste ?) s’étale au fil des pages des journaux et magazines people. Ce bonheur publicitaire se doit d’être permanent mais n’est-il pas d’autant plus appréciable qu’il se vit en opposition à des moments moins heureux ? Peut-être que cette perspective aurait pu être analysée dans le dossier.
Enfin, il me semble que le bonheur peut aussi se créer là où on ne l’attend pas. Même dans cette société qui tout à la fois prescrit et prive de bonheur, ce dernier réapparaît dans les « espaces interstitiels » qui se présentent à toutes et tous : à l’occasion d’une escapade un week-end, lorsqu’on jardine, le dimanche (à condition que notre ministre de l’économie nous le permette) en famille, un verre entre amis.

Ce bonheur me paraît être un bon point de départ pour faire du bonheur un sujet politique parlant au plus grand monde et in fine résumer notre aspiration : rendre la vie heureuse dans son ensemble, malgré les coups durs.

Claire, militante communiste.

La Revue du projet, n°59, septembre 2016
 

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