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Italie, France : pour un accueil décent, Cécile Dumas*

Organiser un centre d’accueil et d’orientation des réfugiés du côté français et ne pas laisser l’Italie seule

Début juin 2015, tous les média étaient présents à la frontière italienne à Menton où se produisait un face à face entre la police française qui fermait la frontière et les réfugiés qui  voulaient passer en France pour prendre le train à Nice pour Paris. Les réfugiés ont alors décidé de se protéger en s’installant sur les rochers au bord de la mer.
Evidemment, dans un premier temps, la solidarité s’est organisée avec la Croix rouge, Médecins du monde... Les militants communistes ont organisé des collectes de vêtements, de couvertures, de sacs à dos, de nourriture pour permettre une première réponse à leur condition de vie. À ce moment-là, fin juin, plus de 150 personnes étaient sur les rochers et près de 350 dans le hall de la gare de Vintimille.
Actuellement, ce sont encore entre 50 et 150 personnes en fonction du moment qui vivent ou plutôt survivent dans un « hangar » près de la gare de Vintimille. Régulièrement, les réfugiés passent la frontière comme ils peuvent en prenant des risques considérables.
Depuis le mois de juin, les communistes des Alpes-Maritimes portent une proposition claire et simple. À quelques mètres de la frontière, il existe une ancienne base aérienne à Roquebrune-Cap-Martin vide depuis 2012 mais en bon état. Ainsi, nous avons proposé à la préfecture, au Conseil régional avec l’accord de l’ancien président socialiste Michel Vauzelle, d’ouvrir cette caserne pour qu’elle devienne un centre d’accueil et d’orientation géré par le HCR (Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés) pour que ces personnes puissent vivre dignement, accéder à leurs droits et prendre le temps de choisir leur destination.
À ce moment-là, Michel Vauzelle, alors président de la Région Provence-Alpes-Côte d’Azur, porte cette proposition sur le bureau du président de la République et en plein été, le préfet refuse cette proposition et la police italienne évacue le campement des rochers. La pression de l’économie touristique a été plus forte que l’humanité et la frontière est toujours fermée à tous ces réfugiés !
Notre proposition a pour l’instant eu un seul effet : la frontière s’est ouverte pour les mineurs. Ils sont accueillis dans des centres de vacances et des internats de lycée mais malheureusement aucun n’est scolarisé pour l’instant. Là aussi, une lutte et une vigilance de tous les instants sont nécessaires pour éviter les mauvais coups des Éric Ciotti (président du Conseil départemental), Christian Estrosi (nouveau président de la Région) et Jean-Claude Guibal (député-maire de Menton).
Les communistes des Alpes-Maritimes continuent à porter l’idée d’organiser un centre d’accueil et d’orientation des réfugiés du côté français et ne pas laisser l’Italie seule face à l’arrivée de migrants. Durant l’hiver, les arrivées restent marginales mais elles vont certainement reprendre dans les mois à venir alors qu’attend le gouvernement pour agir ?  Pour l’instant, leur seule réponse est la proposition de vente de l’ancienne caserne mais nous partons à la recherche d’un nouveau terrain public dans le secteur.

*Cécile Dumas est secrétaire
départementale du PCF des Alpes-Maritimes.

Article paru dans Lettre des relations internationales - spécial migrants, mars 2016.
La Revue du projet, n°57, mai 2016
 

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