La revue du projet

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Pour un service public du logement et de l’habitat

En 2001, dans les pages de l’Humanité, un débat s’ouvrait sur la gratuité du logement, porté par des communistes (Bernard Birsinger, alors maire PCF de Bobigny, Niamoye Diarra, Jean-Claude Mairal, Fabienne Pourre), un philosophe (Jean-Louis Sagot-Duvauroux) et une militante associative au sein de l’APEIS (Malika Zediri).
Partant du constat que la loi du marché faisait du droit au logement « une supercherie politicienne », ils y défendaient la création d’un grand service public du logement autour de quatre principes :
1. L’instauration d’une sécurité sociale du logement en garantissant « un accès gratuit au logement au-dessous d’un minimum de revenus » ;
2. Un service public du logement qui ne soit pas moins favorable à ses usagers que l’accession à la propriété grâce à la mise en place d’un « compte d’accès à l’usufruit » permettant à l’usager cotisant d’habiter gratuitement son logement lorsque les sommes versées à ce compte atteignent le coût du logement ;
3. La responsabilité « financière et morale » des usagers pour l’entretien des biens, par le paiement de charges « à un niveau supportable par tous » et dans le « même souci de l’intérêt commun » ;
4. Un service public qui soit « un contrepoids à la gestion spéculative du foncier et de l’immobilier » en rendant au logement son usage normal – habiter – et en interdisant la vente et la location.
En faisant du logement un droit pour tous, sans exclure ceux qui ont un revenu trop bas ou trop haut, en confiant la gestion aux usagers, à égalité, quelles que soient leurs ressources, en le retirant de l’emprise des marchés capitalistes, ils défendaient « une forme novatrice et moderne de propriété respectant jusqu’au bout l’usage privé du logement et protégeant néanmoins ce que l’habitat et la vie en ville nécessitent de choix collectifs. » mais aussi « un nouvel outil pour peser ensemble dans les rapports de forces en faveur d’une vie urbaine humanisée et solidaire ».

Utopie diront certains. « Pas plus que l’école laïque, publique, gratuite et obligatoire, pas plus que la Sécurité sociale, pas plus que les congés payés... » répondait Bernard Birsinger. Évidents hier, malmenés aujourd’hui, ces conquis sociaux sont le résultat de combats pour arracher au profit des biens essentiels, comme la santé ou l’éducation.
Il s’agit bien d’un choix de société, en faveur d’une logique des « besoins et des droits » contre la logique marchande.

La Revue du projet, n° 55, mars 2016
 

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