La revue du projet

La revue du projet
Accueil
 
 
 
 

« Les empires africains des origines au XXe siècle »

Cahiers d’Histoire – Revue d’histoire critique N°128 , Juillet-septembre 2015
Par Séverine Charret
Ce dossier est d’abord une réponse à l’insultant discours de Dakar dans lequel Nicolas Sarkozy jugeait que « l’homme africain n’[était] pas assez entré dans l’histoire » en lui opposant plusieurs études historiques sur différents espaces, peu ou mal connus, de l’Afrique. Mais il est aussi une interrogation sur la notion d’empire, à la fois comme territoire géographique et politique, loin parfois d’une vision héritée de la colonisation européenne. Ainsi Michel Christol critique une approche globalisante de l’empire romain et montre, dans une première partie, la grande diversité de la présence romaine en Afrique, du fait notamment du rattachement progressif des provinces. Dans sa contribution, Samuel Sanchez décrit des empires, le sultanat de Zanzibar et le royaume de Madagascar, qui ne sont pas des territoires délimités, cartographiés mais davantage un « espace social reposant sur des réseaux lignagers, religieux, commerciaux ». Nora Lafi étudie, elle, « l’impérialité ottomane » à partir d’une relation étroite, souvent contractuelle, épistolaire avant tout, entre l’administration centrale et les dynasties locales maghrébines. La relation entre État colonial et élites locales est également au cœur de l’article que Benoît Beucher consacre au Burkina Faso à travers la collaboration entre la noblesse moaga et les autorités françaises.
Autre enjeu du dossier : l’étude de l’empreinte de la colonisation européenne dans l’écriture de l’histoire des empires africains, notamment pour l’empire romain, ou encore l’usage de cette histoire pour construire un récit national, comme dans le Mali d’après l’indépendance analysé par Francis Simonis.
Enfin, deux articles entrent en résonnance avec l’actualité récente. Celui de Paul E. Lovejoy sur les empires djihadistes de l’Ouest africain aux XVIIIe et XIXe siècle permet de replacer les mouvements djihadistes dans une histoire longue du continent et de mettre en lumière leur dimension non seulement religieuse mais aussi ethnique et économique en relation avec la traite des esclaves.
Quant à l’enquête d’Alain Gabet et Sébastien Jahan publié dans la rubrique « Débats », elle revient sur la complaisance des dirigeants français à l’égard du régime génocidaire rwandais et invite à regarder en face la responsabilité de la France dans les « désordres » africains.

La Revue du projet, n° 53, janvier 2016
 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.