La revue du projet

La revue du projet
Accueil
 
 
 
 

13 novembre, le deuil

Oan Kim, photographe dont le talent s’exprime depuis plusieurs années à l’agence Myop, nous rappelle que la tragédie est une histoire des corps. Dans sa série Parisiens, réalisée au lendemain des attentats qui ont accablé la capitale, l’artiste parvient à capter la sidération par delà les représentations dominantes et répétitives dont les média nous ont abreuvé, parfois jusqu’à l’agonie. L’après attentat est ici, paradoxalement, un récit antispectaculaire. Dans ce journal de deuil, nous avons choisi un fragment : la fragilité d’une étreinte et des mains qui courent à l’abîme. Si la présence humaine est moins spectrale et onirique que dans la plupart de ses travaux, c’est toujours sur le mode suggestif que l’artiste traduit une violence sourde. L’émotion déborde le cadre. Roland Barthes n’écrivait-il pas dans la Chambre Claire que « la photo est toujours invisible : ce n’est pas elle qu’on voit ».  

Nicolas Hanh

 

14 novembre 2015, les parisiens se recueillent devant les lieux des attentats terroristes du 13 © Oan Kim / M.Y.O.P

 

 

La Revue du projet, n°52, décembre 2015

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.