La revue du projet

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L’urgence d’agir ! Hervé Bramy*

« Pour nous ce sera toujours l’humain d’abord », cette phrase accolée à l’image de la terre et des peuples de chaque continent, sur la grande fresque déroulée au moment du discours de Pierre Laurent, à la Fête de l’Humanité 2015, traduit notre ambition politique universaliste.

Les communistes veulent, tout à la fois, préserver la planète des dangers climatiques bien réels et pour cela rompre avec le système qui produit tant de gâchis, tant d’inégalités et d’injustices, tant d’exactions… Nous voulons y mettre un terme, inventer un monde attentif à la nature et contribuer à un nouveau mode de développement, durable et solidaire, à l’échelle planétaire, ouvrant la voie à l’émancipation humaine. Toutefois dénoncer le capitalisme ne suffit pas pour transformer le monde et dépasser le système qui le corsète, bloque les potentialités et les aspirations humaines qui cherchent à s’épanouir.

Nécessité de l’intervention active
et éclairée des citoyens

Nous avons la conviction qu’aujourd’hui, de meilleures situations de vie sont possibles pour l’ensemble des habitants de la planète tout en étant durablement économes à l’égard des ressources naturelles. Nous devons sortir d’un système basé sur le pétrole, passer à une civilisation décarbonée afin de limiter le réchauffement en dessous de 2 °C. Cela appelle un changement profond qui touchera bien des aspects de la vie personnelle, industrielle, agricole, économique et politique. Un tel projet n’est viable qu’en plaçant au cœur du processus l’intervention active et éclairée de nos concitoyens. C’est le sens des premières propositions que nous soumettons au débat citoyen. (Planète Humanité - Édition spéciale : Face au défi climatique, l’urgence d’agir. Propositions pour l’action www.pcf.fr).
La présentation de l’exposition « Trois regards scientifiques sur le climat » durant le mois de septembre, au siège du Parti communiste français et le riche débat public, à l’invitation de notre secrétaire national, avec la communauté scientifique s’inscrivent dans cette farouche volonté d’une appropriation scientifique des enjeux climatiques par le plus grand nombre. C’est pour ainsi dire le point de départ. Car le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) – malgré la persistance de dénégations de quelques climatosceptiques en quête d’audience médiatique – a accumulé un considérable corpus de données aujourd’hui irréfutables.
D’ailleurs, il faut prendre conscience de l’ampleur et de l’originalité, sans pareilles, à l’aune de l’histoire humaine, de cette somme d’investissements de milliers de chercheurs de toutes les disciplines scientifiques, depuis des années, de par le monde, pour comprendre le fonctionnement de notre planète et pour finalement alerter l’opinion publique des dangers des dérèglements climatiques.

Responsabilité des pays riches et industrialisés
Nous avons le climat en commun avec tous les peuples du monde. Les « nuages » d’émissions de gaz à effet de serre (GES) n’ont, en effet, pas de frontières. Investir les défis climatiques c’est prendre à bras-le-corps le mouvement du monde avec ses espoirs et ses déchirures. Nous mesurons la responsabilité historique qui est celle des pays riches et industrialisés. Ils ont une dette à l’égard des pays en développement et des moins avancés qui subissent, d’ores et déjà, de plein fouet, les effets du réchauffement climatique alors qu’ils n’en sont en rien responsables. C’est pourquoi nous avons initié avec d’autres formations politiques progressistes une campagne internationale sur la base d’un texte commun (Disponible sur : http://www.pcf.fr/71505) soumis à la signature des citoyens opposés, tout comme nous, à la mondialisation capitaliste et à la course au profit.
Nous appelons les États riches et industrialisés à sortir de leur égoïsme local notamment en exigeant qu’ils respectent leur engagement de Copenhague de doter le Fonds vert à hauteur de 100 milliards de dollars, dès 2020, afin de permettre aux pays du Sud la mise en œuvre d’actions tant pour l’atténuation que l’adaptation au réchauffement climatique. Il en est de même de l’exigence de développer des coopérations en matière de recherche, de transfert de technologies avec les brevets associés.

Sortir du carcan austéritaire
Autant d’engagements difficiles à tenir en Europe compte tenu des crises financières et des actuelles politiques d’austérité. Ainsi le bureau exécutif du Parti de la gauche européenne (PGE) a décidé de rendre publique une déclaration des dirigeants de chaque formation qui le compose pour sortir du carcan « austéritaire » car la transition écologique mobilisera d’énormes moyens. Ils précisent : « ... la lutte contre le réchauffement climatique et la lutte contre le développement économique néolibéral mondialisé sont étroitement liées. La nécessité d’une transition écologique, énergétique, agricole, industrielle, économique et financière, mais aussi des modes de production et de consommation actuels est désormais évidente, montrant les signes incontestables de l’impossibilité de poursuivre avec les politiques préconisées par les doctrines du capitalisme néolibéral mondialisé. »
Oui, notre lutte pour préserver la planète et l’humanité, pour un développement humain durable mondial n’a de sens qu’avec l’ambition d’une lutte sans concession avec le néolibéralisme afin de favoriser le développement et le progrès social, un autre partage des richesses ici, en Europe et dans le monde.
Nous agissons également en convergence avec les mouvements de la société civile à chaque fois que cela est possible. Ainsi nous répondrons présents à la grande marche pour le climat du 29 novembre prochain.
Cette campagne citoyenne doit prendre encore plus de vigueur à moins de deux mois de la Conférence afin de faire entendre la voix des peuples. Dans chaque quartier, chaque entreprise, chaque ville, en soumettant ce texte, c’est autant d’occasions que les communistes se donnent pour engager le débat et faire vivre la solidarité.
Ce dossier est une contribution conséquente à l’émergence d’une conscience citoyenne et politique pour dépasser le capitalisme et préserver le climat.

*Hervé Bramy est membre du comité du projet, animateur du secteur Écologie du Conseil national du PCF.

La Revue du projet, n° 51, Novembre 2015

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