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Les habitants des quartiers sensibles sont de plus en plus pauvres, Michaël Orand

Comme chaque année, le rapport de l’Observatoire national de la politique de la ville (ONZUS), rendu public en mai dernier, dresse un panorama de la situation économique et sociale des 4,4 millions d’habitants des quartiers classés en Zone urbaine sensible (ZUS). Et comme chaque année, celui-ci met en évidence un écart qui, dans le meilleur des cas, se maintient, voire s’aggrave entre ces zones et le reste du territoire français.

Ainsi, près d’une personne sur quatre (38 %) vit sous le seuil de pauvreté en ZUS : c’est trois fois plus que sur le reste du territoire, où c’est le cas de 12 %. L’écart est encore plus important pour les plus jeunes : plus de la moitié (51 %) des moins de 18 ans résidant en ZUS vit sous le seuil de pauvreté, contre 16 % sur le reste du territoire. Globalement, le revenu moyen annuel est en moyenne deux fois moindre pour les habitants des ZUS, avec 12 752 euros contre 22 739 en moyenne en France. Plus inquiétant, l’écart de revenu moyen entre les ZUS et le reste du territoire a augmenté entre 2004 et 2011, et notamment entre 2010 et 2011, où l’on peut observer une baisse du revenu des habitants des ZUS alors que celui-ci a augmenté en moyenne sur l’ensemble de la France métropolitaine (graphique).

En conséquence de ces faibles revenus, les habitants des ZUS sont plus souvent que les autres bénéficiaires d’allocations versées sous conditions de ressources. Ils sont ainsi 33 % à recevoir le RSA (contre 18 % en moyenne en France) et 74 % à recevoir une aide au logement (contre 54 % en moyenne en France). Pour un quart des allocataires de la CAF vivant en ZUS, les prestations sociales représentent l’unique source de revenu.

Sur le front du chômage, après de nombreuses années d’augmentation, le taux de chômage s’est stabilisé à 23 % en ZUS entre 2012 et 2013. L’écart entre les ZUS et le reste du territoire s’est donc un peu réduit, puisque sur la même période, le taux de chômage a en moyenne augmenté sur le reste du territoire, passant de 8,7 % à 9,3 %. L’écart reste tout de même important, avec un taux de chômage 2,5 fois plus élevé en ZUS. En tenant compte de la participation au marché du travail, plus faible en ZUS que sur le reste du territoire, on constate finalement que dans les ZUS, moins d’une personne sur deux âgée de 15 à 64 ans a un emploi, contre deux sur trois sur le reste du territoire.

La Revue du projet, n° 49, septembre 2015
 

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