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Comment les Français se logent-ils ? Michaël Orand

En 2013, 58 % des 28 millions de ménages français sont propriétaires de leur logement, d’après les premiers résultats de l’enquête Logement de l’INSEE. 17 % sont locataires dans le secteur social, et 20 % sont locataires dans le secteur libre. Cette répartition n’a que très peu évolué depuis 2001. De même, la proportion d’habitat individuel (maisons) est stable, autour de 57 %. Ce type d’habitat est beaucoup plus fréquent pour les propriétaires, qui sont 80 % à vivre dans une maison, alors que plus des deux tiers des locataires du secteur libre et 84 % des locataires du logement social vivent en habitat collectif (immeubles). Naturellement, le lieu de résidence conditionne fortement le type de logement : dans les grandes agglomérations, seulement un logement sur trois est une maison, alors que c’est le cas de presque toutes les résidences en zone rurale.

Une des évolutions les plus marquantes depuis les années 1970 est la baisse du nombre de personnes par logement. Dans les années 1980, on comptait ainsi en moyenne 2,7 personnes par logement, contre seulement 2,3 en 2013, d’une part à cause du vieillissement de la population, d’autre part à cause des décohabitations liées aux divorces. En parallèle, la surface des logements a augmenté, rapidement entre 1970 et 1990, et plus lentement depuis. En moyenne, les Français disposent d’une surface de logement de 40 m² par personne en 2013, contre 37 m² par personne en 2001.

La qualité globale des logements a également sensiblement augmenté depuis les années 1970 et 1980. En 2013, moins d’1 % des logements ne disposent pas de l’eau courante, de baignoires, de douche ou de WC : c’était encore le cas de près 15 % des logements en 1984. Parmi les défauts potentiels du logement, les plus fréquemment cités sont des problèmes d’humidité ou d’isolation. Près de 20 % des ménages français vivent ainsi dans un logement avec des courants d’air. Des défauts plus sérieux sont également cités à des fréquences parfois relativement importantes : plus de 4 % des logements possèdent des installations électriques en mauvais état, et près de 2 % se trouvent dans un état général dégradé, parfois allant jusqu’à des fissures profondes de la structure.

Le surpeuplement reste un problème important, puisque 2,7 millions de ménages (8,5 % de la population) sont concernés. On parle d’un logement surpeuplé dès lors qu’il n’y a pas suffisamment de pièces par rapport à un standard qui compte une pièce à vivre commune puis une pièce par couple et par célibataire (éventuellement une pièce pour deux enfants qui ont moins de sept ans ou qui sont de même sexe). Le surpeuplement concerne particulièrement l’habitat collectif et les locataires, et est particulièrement fréquent dans les villes : en particulier, à Paris, plus d’un ménage sur cinq est dans une situation de surpeuplement.

Au total, 6 % des ménages déclarent que leurs conditions de logement sont insuffisantes, voire très insuffisantes. En 1973, c’était le cas de 15 % des ménages. Pour autant, malgré cette amélioration notable, un ménage sur quatre désire changer de logement, soit volontairement, soit pour des raisons professionnelles ou familiales. C’est particulièrement le cas des locataires, dont un sur deux désire changer de logement.

Dans la mesure où l’accession à la propriété est de plus en plus rare (on comptait seulement 540 000 nouveaux acquéreurs en 2013 contre 616 000 en 2011, soit une baisse de 12 % en dix ans), ce désir de changer de logement explique sans doute l’explosion du nombre de demandeurs de logement HLM, en particulier parmi les ménages logés à l’extérieur du parc social : ils étaient 546 000 en 2001, contre 688 000 en 2013, soit une augmentation de plus de 25 %.

La Revue du projet, n°48, juin 2015
 

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