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350 000 travailleurs transfrontaliers en France

 

par Michaël Orand

 

 

En 2011, 353 000 personnes vivaient en France tout en travaillant à l’étranger. On parle de travailleurs transfrontaliers. C’est 50 000 de plus qu’en 2006 et 100 000 de plus qu’en 1999, ce qui représente donc une augmentation de plus de 40 % en dix ans.

 

Cinq pays représentent l’essentiel des destinations de ces travailleurs : la Suisse (160 000 personnes), le Luxembourg (69 000), l’Allemagne (50 000), la Belgique (39 000) et Monaco (26 000 personnes). Le poids de l’Espagne, de l’Italie et du Royaume-Uni dans ces flux de travailleurs est beaucoup plus marginal. Environ 10 % de ces travailleurs résidant en France mais exerçant leur activité à l’étranger sont eux-mêmes étrangers, le plus souvent ressortissants du pays où ils travaillent.

 

À l’exception du cas particulier de Monaco, enclavé dans le territoire français, l’essentiel des mobilités transfrontalières concerne donc la frontière nord-est du pays (carte), avec notamment quatre pôles importants : Luxembourg (68 000 personnes), Sarrebruck (23 390 personnes), et les deux agglomérations transfrontalières de Suisse, à savoir Bâle (33 580 personnes) et principalement Genève (agglomération la plus concernée avec 87 570 travailleurs transfrontaliers).

 

Si la part des travailleurs transfrontaliers dans la population active française reste relativement faible, dans certaines régions, leur poids est au contraire très important. C’est notamment le cas des zones d’emploi autour des villes de Saint-Louis (vers Bâle), de Menton (vers Monaco), de Longwy (vers le Luxembourg) ou du genevois français, où plus du tiers des actifs travaillent à l’étranger.

 

En fonction de leur destination, la composition sociale des travailleurs transfrontaliers peut varier fortement. Globalement, l’Allemagne et la Belgique sont des destinations où les ouvriers sont les plus représentés, alors que ce sont plutôt des employés qui se rendent à Monaco. Le cas suisse est particulier, avec des cas très différents : à Genève, les cadres et les professions intermédiaires sont les plus représentés, alors qu’à Bâle, où travaillent également des Allemands, les ouvriers sont sensiblement plus nombreux.

 

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