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La Marseillaise a un avenir

Un journal né de la Résistance qui, avec les Amis de la Marseillaise, veut gagner le pari de sa survie.

 

Par Émilie Parente *

«Un atout pour tous ceux qui se réclament du progrès social », « Sans la Marseillaise, les salariés seraient bâillonnés », « J’adore d’abord son titre », « Une bouffée d’oxygène pour la démocratie », « Pour que le clignotant de l’espoir ne s’éteigne pas », « Un partenaire fidèle de l’économie sociale et solidaire », « Pour continuer à se noircir les mains à l’encre », « Sans la Marseillaise, il y aurait un vide à gauche », « Un atout et une arme contre le discours unique », « À nos côtés pour défendre les artistes », « Indispensable dans le contexte d’offensive capitaliste », « La Marseillaise était toujours sur la table ». Voilà une toute petite partie des messages de soutien que reçoit le journal la Marseillaise depuis sa mise en redressement judiciaire le 24 novembre 2014.

Né de la volonté des résistants du Front national de libération de la France, le 1er décembre 1943, le premier numéro – tiré à 15 000 exemplaires – est sorti des presses de l’imprimerie familiale Tournel à Aix. Clandestin jusqu’au 24 août 1944, le journal rendra compte des actions de la Résistance, des condamnations à mort de collabos, diffusera quelques communiqués. La plume dans une main, le fusil dans l’autre, les résistants communistes ont pris possession des locaux du journal du Petit Marseillais, journal collaborationniste.

C’est dans ces locaux qu’aujourd’hui les salariés se battent pour la survie du titre. La crise économique, doublée d’une crise de la presse et d’une chute brutale de la publicité n’a pas cessé de fragiliser un journal indépendant des forces de l’argent et des grands groupes de presse. Les salariés et les lecteurs se mobilisent chaque jour pour la pérennité du titre. L’association des Amis de la Marseil­laise, créée il y déjà vingt ans, a pris une place prépondérante dans cette lutte pour la survie du journal. Animatrice du comité de soutien, l’association multiplie les initiatives et organise la souscription. En lien direct avec les salariés, les Amis de la Marseillaise mettent en synergie toutes les volontés afin de réussir le pari de la sauvegarde du journal : concert, débat, vente militante de badges, etc.

La disparition de la Marseillaise serait catastrophique dans un paysage médiatique régional déjà fragilisé. La disparition de V Marseille (magazine mensuel) mais aussi les difficultés du journal satirique le Ravi, placé en redressement judiciaire, sont autant de signes des dangers qui pèsent sur le pluralisme de la presse mis à mal sur l’ensemble du territoire hexagonal.

Car c’est bien la question du pluralisme, élément essentiel de la démocratie dont il est question aujourd’hui. Et ce n’est pas un hasard si le Réseau des communistes de la Marseillaise s’est mobilisé depuis sa création il y a deux ans dans la bataille pour une loi de refonte des aides à la presse et pour la sauvegarde de la filière de la distribution. En étant aux côtés tout d’abord des salariés de Presstalis, en organisant un débat en présence de Marie-George Buffet sur ce thème. Autant d’initiatives qui aujourd’hui trouvent un écho avec la lutte pour la sauvegarde de la Marseillaise.

Forts de notre histoire de 70 ans, du dévouement de l’ensemble du personnel et de celui de nos lecteurs, nous avons la conviction que la Marseillaise continuera d’exister et restera le journal du Sud qui porte les idéaux progressistes de transformation sociale. 

 

 * Émilie Parente

est responsable du Réseau des communistes de la Marseillaise. Pour rejoindre le comité de soutien : www.pourquevivelamarseillaise.com.

La Revue du projet °44, février 2015.

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