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Un quart des bénéficiaires du RSA subissent des privations alimentaires, Michaël Orand

Dans la dernière édition de sa publication annuelle sur la situation sociale de la France, France portrait social, l’INSEE consacre un chapitre à la situation des bénéficiaires des minima sociaux, qu’il s’agisse du RSA socle ou de l’allocation de solidarité spécifique (ASS), grâce à une enquête spécifique du service statistique du ministère des Affaires sociales. En particulier, les répondants à cette enquête se voient poser la question suivante : « Au cours des 12 derniers mois, avez-vous […] dû renoncer ou vous priver, par manque d’argent, dans les domaines suivants » : soins et santé, alimentation, etc. ? Les réponses à cette question apportent une nouvelle preuve de la dégradation de la situation sociale de la France depuis la dernière crise.

 

Ainsi, 26 % des bénéficiaires du RSA socle déclarent s’être privés beaucoup dans le domaine de l’alimentation et 30 % s’être privés un peu. Au total, c’est donc plus de la moitié des bénéficiaires du RSA qui ont subi des privations alimentaires en 2012. Cela représente une augmentation de près de 20 points depuis 2003 et de 15 points par rapport à 2006. Un des effets de ces difficultés financières est le recours relativement important par ces personnes à l’aide alimentaire : c’est 15 % des foyers au RSA socle et  7 % des titulaires de l’ASS.

 

Autre domaine où les privations ont fortement augmenté depuis 2003, avec des conséquences non moins importantes que l’alimentation : la santé. La part d’allocataires du RSA ayant dû renoncer beaucoup à des soins de santé pour des raisons financières a ainsi doublé, passant de un sur vingt en 2003 à un sur dix en 2012. L’état de santé moyen de ces bénéficiaires s’est également sensiblement dégradé : 18 % d’entre eux se déclarent désormais en mauvais ou très mauvais état de santé, contre 13 % en 2006.

 

La Revue du projet, n°42, décembre 2014.

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