La revue du projet

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Drôle de jeu bis, Guillaume Roubaud-Quashie

Parmi ces phrases, les unes sont de Manuel Valls,
les autres de Pierre Gattaz : saurez-vous les distinguer ?

1) « Il faut expliquer l’entreprise aux Français et à nos dirigeants pour qu’ils comprennent que les dividendes rémunèrent un risque pris par des investisseurs. Sans eux les entreprises ne peuvent exister. »
2)« Ce sont les entreprises qui, en risquant les capitaux de leurs actionnaires, en mobilisant leurs salariés, en répondant aux attentes de leurs clients, créent de la valeur, génèrent des richesses. »
3) « Ce sont les entreprises qui créent des emplois. […] Il n’y a pas d’emplois sans employeurs. C’est pourquoi il est absurde de parler de cadeau fait aux patrons. Une mesure favorable aux entreprises, c’est une mesure favorable au pays tout entier. »
4) « Comment, au XXIe siècle, peut-on encore utiliser des expressions comme "cadeau aux entreprises" ou "cadeau aux patrons"? »
5) « Pour redresser le pays, il faut faire tomber les tabous. »
6) « Ce que je crois profondément, c’est que notre pays a besoin de sortir des postures, des jeux de rôle auxquels nous sommes tellement habitués. […] Cessons d’opposer systématiquement ! D’opposer État et entreprises ! D’opposer chefs d’entreprise et salariés ; organisations patronales et syndicats ! Cherchons plutôt à coopérer. »
7) « Oui parce que l’idéologie a conduit à des désastres mais la gauche que je porte garde un idéal : l’émancipation de chacun. Elle est pragmatique, réformiste et républicaine. »
8) « La fiscalité est démotivante. Elle taxe énormément le capital et l’épargne. C’est un problème politique, c’est un problème d’idéologie cette fiscalité française. Le monde entier le dit, elle est beaucoup trop lourde. »
9) « J’applaudis ce virage entrepreneurial, qui ne doit être l’apanage ni de la droite ni de la gauche. […] Il est temps de dépolitiser le dialogue social. »
10) « Nous avons un moteur économique à l’arrêt avec 0% de croissance actuellement. Il faut réactiver les réacteurs de ce moteur. Les réacteurs, c’est la compétitivité, et c’est le but du Pacte de responsabilité. Et deuxièmement, c’est la confiance. L’environnement de confiance est fondamental pour les investisseurs et les employeurs. »
11) « Nous allons accroître la concurrence, alléger certaines règles, je pense à celles relatives au travail du dimanche ou à l’urbanisme commercial. »  « Il doit y avoir une réduction des déficits publics en Europe et tout particulièrement en France, je ne le discute pas. Nous vivons au-dessus de nos moyens depuis 40 ans. »
12) « Le décès de Christophe de Margerie est une immense perte pour notre pays. Cet homme était visionnaire, il était un grand expert dans son domaine. Mais c’était également une personnalité charmante. Christophe de Margerie était un homme plein d’attentions, d’humour et de finesse. »
13) « Aujourd’hui, les dizaines de milliers d’employés de Total sont orphelins de leur Président. […] La France perd un grand capitaine d’industrie et un patriote. XX [nom ici ôté, NDLR] perd un ami. […] Il avait aussi ce panache, cette volonté d’aller de l’avant, un humour si français et une finesse d’esprit qui en faisait un homme unanimement apprécié. »
14) « Mais il n’y a pas que les impôts et les cotisations sociales qui pèsent sur notre économie. Certaines formalités excessives sont aussi coûteuses et pénalisantes. »

L’écrivain Patrick Besson signait récemment une chronique, au titre emprunté au grand romancier communiste et résistant Roger Vailland  : « Drôle de jeu ». Il y faisait alterner, sans indiquer l’auteur, des phrases d’Eric Zemmour et d’autres, de l’écrivain collaborationniste Lucien Rebatet. Nous avons ici décliné le même exercice saisissant. Comment ne pas se demander, comme Thierry Lepaon au début de cette année : Pierre Gattaz est-il le premier ministre ? Comment, pensant à ces dizaines de milliers de militants qui peuplent les partis de gauche, à ces millions de personnes qui votent pour des hommes et des femmes de gauche, ne pas être persuadé, avec Pierre Laurent, que Manuel Valls ne sera jamais le premier ministre de la gauche !
À ce stade, il n’est pas nécessaire d’entreprendre de longues démonstrations pour que chacun mesure que l’heure est grave, très grave, qu’elle appelle sang-froid, intelligence collective et action résolue de nature à entraîner ces millions de personnes éparses sans l’engagement desquelles rien n’est ni ne sera possible.
Cet ample rassemblement populaire, condition absolue de résistances efficaces et de conquêtes nécessaires, ne surgira pas tout seul. Il a besoin d’un Parti communiste français tout entier dédié à cette tâche. Il a besoin de contenus identifiés qui, seuls, permettent une mobilisation massive, par-delà les paroles et les symboles. Dès lors, la question du projet est décisivement cardinale.
C’est pourquoi est si précieuse la conférence nationale de notre parti, qui l’a placée au cœur, les 8 et 9 novembre derniers à Montreuil.
Il faut lire, il faut faire lire les fortes paroles de Pierre Laurent. Il faut partager, discuter, propager les riches travaux des ateliers de projet qui se sont tenus à Montreuil. C’est ce chemin d’échange et de luttes qui permettra de transformer les si larges fronts du refus en un puissant et transformateur front de projet. Ce sont ces textes que vous trouverez dans les pages qui suivent.
Bonne lecture !

1) Pierre Gattaz, 20 minutes, 30/10/2014.
2) Manuel Valls, université d’été du MEDEF, 27/08/2014.
3) Manuel Valls, université d’été du MEDEF, 27/08/2014.
4) Pierre Gattaz, Français, bougeons-nous !, Nouveau Monde éditions, 2014.
5) Pierre Gattaz, France Info, 27/08/2014.
6) Manuel Valls, université d’été du MEDEF, 27/08/2014.

7) Manuel Valls, L’Obs, 23/10/2014.
8) Pierre Gattaz, I-Télé, 18/11/2014.
9) Pierre Gattaz, 20 minutes, 30/10/2014.
10) Pierre Gattaz, France Info, 27/08/2014.
11)  Manuel Valls, université d’été du MEDEF, 27/08/2014.
12)  Pierre Gattaz, communiqué, 21/10/2014.
13)  Manuel Valls, communiqué, 21/10/2014.
14)  Manuel Valls, université d’été du MEDEF, 27/08/2014.
 

Guillaume Roubaud-Quashie,
rédacteur en chef
La Revue du projet, n° 42, décembre 2014

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