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Le niveau de vie des Français continue de baisser

Comme chaque année, l’INSEE a publié les chiffres du niveau de vie des Français. Cette année, ce sont ceux de 2012 qui étaient disponibles, et le constat est pour le moins inquiétant. Le niveau de vie médian était en effet en 2012 de 19 740 euros, soit une baisse de 1 % en euros constants par rapport à l’année précédente. La baisse amorcée en 2010 du niveau de vie des Français, à la suite de la crise financière de 2008, se poursuit donc.

La nouveauté en 2012 est que l’ensemble des Français est concerné par cette baisse du niveau de vie. Jusqu’alors, les plus riches avaient été relativement épargnés. Ainsi, le niveau de vie plancher des 5 % de Français les plus riches baisse pour la première fois depuis 2004, alors que pour le reste de la population, la baisse de niveau de vie a été amorcée en 2010, voire en 2009 pour les plus pauvres (graphique). Entre 2011 et 2012, ce sont les extrêmes de la population qui sont les plus touchés par la baisse : les 10 % de Français les plus riches voient ainsi leur niveau de vie baisser de 2 %, et les 10 % de Français les moins riches de 1,2 %.

Une des conséquences de cette baisse globale du niveau de vie des Français est une réduction légère des inégalités entre 2011 et 2012. Cette réduction reste cependant à relativiser, puisqu’elle ne fait que compenser l’augmentation de l’année précédente. Ainsi, les niveaux d’inégalité observés en 2012 sont identiques à ceux de 2010. L’écart interdécile est passé de 3,5 en 2010 à 3,6 en 2011, pour revenir à 3,5 en 2012. Cela signifie que le niveau de vie des 10 % de Français les plus riches est 3,5 fois plus élevé que celui des 10 % de Français les plus pauvres.

Le seuil de pauvreté étant défini comme 60 % du niveau de vie médian, celui-ci baisse mécaniquement en 2012 : il passe ainsi de 997 euros par mois à 987 euros par mois. La diminution de ce seuil entraîne une baisse du nombre de pauvres (8,5 millions en 2012, soit 13,9 % de la population, contre 8,7 millions en 2011) qu’il faut cependant relativiser, pour deux raisons. La première est la sensibilité de l’indicateur du taux de pauvreté à la définition choisie. Si l’on fixe le seuil de pauvreté à 50 % du revenu médian, plutôt que 60 %, on observe en effet une augmentation du nombre de pauvres, qui représenteraient 8,1 % de la population en 2012 contre 7,9 % en 2011. La seconde raison tient à la diminution du niveau de vie médian des personnes vivant sous le seuil de pauvreté, qui passe de 806 euros par mois en 2011 à 784 euros par mois en 2012, soit un niveau qui n’avait plus été atteint depuis 2006. En conséquence de la baisse globale du niveau de vie des Français en 2012, les pauvres sont un peu moins nombreux, mais leur pauvreté s’accentue sensiblement.

 

 

Graphique : évolution du niveau de vie entre 2004 et 2012 (base 100 en 2004)

Source : Insee, DGI

Note : le premier décile est le niveau de vie plafond des 10 % de Français les plus modestes ; la médiane est le niveau de vie qui sépare la population en deux parts égales ; le 95ème centile est le niveau de vie plafond des 5 % de Français les plus riches.

La Revue du projet, n° 40, octobre 2014
 

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