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Une vraie marchandisation du service de l’emploi, Marie Lemoine*

Les orientations libérales en matière d’emploi alimentent le discours sur l’inefficacité du service public et sur l’assistanat.

La fusion ANPE et ASSEDIC de 2008 s’inscrit pleinement dans la mise en place des réductions de la dépense publique au travers de la RGPP (Révision Générale des Politique Publiques) et se poursuit aujourd’hui avec la Modernisation de l’action publique et les atteintes à la protection sociale.
Les conséquences de ces orientations sont insupportables car elles mettent à mal les missions de service public, le service rendu aux usagers tant sur l’accompagnement que sur l’indemnisation. Voulues par des adversaires du service public, elles alimentent le discours sur son inefficacité et sur le laisser-aller des demandeurs d’emploi qui seraient des « assistés ».
Un nouveau projet d’accord sur la convention assurance chômage vient de voir le jour.
Celui-ci est bien loin d’être équilibré dans son économie globale et, contrairement à ce qu’affirment ses signataires, bien loin d’être une avancée.
Le nouveau régime est amputé de 800 millions d’euros, autant de moins aujourd’hui pour les privés d’emplois et leur revenu de remplacement. L’allocation forfaitaire qui était de 57,4 % passe à 57 % du salaire journalier de référence.
Les signataires avalisent donc une diminution des allocations-chômage malgré les déclarations liminaires unanimes des organisations syndicales de salariés et de l’État sur le sujet.
Nous assistons à une nouvelle étape dans la casse de la protection sociale. Dans les faits, le nombre de demandeurs d’emploi qui tireront avantage de cette nouvelle convention d’assurance chômage sera très faible. Là encore, les signataires font financer cette mesure par les demandeurs d’emploi et principalement par les salariés de l’annexe 4 (intérimaires) qui bénéficiaient de règles plus avantageuses.
Les annexes VIII et X concernant les intermittents du spectacle ont certes été préservées, mais là encore, au prix d’économies drastiques. Ainsi, un plafond d’indemnités a été fixé et il est prévu un différé de l’indemnisation. Bref, le nombre de jours indemnisés sera réduit, additionné à une augmentation de leurs cotisations.
Concernant le maintien retraite, l’accord prévoit un report de l’âge qui permet d’en bénéficier. Il est étonnant que des organisations syndicales ayant manifesté pour la retraite à 60 ans, disent aujourd’hui que « les conditions d’indemnisation du chômage s’adaptent à l’augmentation de l’espérance de vie et à l’allongement de la durée du travail qui en résulte ».
Dans le même temps, aucune participation supplémentaire n’est demandée aux entreprises, notamment celles qui ont le plus recours à la précarité ou celles qui génèrent le plus de privés d’emplois. Confrontés au chômage et aux difficultés liées à la perte de leur emploi, les travailleurs ne sont pas responsables de leur situation. Ce sont les politiques économiques qui dégradent l’emploi et les rémunérations.
Le service public de l’emploi doit revenir à l’État. Or, nous constatons un réel désengagement de l’État en la matière avec des velléités de privatisation de plus en plus fortes des services publics où peu importe qui rend le service que ce soit un établissement public ou un organisme privé. Nous sommes dans une vraie marchandisation du placement, de la formation et de l’orientation.
L’indemnisation doit être gérée par les salariés qui l’alimentent par le salaire socialisé et qui dans le même temps sont les victimes du patronat en matière d’emploi
La CGT et toutes les forces progressistes doivent combattre la politique gouvernementale qui par l’austérité alimente la finance et le patronat qui poursuit sa politique de casse de l’emploi au profit des actionnaires. 

*Marie Lemoine est responsable CGT à Pôle emploi.
 

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