La revue du projet

La revue du projet
Accueil
 
 
 
 

Édito à quatre plumes

« On ne peut pas entrer deux fois dans le même fleuve »
27 siècles plus tard, la phrase d'Héraclite a gardé toute sa force. Mais quand le monde bouge et tremble, on dira plus encore : on ne doit pas entrer deux fois dans le même fleuve. Le statu quo est le propre des morts ou de ceux qui s'apprêtent à donner la pièce à Charon, le passeur des Enfers. Le monde des vivants bouge ; La Revue du projet avec lui. Elle s'étoffe pour être toujours mieux une revue utile aux communistes et à notre peuple. C'est ainsi non sans fierté que je cède la plume, ce mois, aux quatre camarades qui rejoignent la rédaction en chef.
Guillaume Roubaud-Quashie
Rédacteur en chef

Construire un monde de paix
En Ukraine, en Libye, en Irak et en Syrie, l’été fut terriblement meurtrier. Pluie de bombes à Gaza : le peuple palestinien, endeuillé et emmuré, appelle à l’aide. Un peu partout les menaces de guerres bruissent. De l’Asie aux portes de l’Europe, les budgets militaires flambent et les machines de guerre foulent au pied le droit international. Hasard du calendrier, l’été fut également celui des commémorations avec, au menu, un service minimum présidentiel pour l’hommage à Jaurès, rhabillé en réformiste patriotard pour l’occasion, et un centenaire aseptisé de la Grande Guerre.
Pourtant, le souvenir de 14-18 devrait nous rappeler que guerre et paix sont affaires éminemment politiques. Éradiquer les causes des guerres, faire émerger un monde de coopération, d’amitié entre les peuples, enfoncer des coins dans la guerre économique qui partout fait rage et laisse présager de lourds conflits armés, n’est-ce pas là le cœur du projet communiste, porté sur les fonts baptismaux de la Grande boucherie et du refus des guerres impérialistes ? « L’humanité est maudite, si pour faire preuve de courage elle est condamnée à tuer éternellement. » disait Jaurès. Avoir le courage d’œuvrer encore et toujours pour la paix, c’est bien ce à quoi s’emploient les communistes : travailler à la réalisation de l’humanité.
Clément Garcia

Rendez-vous de rentrée
Le pouvoir, cet été, a changé de ton, et de communication. Après le « demain, ça ira mieux » de Hollande, le 14 juillet, il y eut le « demain ça sera pire » de Valls, le 1er août. Désormais, on nous martèle que la rentrée sera sombre. Hollande/Valls savent que leur politique mène à l'impasse mais ils persévèrent. Et désespèrent. Ils inquiètent l'opinion pour la désarmer.
À cette pédagogie de la résignation, les communistes opposent une alternative à l'austérité, un projet de gauche, tout simplement. Ils s’adressent à tous ceux qui refusent ce fatalisme. Ensemble, il s’agit de construire un front large, un front du peuple autour d'idées fortes : le bien commun, l'humain d'abord.
La rédaction de La Revue du projet vous propose deux rendez-vous de rentrée : l'université d'été des communistes aux Karellis, les 29 au 31 août, puis la Fête de l'Humanité des 12 au 14 septembre. Elle sera pareillement attentive à l'assemblée de rentrée du Front de gauche, le 6 septembre. Avec, partout, une même préoccupation : redonner force collective aux luttes, renconstruire de la mobilisation et de l'espoir.
Gérard Streiff

Vendémiaire
En politique aussi, le mois des vendanges approche. Les réflexions ont mûri durant d'été. Les communistes ont prévenu : pas question de les laisser virer à l'aigre ou gagner par la pourriture bleu marine. L'heure est à la récolte. Il y a urgence pour notre peuple : à l'Élysée comme à Matignon, ce sont les valeurs fondatrices du mouvement ouvrier que l'on foule aux pieds. Après un printemps difficile, nous voulons remettre en mouvement, au travail, et en action toutes les forces qui refusent d'avaler la potion amère de l'austérité. Front de gauche, écologistes insatisfaits, frondeurs du PS, forces sociales et culturelles peuvent converger. Pour y parvenir, il faudrait, dit-on, mettre de l'eau dans notre vin. Le défi de la période est bien différent : c'est au nom même de leur visée révolutionnaire que les communistes travaillent à des convergences. Plus qu'un autre, le mois qui s'ouvre sera constellé de rendez-vous cruciaux pour le rassemblement.
« Vendémiaire », c'est d'ailleurs un poème d'Apollinaire, l'homme qui voulait « rallumer les étoiles ». Les communistes avaient fait de son mot un étendard aux couleurs de leurs espoirs lors de leur 36e congrès. C'est toujours bien de cela qu'il s'agit. Les communistes aiment les vers et le rouge. Et ils savent que Vendémiaire est le premier mois du calendrier d'une nouvelle ère.
Léo Purguette

Travailler au communisme de demain
Le néolibéralisme semble avoir réussi son œuvre : créer une société divisée, individualiste, consumériste, en panne d'espoir. L'offensive contre les services publics, contre la souveraineté populaire, contre l'organisation collective n'est pas seulement menée à coups de réformes, elle a aussi lieu dans les consciences. Pourtant, des résistances existent et la bataille idéologique n'est pas encore perdue. Aujourd'hui, c'est à chacun d'entre nous qu'il revient d'entreprendre un travail de long terme, à petits pas, pour développer une autre vision du monde et la rendre majoritaire. C'est à chacun d'entre nous qu'il revient de participer au grand chantier que le PCF veut faire grandir dans les mois qui viennent : celui d'un communisme de nouvelle génération. La Revue du projet entend être un outil au service de cette élaboration collective, donner de la hauteur à la discussion politique, contribuer à la formation des militants. Il nous faut à la fois construire et transmettre : la tâche est donc immense. Mais elle est aussi exaltante.
Jean Quétier

La Revue du projet, n° 39, septembre 2014
 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.