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Euthanasie, fin de vie : un débat ouvert Respect et dignité ! Jean-Luc Gibelin

La question de la fin de vie ne peut pas être traitée dans le chaos médiatique car il est impossible de répondre de manière simpliste ou trop succincte à ce sujet. C’est une question qui doit rester ouverte. La problématique doit chaque fois être étudiée au cas par cas. Le ressenti de la perte de la dignité qui dépend de chaque individu est particulièrement important. C'est une préoccupation forte à laquelle le positionnement du PCF cherche à répondre.

Faut-il une nouvelle loi ?
La pertinence d’une nouvelle loi sur cette question est donc posée. L’arsenal juridique existant est-il totalement utilisé ; n'est-il pas suffisant ? Les moyens pour les prises en charge en soins palliatifs sont notoirement insuffisants. Nous avons régulièrement, l'occasion de constater que les services hospitaliers qui leur sont dédiés n'ont pas les moyens humains et matériels de fonctionner et que le nombre de places y est insuffisant et surtout n’est pas valorisé à la hauteur des besoins. Les moyens actuels sont trop limités pour permettre de répondre aux besoins en matière de soins palliatifs et pour assurer son accès pour le plus grand nombre. Les inégalités territoriales sont criantes dans ce domaine. Plus généralement, la lutte contre la douleur a encore beaucoup de progrès à faire dans notre pays.

Les calendriers parlementaires ne prévoient pas de passage de projet de loi en la matière même si le premier ministre a fait allusion à ce domaine dans la déclaration de politique générale. Il me semble indispensable de bien distinguer plusieurs choses : les actes d'euthanasie, l'attitude d'accompagnement et la volonté individuelle de mettre fin à sa vie. Autant il est évident que la question se pose de permettre à la personne de choisir de mettre fin à ses jours dans la dignité, lorsqu'elle le désire, autant il n'est pas acceptable de condamner pénalement une personne qui aurait assisté une personne dans cette décision pour abréger ses souffrances, de même il n'est pas question de tolérer les homicides, tout comme il ne paraît pas acceptable de dépénaliser globalement l'euthanasie. Ceci ouvrirait la porte à toutes les dérives eugénistes aux relents dramatiques.

Il y a besoin d'une réflexion autour des garanties à obtenir pour respecter les choix des individus et l'accompagnement des professionnels, sans aucune sanction. Les besoins d'accompagnement social dans ces moments de la vie sont très importants. Il faut les soutenir. Les pratiques d'humanité existent dans de nombreux lieux de soin même si elles sont particulièrement « perso-dépendantes » ! Elles doivent être encouragées et renforcées.

Nécessité d’un débat ouvert
Les raccourcis ne sont pas de mise en la matière. Au contraire, le débat doit être largement ouvert, les arguments doivent pouvoir s’échanger sur le fond en veillant à ne pas passionner les échanges. C’est dans cet esprit que le PCF propose d’organiser un colloque permettant la rencontre des diverses positions, bien au-delà de celles défendues par les associations.

Pour ma part, et c'est largement partagé dans la commission Santé, je suis pour un positionnement équilibré, laissant ouvertes les solutions et refusant les anathèmes qui ferment le débat. La dimension humaine est à privilégier en veillant aux conditions de sa mise en œuvre concrète. La dignité des usagers et des ayants droit à la santé comme celle des professionnels, est indispensable. Elle doit être reconquise et passe par une logique qui réponde aux besoins humains et surtout pas à une logique financière.

Par Jean-Luc Gibelin, responsable du secteur Santé, protection sociale du Conseil national du PCF.

La Revue du projet, n° 38, juin 2014
 

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