La revue du projet

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Produire mieux pour manger tous d’ici 2050 et bien après, Gérard Le Puill

Pascal Galodé éditeurs, 2013

Par Ivan Lavallée
Frédéric Joliot considérait déjà qu’une société qui produisait pour vendre et non pour répondre à des besoins allait à la catastrophe. La planète ne pourra pas nourrir neuf milliards d’humains d’ici 2050 si on continue à avoir une vision spéculative de la production agricole, celle-ci étant considérée comme une marchandise comme une autre, destinée à générer le plus de profit possible dans le minimum de temps indépendamment des besoins réels des populations et des réalités biologiques des sols. Cette politique agricole actuelle dite commune est tout sauf guidée par l’intérêt commun des populations et des travailleurs de la terre ; elle conduit à des délocalisations, s’appuyant sur la « théorie » des avantages comparatifs (uniquement financiers) de Ricardo. Continuer ainsi c’est aller à l’abîme et renouer avec les famines de masse que l’histoire a connue dans les siècles précédents. Les décideurs politiques feraient bien de s’inspirer des idées ici présentées s’ils veulent éviter de grandes catastrophes alimentaires et que leur nom et le système de production et d’échange qu’ils ont promu n’entre pas dans les livres d’histoire comme synonymes de crimes contre l’humanité.
Ce troisième ouvrage en cinq ans marque l’engagement et l’inquiétude de l’auteur, Gérard Le Puill, qui dégage de nombreuses pistes pour relever le défi alimentaire à venir « sans manger dans les assiettes des autres ». Cela passe par une gestion rationnelle des sols et le respect de règles simples : ne pas faire produire à un sol plus que ce que permet sa régénération dans un laps de temps donné, sous peine de stérilisation ; pratiquer l’agroforesterie et mettre en place des ceintures vertes autour des grandes agglomérations, afin de produire mieux pour que tous mangent à leur faim et dans le même mouvement de capter du CO2 au lieu d’en libérer, de cesser d’empoisonner les sols et de préserver la biodiversité tant végétale qu’animale ; mettre en valeur les terroirs de France afin d’assurer la souveraineté alimentaire actuellement mise à mal par le marché spéculatif sur les productions agricoles.

La Revue du projet, N° 33, janvier 2014

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