La revue du projet

La revue du projet
Accueil
 
 
 
 

En 2011, de plus en plus de pauvres, de plus en plus pauvres

Dans le numéro de juin 2013 de La Revue du Projet, nous montrions comment les inégalités de revenu avaient progressé entre 2004 et 2010. Entre 2009 et 2010, le revenu médian des Français baissait, pour la première fois depuis 2004, et les Français les plus précaires, notamment les chômeurs, connaissaient les baisses les plus importantes. Malgré cela, les 5 % de Français les plus riches continuaient de voir leur revenu augmenter, avec une hausse de 1,3 % entre 2009 et 2010.

Les nouvelles données de l’enquête sur les revenus fiscaux et sociaux, publiée par l’INSEE, permettent d’observer l’année 2011 et confirment la tendance que nous soulignions pour 2010 : les inégalités de niveau de vie continuent de se creuser en France. En 2011, le revenu médian des ménages français est de 19 550 euros par an, soit 1 630 euros par mois. Ce chiffre sépare la population française en deux moitiés, l’une gagnant plus de 1 630 euros par mois, l’autre gagnant moins.

Par rapport à 2010, cela constitue une légère hausse. Mais lorsqu’on tient compte de l’inflation, on observe en réalité une stagnation du revenu (graphique 1). Sur cette période, alors que le revenu des 10 % de Français les moins riches continus de diminuer, le revenu des 5 % de Français les plus riches augmente de 1,8 %. Les écarts de revenus continuent donc de se creuser, et en 2011, les 10 % de Français les plus riches avaient un revenu 3,6 fois plus élevé que les 10 % de Français les moins riches.

Signe que les inégalités se creusent, le nombre de pauvres continue d’augmenter en France. Le seuil de pauvreté était en 2011 de 977 euros par mois : 8,7 millions de Français, soit 14,3 % de la population gagnent moins que ce seuil. C’est le niveau de pauvreté le plus haut que connaisse la France depuis 1997. Parmi ces 8,7 millions de pauvres, la moitié, soit plus de 4,3 millions de Français gagnent même moins de 790 euros par mois, ce qui constitue une légère aggravation de la situation par rapport à 2010.

 

Enfin, comme en 2010, on observe des différences marquées de revenus selon le statut des personnes sur le marché du travail  (graphique 2). Les revenus des actifs ayant un emploi continuent de suivre des évolutions relativement parallèles, malgré le léger décrochage des revenus des retraités en 2010. Les chômeurs continuent pour leur part de voir leur revenu diminuer : en 2011, celui-ci repasse même en dessous du niveau de 2004. La part de chômeurs sous le seuil de pauvreté est en 2011 de 38,9 %, soit une progression de plus de 8 % par rapport à 2010, où 35,8 % des chômeurs vivaient avec un revenu inférieur au seuil de pauvreté.

La Revue du projet, N° 33, janvier 2014
 

Il y a actuellement 0 réactions

Vous devez vous identifier ou créer un compte pour écrire des commentaires.