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Quelle géographie de l’implantation locale des élus communistes ? Yann Le Pollotec*

Le PCF avec un réseau de 759 maires communistes et apparentés, 235 conseillers généraux, 2 397 maires adjoints, 6 596 conseillers municipaux, est en ce qui concerne les élus de proximité la troisième force politique de France.

Le PCF a un véritable maillage d’élus locaux, qu’ils soient ruraux ou urbains, en responsabilité vis-à-vis de la population dans 94 des 96 départements métropolitains et dans 21 des 22 régions de notre pays. Plus de 3 300 000 citoyens vivent dans une commune gérée par un ou une maire communiste ou apparenté ce qui implique de la part de nos élus et de notre Parti un rapport fort au réel et à ses contradictions. Ces élus, qu’ils soient conseillers municipaux, communautaires, adjoints, maires apportent un démultiplicateur de résonance des propositions politiques et des valeurs des communistes auprès des populations. Ces élus enrichissent aussi fortement la réflexion concrète du PCF sur des questions centrales pour nos concitoyens comme l’eau, le logement, les transports, l’énergie, la santé, la petite enfance, l’urbanisme… Ils sont de toutes les luttes et solidarités sociales, sociétales et internationalistes, qu'il s'agisse des expulsions, des coupures de gaz et d’électricité, de l’aide aux sans papiers, de la défense de l’emploi et des services publics, du développement industriel, de la protection de l’environnement, de l’accès à la culture pour tous……

Des pratiques démocratiques innovantes
Les maires communistes sont aussi des rassembleurs de toute la population, par des pratiques démocratiques innovantes d’implication des citoyens dans la gestion des affaires de la cité. Entièrement dévoués à leur mandat et à l’intérêt général, malgré toutes les difficultés financières des communes, malgré les attaques contre la démocratie communale, ils sont les bâtisseurs de l’urbanité et de la ruralité de demain. Pour le bien commun, ils rassemblent bien au-delà du périmètre de la gauche politique.

Sur les 404 communes de France métropolitaine de plus de 20 000 habitants, 37 de ces communes ont un ou une maire communiste ou apparenté. 67 % de ces communes sont en Île-de-France, les autres se répartissent entre les départements des Bouches-du-Rhône (4), de l’Isère (3), de la Seine-Maritime (2), du Rhône (2) et du Cher (1). Ces 37 communes totalisent 1 595 151 habitants. 73 % d’entre elles sont gérées dans le cadre de majorités rassemblant les communistes, les verts et les socialistes ainsi que des citoyens issus de la société civile.
Sur 541 maires adjoints dans les villes de plus de 20 000 habitants, 258 exercent leur mandat dans des communes ayant un maire membre du Parti socialiste ou étant divers gauche.

Parmi les communes de 10 000 à 20 000 habitants, 41 ont un ou une maire communiste ou apparenté. Ces communes se distribuent dans 23 départements et 13 régions avec une prédominance du Nord-Pas de Calais (32 %) et de l’Île-de-France (22 %).

Dans la tranche des communes allant de 5 000 à 10 000 habitants, on trouve 75 municipalités dont le maire est communiste ou apparenté. Ces communes se concentrent dans 33 départements avec une forte représentation du Nord-Pas-de-Calais avec 28 % de ces villes, la région PACA avec 12 %, la Lorraine avec 11 %, Rhône-Alpes avec 9 %, et enfin la grande couronne de l’Île de France avec 8 %.

Les villes de 3 500 à 5 000 habitants comptent 36 communes avec un ou une maire communiste ou apparenté dispersées entre 19 départements. Le Nord-Pas-de-Calais à lui tout seul, représente 22 % de ces municipalités.

Sur les communes ayant entre 1 000 et 3 500 habitants, on recense 208 maires communistes et apparentés répartis entre 63 départements. Le Languedoc-Roussillon regroupe 12 % de ces communes, le Nord-Pas-de-Calais 11 %, la Picardie 9 %, la Lorraine 8 %, Midi-Pyrénées 7 %. Ces communes situées dans la tranche démographique des 1 000 à 3 500 habitants vont connaître en 2014 un changement de mode de scrutin. Elles vont passer d’un scrutin majoritaire avec panachage à un scrutin de liste paritaire à la proportionnelle à la plus forte moyenne avec prime de 50 % des sièges à la liste arrivée en tête. Ce bouleversement électoral devrait permettre au PCF et au Front de gauche de conquérir de nouvelles positions électives dans cette catégorie de communes.

Dans les communes de moins de 1 000 habitants on dénombre 364 maires communistes et apparentés situé dans les 67 départements les plus ruraux de France.

Les départements zones de forces en matière de densité de d’implantation municipale du PCF sont : l’Aisne, l’Allier, les Bouches-du-Rhône, le Cher, la Corrèze, les Côtes-d’Armor, la Dordogne, le Gard, l’Isère, la Meurthe-et-Moselle, le Nord, l’Oise, le Pas-de-Calais, le Puy-de-Dôme, la Seine-Maritime, la Somme, la Haute-Vienne, les Hauts-de-Seine, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne.

Il est difficile et réducteur de faire un portrait-robot d’une « municipalité communiste » : Blanc-Mesnil ne ressemble pas à Arles, Martigues n’est pas Dieppe, et La-Grand-Combe est fort différente de Ploufragan. Chaque municipalité a son histoire politique, sociale et migratoire singulière. Elles se sont souvent construites autour de luttes sociales et politiques, nationales, locales et internationales dont témoignent les noms de rue ou de bâtiments publics. Il y a les villes cheminotes : Saint-Pierre-des-Corps, Migennes, Mitry-Mory… Il y a les villes qui ont été liées à une histoire industrielle particulière comme Vénissieux, La Courneuve, Saint-Denis, d’autres sont issues d’anciens bassins miniers ou sidérurgiques. Elles sont aussi le produit des différentes vagues d’immigration : Bretons, Savoyards, Auvergnats, Polonais, Italiens, Espagnols, Maghrébins, Africains, Chinois…

Cependant, toutes les « municipalités communistes » restent marquées par un très fort ancrage à gauche, mais aussi en zone urbaine dense par une abstention et une non inscription électorale plus fortes que la moyenne départementale et nationale. Dans toutes ces communes, la gauche a été largement majoritaire au 2e tour de la présidentielle, dans une part importante d’entre elles la droite politique hors Front national obtient des résultats électoraux faibles.

Dans les communes de plus de 5 000 habitants, sociologiquement, la composante « ouvrier et employé » continue de dominer, les familles mono-parentales connaissent une grosse croissance, tout cela dans le cadre d’une forte présence du logement social et d’une importante densité de services publics municipaux de proximité dans tous les domaines de la vie : santé, petite enfance, culture, sport...

Dans les années 1980-2000, ces villes ont été soumises à des mutations profondes de leur territoire, liées à une désindustrialisation brutale et violente. Les activités traditionnelles et la sociabilité qu’elles avaient induites ont souvent disparu au profit soit de friches industrielles et d’un chômage et d’une précarité de masse en particulier chez les jeunes, soit d’un tissu de PME-PMI orientées vers les services ou des activités liées à la révolution numérique.
Certes les « municipalités communistes » sont souvent et logiquement implantées sur les territoires où la crise frappe le plus durement et où les populations les plus vulnérables sont concentrées. Mais c’est aussi de ces territoires et de ces populations, de par leurs luttes, leurs solidarités, leurs créativités, leurs espoirs et leurs rêves que naîtra le monde de demain sur les ruines de l’ancienne société. Ce n’est peut-être pas un hasard si c’est sur le territoire de municipalités communistes que se multiplient les créations de Fablab et d’hackerspace.

*Yann Le Pollotec est responsable adjoint du secteur Élections du Conseil national du PCF.

La Revue du projet, n° 29, septembre 2013

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