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Edoardo Sanguineti, Francis Combes

Né en 1930 à Gênes et mort, dans cette même ville, en 2010, Edoardo Sanguineti est l’une des figures majeures de la vie poétique et intellectuelle italienne de l’après-guerre. Après une enfance marquée par des problèmes de santé  (une maladie de cœur diagnostiquée à tort), le jeune Edoardo fait ses études à Turin et entre en contact avec les milieux littéraires. Ses premiers textes ne sont lus que par un tout petit cercle d’amis. Mais bientôt, dans les années soixante, après la parution de son premier livre Laborintus, Sanguineti s’affirme comme un chef de file de la néo-avant-garde italienne, les Novissimi, avec notamment Balestrini et Porta.
Poète, essayiste, romancier, auteur de pièces de théâtre, Sanguineti fut un intellectuel italien  engagé dans le débat politique et idéologique de son pays. Pendant des années, il a exercé, à travers son œuvre et son travail comme professeur de littérature italienne à l’université de Gênes, une forte influence sur des générations d’étudiants. Il a traduit Joyce, Molière, Brecht, des auteurs grecs anciens. Et a collaboré avec le musicien Berio. Marxiste, il s’est impliqué dans de nombreux combats, aux côtés du Parti communiste italien (PCI), et a été député indépendant sur sa liste, de 1979 à 1983.
Déjà, dans un poème de Stracciafoglio  (1979) il exprimait sa préoccupation devant l’évolution de son pays (a posteriori, on peut se dire que son constat ne valait pas que pour le PCI) :
« je voulais [te] dire que le marxisme est en train de devenir fort rare, autour de moi, […] (que ce n’est pas la chute de la courbe des voix qui m’inquiète, mais la débâcle d’une idéologie). »
En France, son œuvre est peu connue. Bien qu’il ait entretenu des relations avec quelques-uns des écrivains marquants des années 1970, comme  Jean Thibaudeau (qui a traduit deux de ses romans), Jacques Roubaud ou Denis Roche. Et qu’il ait été admis en 2001 en tant que membre du collège de Pataphysique, avec le titre de satrape.

« Aujourd’hui, mon style, écrit-il, c’est de ne pas en avoir ». Ses poèmes, qui jouent volontiers sur le registre de langues et de formes différentes, relèvent toujours d’une sorte de journal, en prise avec la vie, l’actualité, la biographie.

Dans un des poèmes du recueil Postkarten, il livre son « art poétique » qui démystifie de façon très salubre le processus de l’écriture poétique :

Sa poésie, qui peut au premier abord paraître très abstraite et « intellectuelle » est en fait un festin d’intelligence critique, de culture et d’ironie, en même temps que de sensualité, d’appétit de vivre. Le poème qui suit en donnera un avant-goût.

 

La Revue du projet, n° 28, juin 2013
 

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