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« Décoloniser les savoirs » Mouvements, n° 72

Par Shirley Wirden
La parution n° 72 de la Revue Mouvements était placée sous le thème de la décolonisation, de l’internationalisation des débats et des luttes. Ce numéro a été coordonné par Jim Cohen et Seloua Luste Boulbina. Le premier est maître de conférences en France et aux États-Unis. Ses recherches portent sur les sources de la diversité ethnoraciale de la population états-unienne, minorités raciales et ethniques, les processus de racialisation et formes du racisme, les politiques publiques et modèles de lutte contre les discriminations, les migrations inter­natio­nales/transnationales vers les États-Unis, les politiques d’immigration et les mouvements sociaux associés à l’immigration. La seconde, agrégée de philosophie, docteur d’État en sciences politiques et directrice de programme au Collège international de philosophie, s’est spécialisée dans les questions post-coloniales. Elle a publié deux livres : Le singe de Kafka et autres propos sur la colonie aux éditions Parangon en 2008 et Les Arabes peuvent-ils parler ? aux éditions Blackjack en 2011. Leurs parcours sont révélateurs de l’équipe qui a travaillé pour cette parution, ainsi que de la couleur d’ensemble du numéro.

Le dossier rappelle l’actualité des questions postcoloniales : la décolonisation n’est pas une période historique bien déterminée, mais elle est toujous en cours. La décolonisation est un processus encore en action, comme interminable. Plusieurs chercheurs et universitaires se sont ainsi retrouvés dans ce numéro pour brosser divers sujets, divers thèmes, divers discours où la « colonialité » se mêle encore. C’est un numéro qui s’engage, qui proteste et propose.
Pourquoi s’intéresser à la décolonisation des savoirs ? Les discriminations, le racisme, les discours et actes coloniaux sont encore présents et se transforment. Ils sont toujours en mouvement et ce numéro a pour but d’analyser ces transformations. Les expositions du quai Branly, les institutions, la place des femmes, la transmission des savoirs, les pratiques politiques sont par exemple soumis à une analyse fine qui met au jour leur colonialisme ancré, sous couvert de décolonisation. Ces réflexes coloniaux se sont immergés dans les savoirs, dans toutes les strates de la société. L’enjeu est double : épistémologique et politique.

De grands noms sont évoqués dans ce numéro, s’appuyant ainsi sur les luttes du XXe siècle : Frantz Fanon, Edward Saïd, Édouard Glissant, pour ne citer qu’eux. Ainsi, Mouvements s’inscrit dans une lignée de penseurs et dans la continuité d’une lutte à mener contre l’occidentalo-centrisme, contre la hiérarchie des cultures, des peuples, des hommes entre eux.

Parcourant les diverses régions du monde, Mouvements a tâché de concocter une analyse matérialiste des effets encore vifs du colonialisme dans les savoirs et pratiques et prône clairement son programme de décolonisation au fil des plumes toujours plus fines.

La Revue du projet, n° 26, avril 2013
 

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