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Jacques R. Pauwels, Big business avec Hitler

Éditions Aden, 2013.
Par Florian Gulli
Jacques Pauwels analyse les relations qui unirent d’une part le monde des affaires en Allemagne et aux États-Unis et d’autre part Hitler, le NSDAP puis le régime nazi. Le big business, c’est ainsi que Pauwels choisit de nommer le « grand capital », a soutenu Hitler de ses premiers pas en politique jusqu’à la guerre.
La raison première de ce soutien est simple : la peur du communisme au lendemain de la révolution d’Octobre. Hitler promettait de vaincre le marxisme et de briser les reins des organisations politiques et syndicales de gauche. On comprend qu’un tel programme ait pu séduire de larges pans du grand patronat en Allemagne et en Amérique. L’argent coula donc à flot pour aider celui qui éloignerait le spectre soviétique des entreprises allemandes et des filiales des groupes américains en Allemagne.
La seconde raison est d’ordre économique. Le régime nazi allait faire grimper les profits du big business de façon vertigineuse. Comment ? D’abord par l’augmentation des commandes de l’État en vue de préparer la guerre. Ensuite, en diminuant les salaires, en allongeant la durée de la journée de travail et en recourant au travail gratuit des déportés de camp de concentration.
Le livre insiste aussi sur l’implication du capitalisme américain. Il a entretenu de cordiales relations avec le régime une fois l’Allemagne entrée en guerre. La Blitzkrieg en Europe de l’Ouest puis l’opération Barbarossa en URSS ont bénéficié du soutien logistique des entreprises américaines. Les pétroliers américains pourvoyaient la Wehrmacht en essence, tandis que Ford fournissait les moteurs de camions.
Ce livre prend le contre-pied de nombreuses idées reçues actuelles relatives à cette période. Trois en particulier. 1) Le nazisme aurait été imposé par une clique de gangsters, Hitler et ses proches, extérieurs à la société allemande de l’époque. 2) Le peuple allemand serait tout entier et sans distinction responsable de la catastrophe nazie. 3) Le nazisme s’expliquerait par le soutien des classes populaires séduites par le programme socialiste du parti nazi. Ces trois récits ont ceci de commun qu’ils occultent totalement le rôle joué par les élites financières et industrielles, des deux côtés de l’Atlantique, pendant près de vingt ans.

La Revue du projet, n° 26, avril 2013
 

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