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De la Médecine civile ou de la Police de la Médecine, Samuel Tissot

éditions BHMS, 1797/2009

Par Pierre Crépel
Miriam Nicoli, déjà auteure de l’ouvrage Apporter les lumières au plus grand nombre, Lausanne, Antipodes, 2006, a publié assez récemment un petit ouvrage très lisible et jusque-là inédit du grand médecin lausannois, Samuel Auguste Tissot, intitulé De la Médecine civile ou de la Police de la Médecine. (1728-1797), plus connu pour ses deux best-sellers, L’Onanisme (1760) et Avis au peuple sur sa santé (1761). Il s’est beaucoup engagé en faveur de l’hygiène publique, pour l’inoculation (ancêtre de la vaccination) et pour que le peuple lui-même apprenne à prendre en main les problèmes de santé. Chez lui, la médecine n’est pas seulement un art de mystères, une science autoritaire et un pouvoir, elle relève aussi de ce qu’on pourrait appeler, un peu anachroniquement, l’éducation populaire. Le texte de Tissot se compose de deux parties : la première traite « des moyens de conserver la santé du public ou de l’hygiène générale », la seconde des « moyens de rétablir la santé ». L’histoire de la médecine, la qualité de l’air, les boucheries, la prévention des épidémies, les aliments, les boissons, le mouvement et le repos, la débauche, les hôpitaux, le personnel médical, les médicaments : tout cela est abordé en termes simples par l’un des plus grands médecins des Lumières. Bien sûr, on trouvera cet ensemble un peu naïf, car la médecine moderne ne débute progressivement que – disons – vers 1820. L’introduction cosignée de Miriam Nicoli et Danièle Tosato-Rigo expose fort clairement contexte, opinions et enjeux.
La Revue du projet, n° 24, février 2013

 

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