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L’alternative à l’austérité ou quels sont nos buts ? Patrice Bessac

Le Front de gauche vient de décider d’engager une campagne publique pour l’alternative à l’austérité. Fort bien. Bravo. Et tout est dans un mot : l’alternative.

L’alternative. C’est-à-dire un positionnement fondamental pour notre courant politique : contester l’assignation au ghetto protestataire ; diriger notre énergie vers un seul but, celui de montrer que la politique que nous proposons peut, doit devenir la politique de la France car elle seule permet de réussir et de changer dans l’intérêt du grand nombre.
 
La période qui est devant nous est décisive. L’orientation gouvernementale est sans ambiguïté, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault a fait le choix de s’inscrire dans la continuité des politiques de compétition. Celles-là même que le vote des élections présidentielle et législatives a sanctionnées.
 
Le sentiment que colportent nombre de commentateurs sur l’atonie actuelle du peuple français est une illusion. Rien actuellement, absolument rien n’efface les conditions précédentes caractérisées par la colère, le rejet du gouvernement des banques, la volonté du retour de la puissance publique. Rien n’efface les bouffées de racisme, la place de l’extrême-droite dans notre pays, les dérives de la droite pain au chocolat.
La grande question d’une nouvelle irruption du peuple français dans le débat public est donc : quand ? Quand cela surviendra-t-il ? Et au profit de quelle orientation politique ? Une bouffée de délire paranoïaque ou un appel clair à la rupture avec le capitalisme financier ?
 
C’est cela que nous devons préparer. C’est cela notre responsabilité. Semer, semer, semer, transformer la résignation en colère et la colère en revendications politiques de changement.
 
N’oublions jamais le constat maintes et maintes fois fait : une majorité de notre peuple est en réalité antilibérale, une majorité s’exprime à de très nombreuses reprises dans les sondages pour le service public, pour la contestation du capitalisme financier et du libre-échange, pour la reprise en main des banques… Et cette majorité n’a pas pu trouver pour le moment une majorité politique qui l’exprime.
 
Avec le Front de gauche, en 2012, nous avons gagné sans conteste de nouvelles forces. C’est évident. En 2013, ces forces nouvelles doivent en entraîner d’autres sur un terrain difficile : les conditions de l’alternative sociale, démocratique, écologique, la création d’un liaison nouvelle entre les forces sociales, intellectuelles et politiques. Plus que jamais, le Front de gauche n’est pas un nouvel appareil politique mais une force qui crée le mouvement et qui aspire à se dépasser elle-même.
 
À nos frêres et sœurs du Mali, je veux exprimer notre douleur, notre solidarité, notre chaleureuse amitié dans ces temps de violence et de difficultés.
 
Voilà des mois et des mois que l’éclatement actuel couvait. Voilà des mois que les puissants savaient. Et pourtant, une fois encore, la communauté internationale n’aura pas su réagir assez tôt pour prévenir l’état actuel de la situation.
 
À nos amis du Mali, je veux assurer que nous sommes à leurs côtés. À leurs côtés aujourd’hui. À leurs côtés demain, surtout quand il s’agira de demander, d’exiger, d’obtenir que le Mali puisse disposer des conditions nécessaires à la reconstruction d’un État et de services publics forts, libres et démocratiques.
 
Car s'il y a dans la guerre actuelle des responsabilités claires, notamment la dispersion massive d’armes et de mercenaires à la suite de l’offensive contre la Libye, il y aussi des causes de longue durée : la politique du FMI et de l’Union européenne, l’accaparement des richesses. Le comportement prédateur des forces occidentales place les États d’Afrique devant une exigence contradictoire : tout privatiser, tout libéraliser et dans le même temps construire leurs États. 

La Revue du projet, n° 24, février 2013
 

Il y a actuellement 1 réactions

  • surprise

    Je suis assez surpris de trouver de l'attente des institutions internationales pour régler quelques situations que ce soit .Ces institutions sont toutes l 'émanation de pouvoir politique qui se préoccupent bien peu de justices et d'égalité et surtout pas de la répartition des richesses

    Par laurent michel, le 10 mars 2013 à 17:52.