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« Les Gauches latino-américaines au pouvoir » Recherches internationales, n° 93

Par Alexis Coskun
Quelques semaines après la réélection du président Chavez au Venezuela, la revue Recherches internationales livre à ses lecteurs un dossier complet et précis relatif aux dernières évolutions vécues par le sous continent latino-américain.
Dans son article, « Quelles politiques de gauche pour l’Amérique latine ? », Michel Rogalski dépeint les quatre grands enjeux qui cristallisent tant les convergences entre les différents pays latino-américains que leurs divergences : le « rapport à l’extérieur », de l’impérialisme, de Cuba et du Venezuela à la « diplomatie du "grain de sable" développée par la Bolivie sur les questions environnementales et climatiques » ; la prise en compte des inégalités ; la mise en œuvre du pouvoir et enfin la construction d’un développement de type nouveau.
Les processus actuels dans cette région du globe ne sont pas ici appréhendés comme des modèles idéaux. L’interview de Franck Gaudichaud, président de l’association France-Amérique latine, développe ainsi plusieurs critiques, qui tombent parfois dans le travers de vouloir calquer sur le contexte latino-américain des réflexions politiques propres à la situation européenne.
D’autres articles détaillent la situation économique du sous-continent – avec la question d’un nouveau type de « développementisme » au travers d’une contribution très fournie de Luiz Carlos Bresser-Perreira et de Daniela Teuheur, ou celle de l’intégration économique sous la plume d’Alexis Saludjian. Jean Ortiz et Marielle Nicolas adoptent plutôt le point de vue des sciences politiques en questionnant la concordance entre les changements actuels et l’idéologie de Che Guevara.
L’ensemble du dossier rappelle quatre éléments fondamentaux de l’histoire politique de l’Amérique latine :
- une longue tradition de domination par des dictatures inféodées à Washington (liées à la fameuse doctrine Monroe de 1823), qui tend à s’éloigner grâce aux politiques anti-impérialistes ;
- un développement actuel de la contestation de l’ordre capitaliste qui fait suite aux années 1980 où la région constituait le laboratoire des politiques néolibérales en Amérique-latine ;
- un rapport problématique à la notion de « populisme », dans la mesure où cette tradition politique est commune à tous les pays depuis les années 1930 et correspond bien souvent à des politiques de grande ampleur en direction des couches les plus exploitées des populations ;
- enfin, un lien étroit entre question sociale et question nationale : les mouvements progressistes latino-américains ont toujours allié Marx et Bolivar.

La Revue du projet, n° 23, janvier 2013

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