La revue du projet

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Edward Hopper, une manière d’habiter le silence

À travers une sélection de gravures, d'aquarelles et une rétrospective de l'essentiel des toiles produites par Edward Hopper, l'exposition du Grand Palais nous présente un artiste qui n'a pas fini d'influencer la modernité, spécialement dans les différentes disciplines artistiques qui la recoupent.
Il débute comme illustrateur et ce n'est pas avant 1924 que les conditions économiques et un succès relatif mais grandissant lui permettent de se consacrer exclusivement à sa peinture.
Entre-temps, une longue période faite de voyages, de découverte de soi et des différentes techniques et méthodes de représentation du monde forge sa sensibilisation aux procédés artistiques, de même que l'émergence puis la maturation de son style.

 

 

Le choix de l'illustration puis celui de la gravure, qui répondent aussi bien à une préoccupation matérielle qu'à un désir de « former » son regard, sont des moments de la chronologie de Hopper souvent peu évoqués, alors qu'ils possèdent une importance déterminante dans son parcours personnel, artistique.
La plus grande partie de l'exposition est dédiée aux « sujets américains » de Hopper. Le peintre y déploie tout son talent à restituer la quotidienneté des métropoles américaines et la solitude omniprésente, qu'elle soit choisie ou subie, qui s'y attache paradoxalement.
Tantôt angoissante ou exaltée, cette solitude pousse le spectateur dans une forme d'introspection générale et urbaine qui interroge aussi bien sa manière de vivre la ville que la capacité des hommes à interagir ou s'ignorer prodigieusement dans des espaces clos ou ouverts.
Nous n’avons jamais l’impression que Hopper juge à quelque moment cette solitude, il la pose comme une réalité, une évidence, une compagnie arrangeante et aliénante, une marque de la misère et de la grandeur humaine… une manière d'habiter le silence ?
Nicolas Dutent

 

 

La Revue du projet, n° 23, janvier 2013
 

Il y a actuellement 1 réactions

  • E. Hopper

    Je consulte pour la première fois cette revue, avec un à priori sympathique. Malheureusement, je tombe sur l'article consacré à E. Hopper. Catastrophe ! C'est pour moi le symbole même de l'alignement sur la culture bourgeoise et médiatisée. Cela a du succés, donc on soutient. Et même on en remet une couche ! Alors qu'il s'agit du retour, de la tentative de réhabilitation de l'artiste officiel qui tenta d'empêcher des gens comme Jackson Pollock de véritablement créer en bouleversant les méthodes mêmes de la création. Hopper, c'est le conservatisme américain sans nuance, l'illustration facile d'un quotidien médiatisé. C'est l'horreur. Et ce n'est pas parce que les foules abruties par les médias et les "experts" se précipitent que vous êtes obligés de vous précipiter à votre tour. Oui, pour moi, cet article, c'est la tache qui masque tout le reste du contenu de cette revue. Je le déplore.

    Par Lorenzo, le 18 janvier 2013 à 15:32.