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Le Capital de Marx, son apport, son dépassement au-delà de l’économie, Paul Boccara

Le Temps des Cerises, 2012

Par Igor Martinache
La nouvelle crise du capitalisme que nous traversons a ramené la figure de Karl Marx sur le devant de la scène. Même les plus libéraux se sont sentis sommés de rendre hommage au grand natif de Trèves, comme pour s’amender de leur incapacité totale à prévoir le cataclysme. Pas question pour autant de  débattre plus avant des analyses en question afin d’en tirer des enseignements pour « corriger le tir ». C’est ce (faux) paradoxe que Paul Boccara s’emploie ainsi à corriger, sans pour autant traiter Le Capital comme un livre saint rédigé par un prophète qui aurait tout prévu. Bien au contraire, l’œuvre de Marx était à l’image de sa pensée, tortueuse et inachevée, et ce serait lui faire injure que de ne pas s’appliquer à la « dépasser », au sens hégélien du terme : c’est-à-dire à prendre appui sur elle pour penser les défis de notre temps. C’est donc en quelque sorte deux livres en un que propose l’un des chefs de file de la réflexion économique du PCF : une présentation pédagogique des principaux concepts qui permettent d’analyser le mouvement historique du capitalisme, que viennent compléter un certain nombre de propositions pour sortir de la crise indissociablement économique et « anthroponomique », comme le dit l’auteur pour désigner un processus de transformation de la « nature humaine » ,  dans laquelle nous a mené la logique actuelle du capitalisme. Non sans pointer les insuffisances des tenants du keynésianisme ou du régulationnisme comme Marx en son temps celles des socialistes utopiques, ni mettre l’accent sur la « révolution informationnelle » qui caractérise selon lui la phase actuelle du développement capitaliste, l’auteur reprend et développe ainsi un certain nombre de propositions qu’il a déjà présentées par ailleurs : « nouveau statut d’emploi ou de formation », monétarisation de la dette publique et redirection du crédit vers des finalités sociales, véritable coopération internationale sur les plans commercial, monétaire et pour l’élargissement des services publics, qui passerait par une réelle démocratisation des instances supranationales, elle-même indissociable de la promotion d’une culture de partage et d’ « intercréativité ». Vaste et ambitieux programme dont les détails nécessitent encore d’être précisés collectivement, avec les conditions pour établir un rapport de forces favorable à sa mise en œuvre.
La Revue du projet, n° 22, décembre 2012

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