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L’image des communistes, Gérard Streiff*

Une enquête réalisée en 2012 par Viavoice donne des indications sur l’état d’esprit des électeurs vis-à-vis du PCF et de ses militants.

Quel peut être l’imaginaire politique d’un nouvel adhérent ? Difficile à dire car il doit y avoir probablement autant de cheminement d’idées que d’engagements individuels. Toutefois, il existe une étude d’opinion, réalisée pour l’université d’été du PCF, l’été dernier, en Savoie, qui donne peut-être quelques indications. Elle est intitulée « Observatoire des communistes et de l’idée communiste ». Le sondage de l’institut Viavoice ciblait les « électeurs communistes potentiels », des citoyens qui voteraient « certainement ou probablement » communiste à une élection présidentielle. Ce potentiel (certains + probables) oscille entre 17 % (à une présidentielle) et 21 % (élection locale), ce qui est déjà une réserve appréciable.

Un choix de valeurs

Évidemment, cette étude porte sur le vote et non sur l’adhésion mais on peut penser que l’état d’esprit de ces citoyens est assez proche de celui des nouveaux adhérents. Quelle est leur motivation première en faisant le choix communiste ? L’idéologie. Deux électeurs communistes potentiels sur trois disent faire d’abord un choix de valeur, d’idée, des idées de gauche, qui lui ressemblent, d’égalité, de partage, de justice sociale. Interrogés sur les choses qui les inquiètent le plus dans la société actuelle, ils répondent d’abord : la crise et les problèmes économiques (emploi, pouvoir d’achat), l’évolution de la société (l’avenir, les injustices), la remise en cause des services publics et des acquis sociaux.
Quand on leur demande de hiérarchiser leurs attentes prioritaires, les demandes sociales et économiques sont très fortes, les questions dites sociétales, de sécurité ou de mœurs n’arrivent qu’au 14e et 19e rang sur vingt thèmes.
S’ils souhaitent un changement en profondeur, ils se montrent « raisonnables », attendant plus des solutions que la révolution, pour dire vite. D’ailleurs, une autre question porte sur « les idées à venir du communisme » et son résultat conforte ce sentiment : sur 17 « idées communistes » à développer demain, la « révolution » vient à la 17e place…

Une opinion positive du Parti

Les sondés ont une opinion positive des communistes (75 %). Un sur deux (53 %) dit connaître dans son entourage un communiste, ce que l’on pourra trouver, comme la fameuse bouteille à moitié vide ou pleine, beaucoup… ou trop peu, puisqu’un sympathisant sur deux ne sait pas en somme à quoi ressemble un communiste !
Parmi ceux qui disent connaître un communiste, 56 % notent que cela améliore l’image qu’ils ont du PC, pour 47 % ça les incite à voter communiste mais 18 % seulement ajoutent que ça pourrait les amener à adhérer. Ces « électeurs potentiels » ont une image positive de l’idée communiste et du communisme (autour de 70 %), mots qu’ils associent massivement (90 %) à de fortes valeurs sociales (partage, égalité, justice, solidarité). Seuls 14 % ont du communisme une perception négative : ça renvoie pour eux à Staline, c’est dépassé, irréaliste (14 %).
Ce résultat sur l’image du communisme est tout à fait intéressant ; il tendrait à indiquer que dans l’imaginaire collectif, du moins dans celui d’une large fraction de la gauche, on est sorti enfin, ou plus exactement on sortirait enfin des vieux clichés sur Communisme-Staline, même combat !
Sur le parti lui-même, l’opinion est positive à 74 % ; on attend de lui qu’il soit proche des gens et présent dans les mouvements sociaux. Ces sondés sont très unitaires, ils espèrent que le PCF va s’ouvrir davantage aux autres partis de gauche (prioritaire pour 85 %) ; ils sont moitié moins, 41 %, à attendre du PC qu’il soit « plus critique contre François Hollande » (rappelons que l’enquête a été menée en juin 2012). On attend aussi de lui qu’il apporte des solutions à la crise (92 %), renouvelle ses idées et son programme (86 %). Le choix du Front de gauche est plébiscité : pour 74 %, l’opinion qu’ils ont du PC depuis la création du Front de gauche s’est améliorée. 90 % trouvent que la candidature Mélenchon fut une « bonne chose ». Avec ce Front, le PCF « fait plus moderne » (77 %) ; ils sont presque autant à penser que PCF et Front de gauche sont complémentaires, que le PCF conserve bien son identité dans le Front. Enfin 83 % jugent que ce serait « une chance pour la France » si le PC était une « composante importante du pouvoir » en France.  n

*Gérard Streiff est responsable de la rubrique Combat d’idées.

La Revue du projet, n° 22, décembre 2012

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