La revue du projet

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Vive les usines ! Patrice Bessac

Lisez le discours de Pierre Laurent, secrétaire national du PCF lors de la rencontre nationale de l’industrie qui s’est tenue à Lille, le samedi 24 novembre dernier. Et une fois que vous l’aurez lu : relisez-le !

Ce discours, fruit d’un travail collectif important, est en effet à mes yeux une avancée considérable pour un communisme de nouvelle génération et ce, au moins pour quatre raisons.

1. Parce que ce discours et cette initiative prennent de front la question industrielle. Fini les circonvolutions, c’est un discours assumé, libéré de l’idéologie dominante de l’industrie. Les discours de salon, la bien-pensance avaient dicté leur loi : l’entreprise sans usine, la société postindustrielle et autres fariboles, nous en sortons, bonne nouvelle, alléluia !

2. Parce que ce discours et cette initiative prennent de front la question industrie et écologie. En montrant combien le déploiement d’une industrie puissante est la condition pour réaliser la transition énergétique et productive vers une économie du durable, vers la fin du jetable, vers des normes qui intègrent, dès la conception des objets, leur réparabilité, leur réutilisation et leur recyclabilité. On sort enfin du mini-débat pour une mini-écologie pour aller vers les nécessaires transformations de la structure de l’appareil productif.

3. Parce que ce discours et cette initiative se sont extraits du pathos pour exprimer la force et le potentiel du peuple, des ouvriers, des ingénieurs, des citoyens pour l’avenir de la France. On arrête de se plaindre et de déléguer notre avenir : il faut ensemble reprendre en main les affaires du pays. Pas de changement sans reprise de confiance de la capacité populaire à piloter démocratiquement les grandes affaires du pays et du monde.

4. Parce que ce discours, et cette initiative ont porté une ambition nationale claire, oui nationale, en liaison avec l’Europe et le monde. Oui, nationale ! Car l’impensé des discours qui surfent à la surface du réel est que transformation écologique et ambition nationale nouvelle sont un seul et même problème. Sans grandes filières industrielles nouvelles, et donc un effort national – et européen –, il est impossible de conduire le changement-basculement nécessaire vers de nouveaux principes de production.

Ces quelques mots résument mal la richesse de cette rencontre. Je le sais. À mes yeux, l’essentiel est dans le basculement de notre effort de travail vers une nouvelle offensive. Cette initiative a marqué une rupture à cet égard. Elle n’était pas le fruit d’équilibres savants entre nos principes et les toquades idéologiques du moment. Elle était au contraire la recherche simple, patiente des solutions que nous pensons justes, au vu de l’état de la crise actuelle (crise économique, écologique, démocratique).

Et dans ce travail d’offensive s’affirme une évidence : les questions que nous avons souvent pensées séparées, convergent, s’unissent, se fondent avec un principe, le PARTAGE. C’est le problème le plus marquant : partager, mettre en commun, coopérer, ce n’est pas seulement une question de justice sociale, c’est aussi une question d’efficacité de la production. Ainsi, chemine non seulement le fait que nous avons des solutions plus écologiques et plus sociales, mais aussi le fait que le fil directeur du partage permet de penser une organisation plus efficace de la société.

Au fond, la révolution informationnelle provoque l’émergence, rend possible un communisme de nouvelle génération.

Au mois prochain,

PS : le titre de la revue sur les nouveaux adhérents est provocateur certes. Mais si nous répondons oui à cette question en principe, alors quelle est notre réponse en action ?

La Revue du projet, n° 22, décembre 2012
 

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