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L’eau n’est pas une marchandise ! Hervé Bramy

Elle est un bien commun de l’humanité qui impose une rupture avec les logiques capitalistes.
Du 11 au 17 mars, le droit à l’eau a été au cœur de l’actualité écologique mondiale.  Le Forum mondial de l’eau (FME) à Marseille devait être celui des décisions. Il a accouché d’une souris. Le président de la République devait  l’inaugurer et faire une annonce majeure. Il a fuit le sujet et a délégué son premier ministre. Ce dernier s’est contenté d’annoncer  le versement d’une dotation de 50 millions d’euros dédiée à l’Afrique. L’État français s’est engagé à peu de frais. C’est l’exact  montant qu’il a prélevé aux agences de l’eau privant ainsi les communes de subventions essentielles à leurs investissements.
Le  FME est organisé, pour une grande partie, par des multinationales qui cherchent à s’approprier l’eau dans le seul but d’accroître leurs profits. Il a été loin de traiter l’aspiration grandissante à une véritable gestion publique de l’eau, ici et dans le monde. Cependant, lors des débats, nombre d’interventions exprimaient cette attente. La vocation des entreprises privées à générer du bénéfice sur une ressource vitale souvent bien difficile à préserver, à prélever ou à assainir a été interrogée. Seules de grandes institutions de service public comme le SIAAP (syndicat interdépartemental pour l’assainissement de l’agglomération parisienne), présidé par Maurice Ouzoulias (PCF), a permis de faire entendre un autre son de cloche répondant ainsi au souhait de Magali Giovannangeli (PCF) présidente de l’agglomération des pays d’Aubagne de bâtir un lien entre le forum officiel et le forum alternatif afin « de ne pas redouter la confrontation et d’ouvrir des possibles ».
Car les citoyens n’étaient pas conviés aux débats du forum officiel, pas plus que les syndicats ou les associations environnementales et d’usagers. Tous ceux-là se sont donc retrouvés au Forum alternatif mondial de l’eau (FAME) soutenu  par le PCF, le PG,  la GU et le PGE afin de porter ensemble l’exigence de la sortie  de l’eau du marché. L’ANECR y tenait un stand. Pierre Laurent et Jean-Luc Mélenchon s’y sont rendus ensemble afin d’apporter leur soutien et porter les propositions du FdG.
La  délégation du PCF conduite par Pierre Laurent a rencontré tous les acteurs, élus, syndicats et citoyens qui agissent pour le droit à l'eau réaffirmant que l’eau est un bien commun de l'humanité qui impose une rupture avec les logiques capitalistes.
Ouvrir un nouveau champ de solidarité nationale par un autre financement de l’eau.

Ce n’est plus, en effet,  aux seuls usagers de supporter, sur leur facture, le poids des investissements à réaliser pour atteindre le bon état écologique de l’eau. La délégation a réaffirmé que seul le service public peut garantir l’égalité et son accès à chacun. Il doit être l'outil de la mise en œuvre d’un tarif unique modulé sur l’ensemble du territoire et assurer la péréquation financière entre les collectivités locales qui doivent conserver la compétence de la gestion de l’eau. Le service public national de l’eau doit les accompagner dans leur gestion publique, permettre la réappropriation des enjeux de la recherche, du développement de la formation, aujourd’hui détenus par le privé, et agir pour un contrôle démocratique associant les citoyens.

Agir pour la création d’un nouveau droit social

 

Il est en effet urgent  de dépasser le système curatif d’aide à l’impayé et instaurer un nouveau droit. Il faut asseoir un nouveau financement, instaurer un principe de solidarité nationale mettant à contribution les revenus financiers issus de la marchandisation de l’eau.

Hervé Bramy
Responsable du secteur écologie du PCF.

 

La Revue du Projet, n° 16, avril 2012
 

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